JUNON
Taureau ,
Taupoç ,
Tez^"l .
ruse ,
Mercure.
Gémeaux,
Aïoçxoupoi ,
Atxuotp ,
mère,
Cyrèle.
Écrevisse ,
Kapxivo;,
Kwpio; ,
orgie ,
Bacchus.
Poissons ,
IjcBuîi
lî,
force ,
Hercule.
Lion ,
Aeto,
AaYETïi? ,
maître ,
Jupiter.
Vierge,
IIap6£vo; ,
EEv8t;(prohell.)
, vierge ,
Dune.
Balance,
Zuyo; ,
STporcïiYia »
commandement ,
Minerve (Paixas).
Scorpion ,
Exopmoç ,
ÏTElêw ,
se battre ,
Mars.
Sagittaire,
ToÇott); ,
TeXXw ,
faire naître ,
Priape.
D'où il suit que le zodiaque n'est autre chose que la nomenclature hiéroglyphique des noms des mois formant le calendrier hithynien.
Suivant William Jones, hon juge en cette matière ', le zodiaque indien était connu 2200 avant J.-C. (vers le temps de Ninus); les figures acrologiques qui le composaient ne différaient guère, quant au fond, de celles
Voir Drummond, OEdip. Jud. Prelim. Notice , p. xxxvm et xxxix.
ACROLOGIE. 15
(|u'offre le zodiaque adopté plus lard par les Égyptiens et les Grecs.
Le calendrier antique changea plus tard son caractère mensuel astronomique, et devint purement astrologique I. M. Letronne a suffisamment prouvé que les zodiaques trouvés dans les tombeaux égyptiens sont des monuments postérieurs à notre ère, et qu'ils donnent le moyen de reconnaître la constellation sous l'influence de laquelle est né le personnage, et ouvrent ainsi la carrière aux absurdités de l'astrologie judiciaire.
La question agitée par Dupuis perd toute valeur : il ne s'agit pas de discuter, en raison de la précession des équinoxes, l'époque rétrospective où la constellation parcourait, le signe correspondant du zodiaque, puisque le nom de ce signe, tout acrologique et hiéroglyphique, était employé uniquement pour rappeler le nom du mois de l'année, présidé par l'un des douze dieux.
Nous lisons sur un zodiaque antique, mais égyptien, de notre collection, sous la figure du Verseau :
TpuY*l ASivt) Bpoy.r) Tpet; Noio; T£ipo>v IlapaSeioouç *U(T<jï] AÇojv.
Moisson fertile par Peau abondante, le vent du nord dévastant les jardins par son souffle desséchant.
La fixité dans la corrélation des étoiles avec les signes zodiacaux correspondants était-elle une opinion des anciens peuples pasteurs? Il est permis d'en douter: la série des dénominations attachées aux astres en raison, plus ou moins fondée, de la forme de leurs groupes, est nombreuse; il était naturel d'y faire entrer les noms
1 Voir Observations sur l'objet des représentations zodiacales; Paris, 1824, in-8°.
16 ACROLOGIE.
des dieux qui avaient servi à former les dénominations des douze mois. Les zodiaques des diverses nations ne gardent pas le même ordre respectif des figures et présentent de notables différences, preuve de la nonconcordance primitive des constellations et des signes du zodiaque.
Depuis la plus haute antiquité, les constellations sont qualifiées de signes, Evincera, Svipia; en arabe, ,oL»ï4s ; en hébreu , nintf • Ces véritables signes étaient acrologiques; ils rappelaient les noms des dieux et demi-dieux, comme les signes du zodiaque représentaient piotophonétiquement les attributs des douze grands Olympiens. Par la même raison, les figures hiéroglyphiques devaient, dans l'antiquité, porter le nom de signes.
Nombre de preuves résumées par le docte Saumaise établissent que les Chaldéens de la Babylonie furent les inventeurs du zodiaque *.
Au centre du zodiaque de notre collection se trouve le créateur Ammon; derrière lui l'EyxAuç , anguille, sigle de Euceëta, religion; au-devant on voit un XopTo- K07ro; , faucheur, sigle de rewpyo;, cultivateur : la vie physique d'abord, la vie de l'âme ensuite.
Nous savons que les inscriptions hyperantiques, écrites en sigles, et elles sont toutes ainsi jusqu'au temps des Césars, sont sujettes à rectifications; un sigle interprété
■ Au temps de Bélus, vingt et un siècles avant J.-C. — Voir, pour ce qui regarde les Chaldéens, sir Drummond, p. xxxv de son OEdipus Jud. — Aussi William Jones, président de la Société asiatique. Voir Plinianiœ exercitationes Salmasii, p. 448 à 45 1.
