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siècle tout Le versant occidental du Groënland était habité. Il v- avait dans le pays seize églises et, à Gardar, un évèché, Un chroniqueur y compta deux cent quatrevingts villes.—Par ville” on doit sans doute entendre gaard, espece d'habitations dont A4. 4. Ampère (Littérature et Voyuges.
p. 36) fouruit la description suivante :
Ce mot, qui se prononce Gôr, est intraduisible : nul autre n'en donne une idée exacte. Un gaard est un groupe plus ou moins considérable de maisons en bois qui ne constituent à elles toutes qu'une seule habitation. Dans l'une de ces petites maïsons couchent tous les membres de la famille, souvent assez nombreuse; dans une autre, ils se réunissent pour manger, dans une troisième est la cuisine, dans une quatrième la grange: il en est de mème pour le grenier commun. En un mot, tout ce qui ordinairement demande une pièce séparée, forme ici une cabane à part. Un gaard, c'est une maison décomposée.
‘ Cette disposition singulière du gaard L Les Le) est particulière à la Norvége, elle y remplace le village ; le village est une agglomération de familles, le gaard est la famille
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primitive, dont les membres habitent, possèdent, vivent en commun; il semble que ce soit l'élément le plus simple de la société, et qu'en Norvége on en soit resté à son premier degré.”
ën 1266, des prètres de Gardar prirentia mer au nord de la baie de Disco, ct, poussés par l'amour de la science et le zèle apostolique, s'enfoncèrent dans les régions incon nuesdus otentrion. Surpris par des brouillards impénétrables, ils se laisserent aller à la dérive; puis, lorsque le soleil reparut, ils entrerent dans un golfe bordé de chaque côté par des glaciers. Is virent des habitations d'Esquimaux, et un grand nombre d'ours chassant le phoque. Après trois jours de navigation ils trouvent encore des traces d'hommes. Le jour de la Saint-Jacques (25 juillet) ils ne cessent de ramer. ‘ Le soleil restait toujours à l’horizon ; l'ombre du plat-bord d'un bateau à six rames touchait le visage d’un homme couché près du platbord opposé.” Ils revinrent à Gardar à la faveur du courant polaire, qui entre dans la mer de Baffin par le détroit de Barrow et celui de Lancaster.
Le récit de ce voyage a été rédigé par un
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prètre groënlandais nommé Haldor. En faisant leurs calculs d'apres ce qu'il dit de la hauteur du soleil, les savants estiment que ces hardis explorateurs ont pénétré jusqu'au 799 46° de latitude nord.
l'est un peu humiliant pour notre orgueil national, dit un auteur anglais, * de voir ces simples navigateurs du läe sivcle, montés sur de méchantes barques, rivaliser avec les explorateurs septentrionaux les plus distingués de notre temps.
De même que primitivement la Nouvelle- France appartenait au diocèse de Rouen, le Vinland au Île siècle était compris dans les diocèses de la Norvége et de l'Islande, et plusieurs évêques sont venus, à cette époque reculée, porter la parole de Dieu sur le continent qui devait plus tard s’appeler l'Amérique.
En 1059, Jonus, évèque saxon, après quatre ans de séjour en Islande, passa au Vinland. Il y fut martyrisé (Torfæus, Historia Vinlandiæ antiquæ, p. T0).
* North Ludlow Beamish, 7%e discovery of America by the Northmen in the tenth century, 1841, p. 120.
On voit que dans le sivcle suivant, en 1121, le premier évèque du Groënland, Erik-Upsi, visita cette colonie, et qu'ayant résolu d'v demeurer, il se démit du siège épiscopal de Gardar, Ce fait, dont Pauthenticité est admise, prouve que la colonie avait une certaine Importance,
On rapproche de ce fait la présence. sur Ia colline de Newport, d'un curieux édifice qui sert aujourd'hni de magasin de fourrage, et dont la construction, au sentiment des érudits, remonte à l'époque pré-historique. C'était alors un baptisiere. Il est de forme ronde, portant sur huit «rches appuyées sur le même nombre de colonnes, hautes de vingt-quatre pieds anglais.
Un événement non moins avéré, c'est Ia prédication des croisades en Amérique au 13e siecle.
Chargé par le roi de Norvége, en 1261, d'une mission dans les colonies atlantiques, lévèque Olaf profita de l'occasion, dit M.
Riant, * pour démontrer l'intérêt qu'avait
* Æxpéditions et pèlerinages des Scandinaves en T'erre- Sainte au temps des Croisades, Paris, 1865, p. 364—cité par Gravier,
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Quinze ans plus tard, le Saint-Siége demandait dessubsides aux chrétiens d'outremer, et en 1279 l'archevêque Jon envoyait sur co continentun délégué pour percevoir les dimes et le produit des commutations de veux, Le pape Nicolas IE, par lettre apostolique datée de Rome le 31 janvier de la même année, confirma les pouvoirs de ce délégué, Ce dernier revint trois ans après, avec un chargement de dents de morse, de fanons de baleine et de pelleteries, dont Le pape Martin IV ordonna la vente par lettre du # mars 1282 à larchevôque Jon.
En 1507, les dimes du Vinland sont mentionnées dans les collectes.
Eu 132, le flamand Jean du Pré achetait pour douze livres et quatorze sols tournois les marchandises fournies à Arnius, évèque de Gardar, par Les colons américains dans la levée de subsides publiée en 1309, apres le concile de Vienne.
Eu L#18, le Groënland pavait au Saint.
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