‹ Lecture pour tous [microforme]Chapitre 3 sur 38 · LU · texte numérisé non relu

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part, dans la chaleur de quelques rayons la force et la vie, laissant ceux qui ne sont pas de notre origine faire comme nous de leur côté, s'ils le veulent, respectant leurs efforts personnels, et leur offrant notre concours actif dans l'édification de la grandeur natiopale.

Nul mieux que nous ne comprend là nécessité de la concorde entre les diverses nationalités qui se partagent le Canada, et nul plus que nous ne la recherche ; mais concorde ne signifie pas fusion. Autour de nous chacun répète à l'envie : Respect aux croyances, au sentimentnational.--Qu'est-ce adire ? sinon : Respectez-vous vous-mêmes, restez ce que vous êtes ; chacun a son passé, nassé respectable auquel il n'y aurait point d'honneur à tourner le dos; Anglais, Irlandais, ou Francais, conservez vos traditions; inutile d'essayer à vous absorber les uns les autres ; 11 vous suffit, pour être tous de bons Canadiens, de vous entendre dans un même désir de progrès et de bien publie.

Etant admise cette distinction des groupes nationaux, laquelle ne saurait nuire aux intérèts généraux du pays, nous pouvons, sans provoquer d’alarmes au milieu de

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notre entourage, proclamer à haute voix que les Canadiens-français demandent au passé une règle de conduite pour le présent qui doit préparer leur avenir. Nés Francais et Catholiques, nous ne voulons être hostiles à personne ; mais ce désir de vivre en bons termes avec tout le monde ne suppose pas l’abdication de notre double caractère national et religieux. L'idée canadieñnefrançaise a été éminemment orthodoxe en matières religieuses, éminemment consetrvatrice dans les questions nationales, et nous avons la faiblesse d'espérer que, soutenus par ce que nous croyons être la vérité religieuse unie à la vérité sociale, nous marcherons toujours droit dans le entier de la civilisation. D'autres, qui visent au mème but, prennent un chemin différent :

nous ne les méprisons pas pour cela, et cette divergence des moyens ne refroidit pas notre patriotisme, notre amour de la patrie canadienne, non plus que notre attachement aux institutions britanniques. Nous, avons paru sur les champs de bataille en 1735, on sait pour quelle cause ; hier encore, nous étions sous les armes à la frontière, l'Angleterre ne l'ignore pas, et si elle est convaincue de notre attachement à nos

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traditions francaises, elle n'est pas moins certaine de notre fidélité à ses institutions.

Politiquement, nous sommes Anglais ; socialement, nous restons Français, ou plutôt, si l'on préfère ce mot, nous sommes, dans les affaires publiques, Anglais de tête ct Francais de cœur. Et j'ose dire que la métropole est satisfaite de nous.

Quoi qu'il en soit, si jamais l'Angleterre a songé à ncus détruire. elle a abandonné promptement ce projet lorsqu'elle nous a vus accepter ses institutions avec tant de loyale franchise, lorsqu'elle à compris qu'elle pouvait se fier à nous comme aux siens, et, en recevant d'elle nos lois constitutionnelles, nous avons reçu par là, nonseulement une marque de confiance, de respect, et la récompense de notre sagesse publique, mais aussi la meilleure garantie que nous puissions désirer conne Canadiens-francais, la liberté faisant notre force en nous autorisant à ne pas cesser d'affirmer

‘Ce que nous sommes ; car Si nous sommes

Français, et si nous le déclarons, n’est ce pas l'Angleterre qui l'a voulu lorsqu'elle nous a dit: Sovez libres ?

En d’autres termes, nous sommes restés

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Francais parce que :1ous sommes un peuple libre.

Mais la liberté, reconnaissons-le, ne nous aurait pas suffi pour résister à l'influence de notre entourage, si nous n'avions eu des motifs exceptionnels, et l'intelligence parfaite de ces motifs, pour tenir à garder notre autonomie sociale. Pourquoi avonsnous lutté et plus tard usé de notre liberté pour nous fortifier dans notre foi nationale ?

On pourrait répondre que nous nous Y | sommes déterminés par goût et par raison. | Î

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