ACROLOGIE. 17
d'abord d'une manière peut, à l'aide de données nouvelles, se modifier et présenter un sens plus développé; cela tient à la nature du mode usité par les anciens, qu'il faut bien admettre, puisque les monuments des époques primitives ne nous en montrent d'aucune autre sorte : soumettons-nous donc à la loi de la nécessité, et tâchons de nous initier à la manière antique, que rien ne saurait plus changer.
Si quelques sigles peuvent et doivent se rectifier, ne rejetons pas des explications qui fournissent les moyens de nous initier à l'histoire et aux mœurs de ces nations mal connues, par suite des préjugés absurdes et des anomalies qui un jour feront rougir même les écoliers.
On a plaisanté plus ou moins spirituellement sur Je mode primitif et universel de l'acrologie, et on l'a qualifié de burlesque. Une saillie n'est point une raison, et personne ne s'est avisé de trouver burlesques les inscriptions lapidaires antérieures aux Césars, quoique là aussi le sigle du nom de Dieu soit le même que celui du diable.
D . O . M . Deo Optimo Maximo
pourrait s'interpréter aussi bien par
Dedicatio Obelisci Magni , Décréta Omnibus Mors , Dat Omen Malum,
Diabolus Oppressus Mœret, etc., etc.
Et néanmoins jamais on ne s'y trompe. Malgré la défectuosité du texte de Horapollon (Philippe), l'érudit
18 ACROLOGIE.
Klaproth x avait constaté l'existence de l'acrologie, sans laquelle on ne saurait faire un pas dans la traduction des hiéroglyphes. Cette découverte devait demeurer stérile, tant que le savant allemand, docile aux influences de l'époque, adoptait la langue copte comme interprète des hiéroglyphes.
Les Égyptiens nous laissèrent plus de monuments hiéroglyphiques que les autres nations ensemble. C'est hier seulement , et par l'application improvisée du procédé primordial de l'acrologie, que la lecture en est devenue certaine.
La lecture des hiéroglyphes était une conséquence de nos recherches sur la langue primitive et sur le mode acrologique : d'abord, nous ne nous sommes pas occupé des hiéroglyphes, ils n'ont été interrogés par nous que subsidiairement. Et c'est presque sans travail que les conséquences de nos premières découvertes ont résolu le problème, objet des persévérantes investigations du monde savant.
Il ne serait, pas étonnant que quelques signes hiéroglyphiques classés dans l'alphabet de M. Champollion jeune ne fussent pas à leur place; nous les avons pris d'abord tels qu'on les a donnés, nous bornant à faire connaître leur acrologie, qui seule devait les garantir d'interprétations hasardées, et leur assigner une valeur phonétique exacte, en révélant la langue des textes,
1 Voir 'Lettre sur la découverte des hiéroglyphes acroldgiques, adressée à M. le chevalier de GoulianoCf; Paris, 1817, in-8».
ACROLOGIE. 19
et substituant le positif d'une lecture littérale aux hypothèses d'une interprétation idéologique, à toujours controversable.
Lors de la renaissance des lettres, quand les classiques sortirent de leur poussière, les savants du xvie siècle furent soumis à une épreuve plus difficile que celle qui nous est réservée. La défectuosité des textes, leur peu de concordance, leurs interpolations, corruptions, adultérations, mutilations, œuvre des siècles et des générations successives, rendirent le déchiffrement plus ardu, plus problématique, que ne le sont aujourd'hui, non les interprétations idéologiques des égyptologues, reléguées désormais parmi les rêveries, mais les lectures graphiques et littérales, avec les rares incertitudes inhérentes aux sigles. Le sens général et une foule de considérations accessoires rendent ces lectures plausibles, lorsqu'elles ne sont pas d'une certitude rigoureuse.
Une pratique persévérante fait naître la confiance, tandis que le début impose la réserve et la circonspection.
L'hiéroglyphie nous arrive pure de tout alliage dans sa contexture primitive : les siècles l'ont respectée; elle n'a reçu aucune altération ni addition, aucune suppression ni rature, aucune superfétation. Nous sommes en présence de signes dont les appellations peuvent n'être plus usuelles, ni faciles à retrouver; mais ces signes ne sont susceptibles d'aucune variation, et restent permanents dans leur pureté primordiale. L'idée qu'ils sont chargés de représenter est immuable, et le fruste y est
50 ACROLOGIE.
à peine préjudiciable, puisqu'il s'attaque à des figures fréquemment reproduites, et faciles à reconnaître complètement ailleurs.
