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en toutes choses ; après avoir trouvé le moyen de voyager à la vapeur, il désire aussi étudier et apprendre à grande vitesse.
Erreur capitale. Cette méthode ne développe que la mémoire, et supprime le travail, le véritable travail, qui est l'exercice de la pensée et du jugement ; d’où il résulte que le jeune homme, au sortir du collége, se croit savant parce qu'il a la tète bourrée de tout ce que contiennent les abrégés historiques et les manuels scientifiques, qu'il devient paresseux d'esprit, n'ayant pas cette curiosité qui provoque l'étude, oublie promptement ce qu'il n’a confié qu'à sa mémoire, et que bientôt son intelligence sèche dans sa fleur, qu'il passe, suivant un mot parisien, à l’état de fruit sec. Un autre résultat, c’est que le jeune homme, façonné dans le moule d'un enseignement exclusif etautocratique, perd tout esprit d'initiative, toute indépendance d'idées, tombe dans la routine et ue pense que par le voisin.
Citons plutôt :
‘ Qu'est-ce que nos maisons d'éducation, sinon d'immenses usines scientifiques dans lesquelles on jette les intelligences de notre jeunesse, pour les en voir sortir, au bout de huit ans, portant toutes la trace du moule
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uniforme dans lesquelles onles a façonnées ?
Pendant huit ans, tousles élèves ont appris la mème chose, et de la mème maniere, avec la seule différence de ceux qui n’ont rien appris du tout. Tous se sont habillés de la même manière, ont marché de la même manière, ont "parlé de la même manière, ont pensé de la mème manière, ont lu les mêmes auteurs avec le même intérèt et dans le même but d'y puiser les mêmes idées et les mèmes gouts.
‘On à eu pour principe—du moins en apparence—de tuer toute initiative, tout individualisme, tout esprit de discussion ou même de commentaire. On s’en tient à la mémoire. Les élèves ont pour premier devoir d'apprendre par cœur, de croire chaque mot de ce que dit l’auteur, et de ne jamais aller au-delà de ce qu'il dit.
‘En littérature, en histoire, en philosophie, on n’enseigne pas le moins du monde à se faire une opinion à soi-même, à discuter les enseignements du livre, à se rendre compte de ce qui est écrit, et à
raisonner les opinions. Ce que le livre dit ne saurait être contredit, ni discuté, ni mème expliqué. La lettre doit suffire.
* La mémoire gagne beaucoup sans doute à ce système, mais la mémoire ne fait pas le bonheur, ni même le succès... Le juge-
ment est autrement important à développer.
C'est pourquoi il faudrait le prendre jeune.
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