‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 94 sur 190 · RE CR · texte numérisé non relu

RE CR

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Nous aimions-à cueillir la rose et l’aubépine ;

Le clocher du vieux temple et sa voix argentine ; Le vent de la forêt glissant sur les talus,

Qui passe en effleurant les tombeaux de nos pères Et nous jette, au milieu de nos tristes misères,

Le parfum consolant de leurs nobles vertus.

Un quart de siècle auparavant, Crémazie avait prophétisé sa propre destinée lorsqu'il avait dit :

Loin de son lieu natal, l’insensé qui s’exile, Traîne son existence à lui-même inutile.

Son cœur est sans amour, sa vie est sans plaisirs. Jamais, pour consoler sa morne rêverie,

Il n’a devant les yeux le ciel de la patrie,

Et le sol sous ses pas n’a point de souvenirs.

A sa dernière heure, il n’a pas même eu la consolation de voir un seul de ses compatriotes à ses côtés ; une main étrangère lui a fermé les yeux. Fidèle à son malheur jusqu’à la fin, la famille Bossange a été la dépositaire de ses dernières volontés et a suivi sa dépouille mortelle au cimetière. Dans vingt ans, personne peut-être ne pourra indiquer le lieu où ilrepose. Plus malheureux que Gilbert, il a pu dire comme lui :

. Sur ma tombe où lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs. :

L'abbé H.-R. CASGRAIN.

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