Nous ne craignons pas de l'affirmer, la lecture graphique des hiéroglyphes fournira plus de données positives à l'archéologie que tous les livres du monde ne sauraient en procurer : c'est une expérience faite par nous, qui depuis un an seulement déchiffrons chaque jour quelques feuillets du grand livre hiéroglyphique. Nous reconnaissons que les explications graphiques sont parfois susceptibles de variations, comme toute traduction des antiques sigles lapidaires. Ici, comme toujours, les imaginations vives, celles des poètes, par exemple, prêtent aux divagations, tandis qu'un sens droit et calme, dégagé de toute idée préconçue, aidé par la nature du sujet, les connaissances spéciales, les circonstances, la comparaison , la liaison, les lumières de toutes sortes afférentes au sujet, jointes à l'analogie, détermine les préférences, et donne les moyens de redresser les écarts de l'imagination , rappelée sans cesse au sens obvie. La signification même des objets représentés est un guide sûr qui conduit à la vérité. Les peintures et la dactylologie des personnages, alors qu'il s'en rencontre, aident aussi à suivre la marche logique des idées, et permettent d'atteindre l'exactitude dans la reproduction du texte primitif.
Condamné à vivre durant une époque de déceptions, le devoir de l'écrivain sincère consiste à ne pas faire cause commune avec les coryphées du charlatanisme.
ACROLOGIE. 21
Ainsi nous n'avons pas craint d'interpréter quelques phrases hiéroglyphiques se prêtant, sinon à des traductions diverses, du moins à des variantes, à des accroissements fournis par les lumières survenues progressivement, et sanctionnés par un plus ample informé. Nous l'avons déclaré dès le principe, la lettre seule resterait parfois insuffisante si quelque lumière venant d'ailleurs n'éclairait les premières interprétalions. Ainsi, pour l'obélisque de Louqsor, le cartouche si fréquemment répété, Sésostris , roi légitime, etc., peut à la rigueur recevoir une extension qu'autorisent les détails de mœurs inscrits au monolithe et le choix des objets représentés. Dans son laconisme, la première lecture est strictement exacte; la seconde, plus développée, devient probable en raison des lumières acquises subsidiairement sur le monolithe lui-même.
Nous aimons à le répéter, parce que c'est la vérité, ces traductions littérales doivent, en satisfaisant la raison, étendre l'horizon des connaissances humaines, sans cependant qu'il leur soit accordé de marcher toujours sous la rigoureuse escorte de l'étroite exactitude des mots. La simplicité des premiers hommes, les limites essentiellement bornées de l'intelligence au berceau, devaient entraîner une grande insuffisance en fait d'écriture et de lecture, merveilles encore aujourd'hui les plus abstraites dans l'éducation de l'enfance, résultat pour elle de docilité et d'obéissance, bien plus que l'œuvre de son intelligence.
Nous n'avons d'abord aperçu dans les textes hiéroglyphiques que le sens simple et naturel; plus tard, nous
22 ACROLOGIE.
avons remarqué un sens composé plus développé, c'està-dire l'explication vulgaire et l'explication sacerdotale. Cette dernière leçon exerçait la science des prêtres égyptiens, si célèbre parmi les nations; fruit de leur haute intelligence, ils en réservaient la communication à leurs adeptes. INous n'avons pas hésité à rectifier, en la complétant, l'interprétation de phrases appartenant à cette catégorie, qui constitue la difficulté sérieuse des hiéroglyphes, et que nous confessons n'avoir pas saisie lors de notre début dans la carrière.
Il faut reconnaître que l'obélisque de Louqsor nous met aux prises avec un texte qui touche aux premiers temps du monde; rien d'aussi imposant n'a été révélé à l'intelligence humaine. Nous ajouterons que les idées seules sont fidèlement reproduites dans notre traduction.
Le double sens, littéral et sacerdotal, est admis par la synagogue ancienne, par l'Église qui lui a succédé, et par les philosophes païens.
Les Hébreux ont de tout temps constaté un double sens dans l'interprétation des livres saints '. Le célèbre rabbin Aben-Ezra2 explique ce que c'est que l'interprétation figurée ou mystique : « Ceci est selon la lettre (tûWS, peschat), mais le sens mystique (UH"Î, derasch) est, etc. »
Les saints Pères emploient souvent l'interprétation mystique 3. Les philosophes païens expliquaient égale-
1 Voir Talinud, traité Schabbat , fol. 88, et Erubin , fol. 8.
1 Voir Préface au Commentaire du Pentateuque.
3 Voir saint Barnabe, saint Justin , sajnt Irénée, Clément d'Alexandrie,
ACROLOGIË. 23
nient d'une manière allégorique la doctrine secrète des anciens sages: c'est en quoi consistaient les mystères auxquels, chez les Égyptiens et chez les Grecs, on initiait certains adeptes privilégiés '.
Bien que l'on rencontre parfois un sens mystique, et même un sens symbolique joint au sens littéral , nous tenions à ne pas donner aux deux premiers une importance prépondérante, parce que là fut l'écueil de nos devanciers. Nous avons été assez heureux pour découvrir le sens littéral réel et véritable, sens explicite et positif qui ne saurait fourvoyer, et qui porte une lumière certaine sur toute l'hiéroglyphie, tandis que le symbole, appelant à son aide l'idéologie, précipita les égyptologues dans la voie sans issue de l'interprétation arbitraire.
