‹ Lecture pour tous [microforme]Chapitre 16 sur 38 · TE ANR DRE SR · texte numérisé non relu

TE ANR DRE SR

+ Ru Rss

‘ [I fautque les facultés de l'enfant soient exercées, qu'elles soient habituées au travail...

‘ Les enfants doivent travaiiler autant pour le travail lui-même que pour le profit actuel qu'ils en retirent...

‘ Tout le monde accuse les cultivateurs d'ètre routiniers.… mais, par malheur, tout le monde est routinier.… Eh bien! cette routine provient du manque d'initiative général parmi notre population, et s’il n'y a pas d'initiative, c'est parce que dans l'esprit des enfants, on a tué l'esprit d’examen, de discussion, de travail Dans le monde ils continuent les traditions de l'école.”

Du reste, l'auteur ne s'attaque nullement à l’'enseignementr ‘igieux, qu'il croitentre bonnes mains.

Dans les lignes q von vient de lire, il faut d'abord faire la part de l’exagération. Les écoliers de notre pays discutent leurslivres et contredisent leurs professeurs quand cela leur plait ; bien loin de les empêcher de raisonner, on les y invite, on les y oblige même en leur faisant faire des analyses écrites, etil est difficile de concevoir que la philosophie, par exemple. puisse être

CR DCS

Ut

apprise de mémoire. Les livres-manuels sont des abrégés, des résumés qui servent à guider les travaux des élèves, et ils sont commentés et expliqués par des hommes sérieux pour qui l’enseignement est une mission spéciale : chacun sait cela, et lon ne doit attribuer à personne l'intention formelle de le nier. Ceque l'anteur prétend, c'est que si la jeunesse est paresseuse et sans idées qui lui soient propres, cela vient de l'éducation “ par cœur” et trop systématique qu'elle a recune au collége.

L’exposé de cette thèse, d'ailleurs rempli d'observations dont quelques-unes sont

vraimentexactes, sugocre tout de suite une :

réflexion préliminaire. Cette méthode d’enseignement que l'on donne comme cause de l'apathie tant reprochée à la jeunesse canadienne, n'est-ce pas celle qui est adoptée dans tous les pays ? Est-ce seulement au Canada que les professeurs mettent des manuels entre les mains des élèves et les leur font apprendre par cœur? Est-ce seulement au Canada que les colléges suivent une règle uniforme d'instruction ? Sauf erreur, en France,en Angleterre, aux Etats- Unis, partout, les maisons d'éducation sont

RE D à

Me à PÉRNÉSLes 2 n SE Nr

en ce

autant de: moules” dans lesquels on place les écoliers et dont ils gardent l'empreinte plus ou moins, selon la vigueur de leur tompérament intellectuel ; et cela est une des conditions nécessaires et inévitables d'un cours d’études. Tout enseignement, pour ètre efficace, doit être systématique. Voici un professeur avec trente élèves autour de sa chaire, à qui ilveut apprendre l'histoire on la philosophie : évidemment ce professeur doit avoir une regle, une méthode pour diriger tous ensemble des esprits si différents Les nns des autres; il ne peut pas les laisser aller à leur gré, il faut qu'il les conduise, dans le double but de leur être utile et de maintenir l’ordre dans sa classe. Or, cet homme a ses idées, qu'il croit justes ; il les développe avec l'accent de la sincérité, avec cette chaleur que communique l'amour du vrai, avec une certaine originalité qui lui est propre,

ou avec l'autorité de la science ; ses élèves,

qui sont jeunes, dont l'esprit vierge est

exposé à toutes les impressions, subissent

naturellement son influence, adoptent ses

opinions, prennent mème sa tournure d’esprit et ses manières de penser : c'en est fait, les voilà passés au ‘* moule.” Eh ! comment

veut-on qu'il en soit autrement ? Tant qu'elle esten tutelle, l'intelligence humaine se nourrit avec confiance, ou peut-être en aveugle, des aliments que lui offre une main amieet protectrice. L'enfant s'abreuve aux lèvres de son père, l'écolier dévore la parole du maître, l'homme mür lui-même s'approvisionne souvent chez un modèle ou un chef d'école. C'est une loi de la nature. L'homme naît faible et ignorant, et de mème qu'il forme ses manières sur celles des parents qui l'élèvent, de mème il faconne son esprit sur ceux qui lui imposent par le prestige du talent ou des connaissances acquises.

Et si la jeunesse canadienne est paresseuse et apathique, ce serait parce qu'elle a été soumise à cette loi générale qui atteint tout le monde! Ge qui se pratique ici se voit partout ailleurs, et ce serait ici seulement qu'il en résulterait un mal! Non, vraiment, nous ne le croyons pas, et la présomption est que lon n'assigne pas au mal sa véritable cause.

Dans tous les pays l'enseignement est méthodique, car, étant donné par un seul à plusieurs, il faut de toute nécessité qu'il

oo A

je

Page 1