A LA VÉNÉRABLE MÈRE BOURGEOYS
Voyez-vous, balancé sur la vague profonde, Ce navire voguant vers de lointains climats ? Toutes voiles dehors, il quitte l’ancien monde, Et porte au Mont-Réal ses colons, ses soldats. Mais parmi les héros que conduit :..:.isonneuve, Fière de partager et l'exil et l'épreuve, Une femme apparaît, héroïne de choix !
Femme au cœur généreux comme en produit la France, De notre Canada l'amour et l'espérance !
C'était Marguerite Bourgeoys ! !!
Océan, sois plus doux en faveur de cet ange !
Abaissez-vous, à flots trop souvent courroucés !
Et vous, soyez sans peur, soldats de la phalange ;
\'ous avez Marguerite et ses soins empressés !
Au front Dieu la marqua, dès le jour du baptême,
La vertu l’accompagne ; et Marie elle-même,
Lui montrant Montréal, lui promet son secours !
Allez donc, jeune fille ; affrontez les outrages!
Allez, sans sou ni maïlle, au-devant des orages ! Avec vous Dieu sera toujours !
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Avec vous Dieu sera pendant la longue route Qu'il vous faut parcourir jusqu’au bord de la mer ; Avec vous Dieu sera pour écarter le doute Souillant votre vertu de son venin amer ; Avec: vous Dieu sera pendant la traversée, Quand, durant deux longs mois, sans en être lassée, Il vous faudra soigner soldats et matelots ; Avec vous Dieu sera, quand votre âme ravie Dira son 72 Deum près de Ville-Marie, Après avoir vaincu les flots !!!
: de Montréal la campagne sauvage ; .
Vu 1 son large fleuve et sa sombre forêt ! !! Marguerite Bourgeoys, mettez-vous à l’ouvrage . Depuis longtemps déjà votre cœur est tout prêt ! La voici l'héroïne . . . elle entame la lutte : Rien n’arrête son zèle et rien ne la rebute . Une étable?. . . Donnez. . . Elle en fait son palais! Et vous, petits enfants, venez à cette crèche ! C’est là qu'après Jésus Marguerite vous prêche
D'être à votre Dieu pour jamais!
Par trois fois l'Océan revit notre héroïne, Allant chercher secours en son pays natal ; Et ce beau dévoûment sauva de la ruine Tous les pauvres colons du naissant Mont-Réal ! Vous qui gravez ies noms au temple de mémoire, Inscrivez Marguerite aux fastes de l’histoire : Son souvenir doit vivre à jamais dans nos cœurs. Qu'on la proclame enfin Wère de la Fatrie !
Que son image brille en sa Ville-Marie,
Et qu'on la couronne de fleurs !
Nous brûlons notre encens à d’ignobles statues : De plâtres étrangers nos jardins sont couverts :
De brillants magasins embellissent nos rues .
Nos héros où sont-ils ? ? ? Nos sguares sont déserts ! Élevez, aussi beau que son cœur le mérite,
Un monument de gloire à notre Marguerite !
Et, si ce que j’ai dit n’est pas encore assez,
Ajoutez cinquante ans consacrés à vos filles ;
Et ses Sœurs, en son nom, rendant à nos familles , Les services que vous savez.
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Et si malgré cela notre main se repose ; assée, 4 Si, pour nos vrais amis nous n’avors qu’un tombeau ; Ce que nous n’osons pas, la Religion l’ose .
Je vois se préparer un monument plus beau ! r. } Du fond de ce sépulcre, où Dieu la fit descendre, ï | à Bien souvent ses vertus ont ‘ait parler sa cendre ! Miraculeuse voix ! langage solennel ! ! ! | Et le Vieillard sacré qui règne sur l’Église 1 1 A dit : ‘‘ A ses vertus la couronne est promise : t ! L Préparez-lui donc un autel ! ” 4
à Un autel, un autel ! c’est bien la récompense
. ‘4 Digne de tant d’amour du prochaiii et de Dieu ! n palais ! à Un autel magnifique, où la reconnaissance 1 Puisse venir chanter chaque jour au saint lieu !
Mais, pour que cet autel soit digne de sa gloire, ; Faites de vos trésors l’offrande méritoire, 4 Pour les amis de Dieu donnez les riches dons : | 4 L'aumône est un argent qu’on prête avec usure, % Et, dans le sein de Dieu qui nous rend sans mesure, | | Un jour nous le retrouverons !