Nous rapprochons des planches qui portent nos explications de l'obélisque de Louqsor, l'interprétation qui en a été donnée antérieurement' : le lecteur jugera.
On pourrait supposer que les principes d'ordre, qui, dès l'enfance, ne nous ont jamais abandonné, ont influé sur l'interprétation des textes que nous étions heureux de rencontrer conformes à nos sympathies. Cette supposition ne soutiendrait pas l'examen; notre intelligence a pu suffire au rôle d'interprète qui seul nous appartient, mais nous devons faire cet aveu, qu'elle eut été insuffisante pour celui d'inventeur! Des principes sublimes
Tertullien, etc. ; et Origène, « Littera gesta docet quae credas altegoria. • ' Voir Hérodote, Porphyre, Origène, Euseb., E. H., lib. VI, cap. xix. ' Voir ci-après,, p. 45, et l'Obélisque de Louqsor, par Champollion-
Figeac, et les notes manuscrites de Champollion le jeune; in-8°, figures
Paris, i833.
24 ACROLOGIE.
ne s'in veulent pas; et si la traduction n'est pas à la hauteur du texte, c'est à notre incapacité qu'il faut l'attribuer, peut-être aussi à la difficulté de rendre dans une langue moderne les innombrables nuances, la multiplicité des acceptions et les inversions d'un texte pharaonique. Il faut également tenir compte delà contrainte exercée par la nature du sujet sur le traducteur, forcé de placer le mot français en face du mot textuel et du signe siglique, sans avoir égard à la phraséologie moderne.
Notre autorité sera peut-être insuffisante pour établir cette vérité, que les étymologies primitives et les analogies primordiales se sont formées d'après le mode acrologique, suivant le sens des choses et les acceptions diverses non encore explicites, et nullement en suite de racines littérales ou phonétiques; ainsi, Ayxatoi ' signifie à la fois angle, coude et bras; Oy^-o;, crochet, agriculteur, prince , orgueil, tumeur, etc. Les radicaux sont d'une époque subséquente, ainsi que les nuances multiples qui, par degrés, décomposèrent les primitifs en si petit nombre d'abord, et dont nos lexicographes ne saw sirent ni le point de départ ni la marche.
Le premier moniteur étant acrologique, c'est par l'initiale que s'établirent les premières analogies. Les terminaisons indiquant le nombre, le cas et les personnes, s'exprimèrent postérieurement; l'initiale destinée à frapper l'esprit traînait les désinences à la remorque.
Dans le langage des premiers temps du genre humain,
r Ay-xuXti a fait angulus et angle.
ACR0L0G1E. un
on se bornait à indiquer les noms par leur son initial, en se servant, selon l'occurrence, tantôt de signes daclylologiques, tantôt de signes phonétiques '. Les noms indiqués ne variaient pas dans leur désinence, et par conséquent on ignorait l'usage des cas : on suppléait à ceux-ci par le sens de la proposition, ou par la place que le mot occupait dans la construction de la phrase, ce que les grammairiens anciens appelaient status co/istructus.
Les langues orientales les plus anciennes, les plus patriarcales et conséquemment les plus simples, l'hébreu, le chaldaïque, le syriaque, le samaritain, l'éthiopien, ne connaissent pas encore les inflexions finales que Ion appelle cas. Le prohellénique, bien antérieur à ces langues, ne devait donc pas avoir de cas : c'est le grec postérieur qui, en se perfectionnant et probablement en se modelant sur le sanscrit, a admis les cas de la déclinaison des noms.
Ceci établit d'une manière péremptoire l'antériorité des langues patriarcales sur le sanscrit, et justifie le classement de Gésénius \
1 Ce mode appartenait à la graphie et à l'inscription des monuments. On ne remarque sur les obélisques que ces sortes de caractères, sans signe daçtylologique. Les Égyptiens réservaient la dactylologie pour communiquer leur pensée à des interlocuteurs présents, comme aujourd'hui parler de vive voix : loqui viva voce. Néanmoins on rencontre fréquemment des signes dactylologiques sur les monuments particuliers et vulgaires, sur les tombeaux, les stèles, les vases, etc.
2 Voir la Dactylologie, p. 124-
iG ACROLOGIE.
La difficulté ne consiste point, pour quelque branche des connaissances humaines que ce soit, dans l'exposition d'une vérité nouvelle, mais bien dans l'impuissance de déraciner l'erreur qui a usurpé sa place. Ainsi les stoïciens, en se promenant sous les portiques d'Athènes, ne faisaient usage d'aucun écrit ; ils étaient exclusivement dactylologues. Zenon , leur maître, nous a laissé l'explication acrologique et la valeur des principaux signes dactylologiques. Montaigne, que nous avons déjà cité', et dont la haute intelligence scrutait dans le passé comme elle analysait les choses actuelles, avait reconnu la réalité et l'usage antique de la dactylologie; il s'exprime ainsi a : « Zenon peignoit de geste son imagination sur la « partition des facultés de l'âme : la main espandue et « ouverte, c'estoit apparance 3; la main à demy serrée et «les doigts un peu croches, consentement 4 ; le poing «fermé, compréhension5; quand de la main gauche il « venoit encores à clorre ce poing plus estroict, science6. » Le même philosophe comparait la dialectique et l'art oratoire à la main ouverte " et au poing fermé 8.
Ce n'était point assez de révéler d'antiques usages
1 Dactylologie , p. 34-
2 Essais, liv. II, ch. xn.
3 II de Ilperai), visible, remarquable , perception.
* T de Te, oui, certes, le la des Allemands, Y assentiment.
5 O de Oiu, croire, comprendre , compréhension.
6 Ci de £2»£).tjjiov , science, savoir: c'est réellement l'oméga graphique, fc>. Encyclopédie de Diderot, art. Stoïcisme, t. XXX t , p. 761, col. 1.
7 A de AioAexTiXT].
8 O de Opu>, inciter.
ACROLOGIG. 27
dont il avait puisé la connaissance dans Cicéron ', el qui devaient conduire à la découverte du langage primitif, la plus importante des notions (pie les hommes puissent acquérir; il fallait trouver les esprits disposés à les admettre; il était besoin surtout de rencontrer l'indépendance là où régnait le préjugé : ce succès n'était point réservé à notre moraliste, et tout ce qu'il nous enseigne à ce sujet demeura complètement stérile.
MM. Young, Goulianoff 2 et Klaprolh 3 ont reconnu l'existence du procédé acrologique; la preuve en est consignée dans leurs écrits; mais n'ayant pas appliqué à la langue primitive celte vérité si féconde, elle porta peu de fruits. Bientôt accablés par une polémique passionnée, qui surgit toujours chez ceux qui ont tort, ces vrais savants succombèrent, en regrettant sans doute de n'avoir pas fait faire plus de progrès à la science.
Nous avons réuni plusieurs passages d'anciens auteurs faisant explicitement mention de la dactylologie4, sans toutefois que la réalité de cette antique manière de s'exprimer se révélât aux modernes, tant est forte la préoccupation des intelligences, alors qu'elles ont perdu toutes les traces du passé.
Aujourd'hui que nous connaissons le point de dépari,
1 Voir Académiques, I, liv. III, ch. xtvii.
2 Voir Aperçu sur les hiéroglyphes, par Brown; Paris, 1827, in-8°.
j Lettre sur la découverte des hiéroglyphes acrologiques; Paris, 1827, in-8°.
i Voir Dactylologie , p. 242 el suiv.
28 ACROLOGIE.
chaque jour vient accroître le faisceau de lumières déposé
en vain par nos devanciers.
L'élément le plus considérable du langage primitif fut nécessairement l'onomatopée. La difficulté de distinguer les mots primordiaux de ceux qui se formèrent dans la suite, et l'impossibilité de connaître des usages phonétiques établis dès le principe, empêcheront longtemps de généraliser l'application du procédé primitif. Chacun comprend que
AccÇoj, AeiSio ,
aspirer, chanter,
A taÇco ,
se lamenter,
tirer,
AxOUd),
entendre,
Apoto,
labourer,
Ad),
souffler,
Boaco,
mugir, etc. , etc. ,
prennent leur origine dans l'imitation des procédés naturels les plus simples.
La valeur et le sens des mots grecs s'étant fixés pour les lexicographes par suite de l'appréciation des textes, il en est résulté des inexactitudes, des à peu près, fâcheux pour la langue elle-même. Les monuments antiques, avec leur acrologie, peuvent seuls rectifier ces interprétations élastiques ou arbitraires, et fournir désormais le mot propre, exact et spécial. Ainsi, Opo; signifie véritablement orgueil, tandis que nos lexiques grecs-français donnent pour orgueil <ppov/]p.a, uirepyiçavia; de même
ACROLOGIE. 29
P-zirpa ' signifie oracle, tandis qu'on trouve dans les dictionnaires ^p-/](7jj.oç , ^oytov, et oixcpvi, oesa.
La langue primitive, respectable à tant de titres, recevra un nouvel éclat, qui va jaillir des monuments de l'antiquité et de leur riebe et lumineuse acrologie.
La première femme reçut le nom de îTin {Eve), parce qu'elle était la mère TI *"?D de tous les vivants. Ces deux mots appartiennent à des racines différentes : pour résoudre la difficulté de cette double origine, on a imaginé que mn est synonyme de ("Pli, qui signifie vivre. Une difficulté n'est pas résolue parce qu'on donne arbitrairement aux mots un sens nouveau; le sens du texte devient clair lorsque l'on reconnaît le prohellénique comme langue primitive, et l'acrologie appropriée comme premier mode graphique.
Dans les principales langues orientales, le radical mn signifie se tortiller, se replier sur soi-même comme les reptiles: de là le substantif fc^in, serpent, reptile.
D'une part, en grec, Eu« {Eve) n'est que la forme féminine des deux adjectifs combinés eo; et aiç,et signifie bien constituée, pleine de vie et de force ; son signe acrologique devait être Ey^uç, anguille, ou Epraxov, reptile; les deux termes hébreux dont la dissemblance embarrasse les commentateurs, ne sont autre chose que la tra-
* Une statue allégorique en rouge antique de notre collection représente Voracle ; elle est à deux faces et à gaine , les quatre mains exécutent le même sigle P, acrologie de Pï)Tpa. La couleur de la matière a sa signification. On voit sous le siège d'Osiris une porte, OSo7toia, destinée à laisser passer les oracles; cette porte est toujours peinte en rouge, Oivo^.
30 ACROLOGIE.
duclion littérale de deux mots grecs, dont le rapport acrologique et de signification saute aux yeux, Ey^uç et Eua. Voici le sens du texte :
« Et A.dam imposa à sa compagne pour nom reptile. « Il choisit la figure d'un reptile pour figurer acrologi- « quement son nom, Eua, qui signifie vie, vivante, car « elle était la mère de tous les vivants qui devaient sor- « tir d'elle '. »
Dans le principe, le langage patriarcal daclylologique et siglique forma des noms qui expriment des actions. Déjà nous avons signalé ce fait applicable aux dénominations antédiluviennes2: lorsqu'on ne retrouve plus la phonie prohellénique, et que le nom est passé dans une langue postérieure, c'est la traduction, l'équivalent, la paraphrase de l'acrologie primitive, qui détermine le signe afférent comme caractéristique 3.
Les noms d'hommes comme les noms de lieux décèlent la langue usitée dans les localités où ils se sont formés ; Sémiramis (Hp pa^px) montre le prohellénique, comme Bonaparte indique la langue ausonienne : de même la ville de Paris (DJxpa et Iuiç) dénote une localité voisine d'un temple d'Isis, où les prêtres parlaient le prohellénique; le blason traditionnel de cette capitale rappelle encore le vaisseau de la déesse, auquel on aurait dû conserver la forme égyptienne.
Les noms des premiers personnages historiques, Nem-
1 Gen., III, 20.
' Voir Dactylologie, p. 3i.
3 Ibid., p. 44.
ACROLOGIE. 81
rod, Minus, Laosthènes, Pharaon, Sésostris, Amusis, etc., sont grecs par leurs racines, ainsi que ceux des premières cités : BaéuXwv, Nea-rcoXiç , H'Xiotto'Xi; , nepo£iro>.t; , Ex6k- Tava, etc. Ce ne sont pas les Grecs qui ont transmis ces dénominations, mais bien Moïse qui les a graphiées en caractères hébraïques dans le texte sacré, où elles sont demeurées grecques.
Le prohellénique est la langue des Pharaons et des hiéroglyphes, c'est la langue de la dactylologie primitive répandue par toute la terre, et conservée encore aujourd'hui dans l'Inde et la Chine parmi les savants, mandarinorum lingua. Les monuments antiques de sculpture, ciselure, peinture, ont tous la langue grecque pour interprète, dans leur hiéroglyphie, leur dactylologie et leur acrologie.
L'hébreu ne donne pas l'étymologie phonétique de Babel', il donne la traduction du sens: SlQ, babel, - OS, balai, confondit, ne présente pas uu son identique; mais le texte n'interprète que le sens. Saint Jérôme, dans sa Vulgate nouvelle, traduit ainsi: « ldcirco vocatum « est nomen ejus Babel , quia ibi confusum est labium « universae terra. »
En latin, confusum est explique le sens de Babel de la même manière que Balai l'explique en hébreu.
Les commentateurs, embarrassés par cette disparate, recourent au chaldaïque, alors naissant, SnSn, balbel, dont on aurait élidé le premier S : mais si la langue
1 Voir Genesis , XI, 9.
32 AGROLOGIE.
primitive était l'hébreu, aurait-on imposé à la ville un nom tiré de la langue chaldaïque, qui venait de naître? Ceux qui scindent Babel en deux mots oublient que le substanlif ^3, bel, dans le sens de confusion, n'existe pas en hébreu.
Le savant Grotius ' tranche la question : « Videtur hsec « vox servata e lingua primaeva. »
a fait BaêaXiov,
berceau.
Baêa;,
babillard.
BaXêuç {/al.),
bègue.
Papeln {ail.),
bavarder.
Babble {angl.) ,
babiller.
BiêXoç,
écorce, livre.
BuëÀo; ,
bible.
BsëotXoç ,
profane.
BXaêï] ,
corruption.
BXaëto, j
BXcOTTlrt , 1
embarrasser.
Cambyse, voulant s'emparer de Pelouse2, clef de l'Egypte, fît entourer la cité de simulacres de chiens, de brebis, de chats et d'ibis 3. Ces animaux, par l'acrologie appropriée, plaçaient Cambyse sous la protection des trois grands dieux.
Kuva; , chiens, sigle de Ka|ji.ëu<iï)ç, Cambyse.
Oei; (irpoêaia), brebis, sigle de OuEipiç, Osiris.
AiXoupouç, chats, sigle de Avuëiç, % Anubis.
lest;, ibis, sigle de laiç, Isis.
1 Voir Comment, in Genesis.
= 529 avant J. C.
3 Voir Polyaeni Slrat., lib. VU, cap. ix. — Feller, Dict. Becharcl.
ACROLOGlIi. 3a
Les habitants crurent ne pouvoir résister à de si hautes puissances, et se rendirent.
Un grand bas-relief romain de notre collection, représentant une vestale ', montre la prêtresse appuyée sur un trépied; la main droite fait l'O de OpojAai, verbe prohellénique, je. veille; et de l'autre, le II de Flxaipeiv, pour entretenir la flammé pétillante.
Le tombeau de Ménandre2, bien qu'exécuté à Athènes peu après Alexandre, porte à sa partie supérieure des hiéroglyphes égyptiens, composés de deux pommiers, Ms^ea, Me^sa; un serpent, 0<pt;, et un cheval, Kocëa^nç: donnant les sigles M. M. O. K.
Meya>.&) Mevav^pw Oi^ojxevw Kacei?, An grand Ménandre s'en retournant (mourant), ses parents et amis.
La religion des Égyptiens est, avec celle des anciens Chinois, la plus parfaite des religions du paganisme3; les traditions qu'elle consacrait découlaient de la source d'où sortit la loi de Moïse, c'est-à-dire qu'en partie elle
1 Musée de Livry.
1 Marbre de notre collection.
3 Paillet: Égyptiens, peuple d'Afrique, célèbre par son antiquité, sa sagesse, et la magnificence de ses ouvrages. (Comment, sur III Rois, IV, 3. )
Dom Calmet (Comment, sur III Rois , IV, 3o) : Les Égyptiens sont encore plus célèbres que les autres Orientaux. — Là même : Fin dal tempo di Mosè, l'Egitto era famoso per la scienza délie cose naturali et per l'cstensione délia sua dottrina... E quanto alla direzione délie pubbliche cose, nulla si potrebbe aggiungere ail' alla idea che di essa ci somministra il profeta Isaïa net capo xix , f. u. (Bibl. italienne des professeurs du séminaire de Milan.) -m
34 ACROLOGIE.
remontait à la révélation primitive : elle fut, en dehors de la synagogue, tout ce qu'elle pouvait être jusqu'à l'avènement de la religion du Christ.
Isis donne l'âme aux humains, Osiris les juge après le pèlerinage terrestre, et selon la fidélité qu'ils ont montrée dans l'accomplissement des devoirs imposés. L'homme doit reconnaissance à son Créateur, et cette reconnaissance constitue la religion ; il a la conscience du dépôt céleste qu'il reçoit en naissant. Il lui est prescrit de pratiquer les bonnes œuvres, et de préparer le prochain à regretter sa perte, à le pleurer lorsque son âme se sépare de la matière. Les prêtres faisaient subir des examens, non-seulement aux néophytes, mais au vulgaire. Nous avons remarqué certains scarabées qui étaient des espèces de diplômes donnés à ceux cpii avaient mérité un certificat d'orthodoxie '.
Les cartouches contenant les noms d'hommes ou de femmes présentent à l'interprétation plus de difficultés que les autres textes. En effet, les sigles hiéroglyphiques représentent des mots appartenant à la linguistique prohellénique; leur traduction, quoique soumise à. des considérations plus ou moins nombreuses, s'opère dans des conditions connues ; tandis que nous sommes très-peu versés dans la connaissance des noms de personnes et des noms topographiqués de l'antique Egypte; la lumière venant des circonstances accessoires y est rare, et le choix offre d'assez grandes difficultés. C'est
1 Aaiiuov , génie, intelligence.
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sans doute pour ce motif que les cartouches sont généfalement plus explicites.
La prédisposition des Égyptiens, Éthiopiens, à embrasser les premières lumières du christianisme est constatée par les Actes des Apôtres '; la lecture d'Isaïe convertissait ces peuples, ce cpii eût été impossible si, comme on le répète, ils eussent été abrutis par le culte des plus vils animaux.
Les crucifix qui portent le caractère de l'antiquité, montrent les mains du Rédempteur formant le sigle P de PeÇto, se sacrifier. Quand le latin eut remplacé le grec, on ne changea rien aux mains traditionnelles, dont la signification fut Redimo.
Les apôtres sont fréquemment représentés sous la forme de brebis, Apoi pour AtcogtoXoi.
Les attributs donnés aux évangélistes forment les sigles de leur surnom.
.Saint Luc, Boiov, qui proclame ;
Marc , Aauxiov , qui annonce ;
Matthieu, A7rXav/]ç, infaillible;
Jean, Axpiêrjç, exact;
Le veau d'or des Israélites, Moo^oç xpuseoç, fournit les sigles M et K ou X, de Mu/i(/.a ^pv^a-roç (consécration du matérialisme).
Les premiers chrétiens représentaient le Christ sous la forme d'un poisson, IyÔuç, parce que ce mot ren-
' Actes des Apôtres, chap. xvm.
Bou;,
un bœuf
AiW,
lion.
AyY'^o;,
ange.
Astoç,
aigle.
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fermait les sigles I. X. 0. Y. S. , qui donnaient
Licouç XpwTOî 0eou Yio; SuTVip.
Rome, centre des traditions et des vérités descendues sur la terre avec le Christ, reconnaît en saint Pierre le fondateur de la dactylologie et de la doctrine.évangélique chrétienne; en effet, saint Jean-Baptiste porte la croix Eraupoç comme sigle précurseur du Sauveur, Eux-zip. Le premier signe de croix dut être exécuté par le fondateur .de l'Eglise, ainsi que la plupart des signes admis au saint sacrifice. Ceci explique la pensée du souverain pontife, en envoyant l'effigie du prince des apôtres à l'auteur de la Dactylologie sacrée.
A la cathédrale de Cologne, on remarque, au-dessus de la tête des rois mages, une agathe antique, d'environ six centimètres de diamètre, gravée en creux: une femme (la Religion), les bras élevés, fait le sigle E de Exx^egkxç Ap^viyoi, tandis qu'un licteur placé en face fait le S de SçaÇopvoi, égorgés : ce qui prouve que Gaspard, Melchior et Balthazar doivent être comptés parmi les premières victimes immolées en haine du Christ, auquel ils ont survécu.
A Prague, on voit an maître-autel de la chapelle de Saint -Wenceslas une main en vermeil dont les doigts étendus sont cependant séparés les uns des autres, et exécutent la labiale, sigle du nom de saint Wenceslas(B).
A la grande église de Baden-Baden, on trouve à plusieurs reprises une fresque de Jonas rejeté par la ha-
ACROLOGIE. SI
leine. Le personnage fait de la main lesigleLI, de Q-ruopon, eructor.
Suivant Diodore de Sicile ', la main tenant les doigts écartés (lièvre) signifie Biou iropi<if/.o<; (ce qui soutient la vie).
Macrobe 2 affirme que lorsque les Egyptiens veulent exprimer Osiris, ils gravent un sceptre sur lequel est sculptée la figure d'un œil, OtpQa^jxoç.
On voit en face de l'entrée du palais des Tuileries, du côté du jardin, deux statues en bronze renouvelées de l'antique, le Rémouleur et Vénus accroupie : le premier, voulant surprendre le secret des conjurés, fait deux sigles, A et I ; l'un donne Axovau, j'aiguise, et l'autre I<jTop<«>(jt.ev, tâchons d'entendre : Vénus fait A et Y, sigles de Açpo&iTïi et YoVro;, Aphrodite, fille de l'Eau.
Un savant allemand, Bœltiger, dans son livre intitulé Sabine 3, attribue à la dactylologie, si usitée parmi les anciens peuples, le soin tout particulier que prenaient les dames romaines d'entretenir la beauté de leurs doigls: « On pouvait, dit-il, s'entendre sans parler, par le seul « mouvement des doigts, et tout indiquer; il fallait bien « que des doigts si éloquents, et même si bavards, fus- « sent beaux , et qu'ils pussent plaire par leur jolie forme. » L'auteur ajoute dans une note 4 que ce langage, entière-
1 Voir lib. III, cap. iv.
2 Voir Saturnal., lib. I, cap. xxi.
3 Sabine, ou Matinée d'une dame romaine, trad Ira ne.; Paris, i8i3 in-8°, Maradan , p. 209.
<i Ici., ibid. , p. 220.
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ment perdu pour nous, se trouve mentionné dans Cicéron sous la dénomination de arguties digitorum , et qu'il est encore de nos jours en usage dans les harems de l'Orient.
Il cite po^r garants Pétrone, qui parle de la manus loquax ' et du digiti voceni gubernantes 2; Suétone, qui signale la mollis digitum gesticulation ; et enfin les autorités indiquées par Échard sur le même sujet.
David, au psaume 85, adresse ce vœu. à Dieu : « Fac « mihi signum bonum ut videanl, » etc. 4
On trouve dans la Vulgate nombre de passages rappelant l'antique mode mimique de transmettre la pensée. Sermo, oralio, parlent aux yeux et non aux oreilles; c'est" une locution hyperantique encore vivante au temps des prophètes, et conservée par saint Jérôme.. -
I. Reg. xvm, 8. Iratus est autera Saul nimis, et displicuit in ocalis
ejus sermo.