‹ Lecture pour tous [microforme]Chapitre 33 sur 38 · IST · texte numérisé non relu

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Venise ; mais, comme la plupartdes nobles vénitiens du XIVe siècle, ils gagnaient leur vie dans le commerce. En 1388, Nicolo Zeno voyageait dans l'Atlantique et fut jeté par la tempète sur l'ile de Frislandia. Zichmni, roi des iles Portland, au sud de Frislandia, et de Sorany, vis-àvis de l’Ecosse, lui donna le commandement de sa flotte dans une expédition contre les Frislandais. Cette entreprise se termina par la défaite complète de ces derniers, et Nicolo Zeno fut nommé chevalier. Il informa son frère Antonio de tous ces détails dans une lettre qui a été conservée.

Il engageait en même temps son frère à l'aller rejoindre, offre qui fut acceptée.

Avec l’aide de ces deux marins expéri-

mentés, Zichmni se lança dans de nou-:

velles aventures. Une première expédition en 1393-94 contre l'Estland échoua. ‘En 1395, Nicolo équipa trois. vaisseaux et arriva à la fin de juillet dans l'Engrovciand, où il trouva un monastère de Frères précheurs et une église dédiée à St. Thomas ; un volcan se trouvait dans le voisinage.

Mais les misères de ce voyage lui furent fatales ; il mourut à son retour en Frislandia.

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Son frère Antonio lui succéda dans ses dignités et demeura encore dix ans auprès de Zichmni. Voici ce qu'il écrivait (Forster, cité par Gaffarel) à son frère ainé Carlo :

[ly a vingt-six ans que quatre barques * de pêcheurs, surprises par une violente ‘ tempête, furent chassées çà et là d’une ‘ terrible manière sur la mer, pendant un ‘ grand nombre de jours. La tempête ayant ‘‘ enfin cessé, et le beau temps reprenant ‘ le dessus, ces pêcheurs découvrirent une ‘“‘île appelée Estotiland, à plus de mille ‘ milles à l’ouest de Frislandia. Un des ‘ bateaux fut jeté sur cette île, et les six ‘‘ hommes qui s’y trouvaient furent pris ‘“ sur-le champ par les habitants et conduits ‘ à une ville belle et peuplée, où se trouvait ‘ leroi. Gelui-cienvoya chercherdifférents interprètes, mais il ne s’en trouva aucun ‘ qui entendit le langage de ces nouveaux- ‘ venus ; seulement un de ces interprètes “ parlait latin. Cet homme, qui avait aussi été jeté par accident sur la même île, ‘leur demanda de la part du roi de quels ‘ paysilsétaient. Lorsqu'ils eurent raconté ‘“Jeur histoire, et que l'interprète en eut ‘ informé le roi, il ordonna qu'ils reste-

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** raient dans le pays, ordre auquel il se ‘ soumirent, dans l'impossibilité où ils ‘ étaient de s'y soustraire. Ils restèrent ‘ dans ce pays cinq ans et en apprirent la ‘langue ; l’un d'eux, ayant parcouru + diverses parties de l'Ile, assure que c’est ‘un pays très-riche, abondant en toutes

.* sortes de denrées et commodités de la

‘vie; qu'il a moins d'étendue, mais qu’il ‘est beaucoup plus fertile que l'Islande, ‘* ayant dans le centre une très-haute mon- ‘ tagne, d’où sortent quatre rivières qui ‘ arrosent tout le pays.” Les habitants de ce pays ont eu jadis des communications avec l’Europe, car le roi possède une bibliothèque avec des livres latins. L'Engroveland leur fournit des fourrures, du soufre et de la poix. Il n’ont pas la connaissance de la boussole : les six marins frislandais qui savaient au contraire s'en servir. furent pour cette raison chargés de conduire douze vaisseaux estotilandais à Drogeo, grande ile située vers le sud. Assaillis par une tempête, ils ne furent épargnés par les anthropophages entre les mains desquels ilstombèrent, que parcequ’ils leur apprirent à pècher avec des filets.”

L'un des naufragés parvint à regagner la

Frislandia, et Zichmni, après avoir écouté son récit, espérant d’autres conquêtes, tenta une nouvelle expédition avec Antonio Zeno.

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|| La flotte, à peine en mer, fut dispersée à par une violente tempête: elle réussit | pourtant à se réunir de nouveau, et arriva en face d'une grande île. Un interprète {à irlandais déclara que l'ile se nommait 11h Icaria, et le roi de l'ile, Icarus, du nom de | | leur premier prince Icarus, fils de Dædalus. | Les habitants tenaient à leurs usages et | repoussaient tous les étrangers. Zichmni | se contenta de faire le tour de l'ile: ayant | débarqué pour prendre de l’eau et des | vivres, il fut assailli pgr les naturels et 1! forcé de battre en retraite. Piqué au jeu, le | | prince essaya plusieurs fois de Aébarquer

de nouveau ; mais les naturels, qui le suivaient le long du rivage, l'empèchèrent | d'aborder. Alors il se décida à poursuivre son voyage, et cingla vers .'ouest pendant

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li 14 six Jours: quatre jours entiers il eut en 11.5 poupe un vent violent. Enfin on arriva en D vue de la terre. Quelques matelots, endi: voyés enreconnaissance,annoncèrent qu'ils

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mouillage. Une seconde reconnaissance confirma les résultats de la première. De plus on avait remarqué une énorme quantité d'œufs d'oiseaux: les naturels semblaient doux et timides. Aussi le prince résolut-il de tirer parti de tous ces avantages, et de peupler, en y bâtissant une ville, sa nouvelle acquisition. Mais l'hiver survint, ét les fatigues de la colonisation jetèrent le découragement dans les esprits.

Il fallut que Zichmni permit à Antonio de retourner en Frislandia, et de ramener avec lui tous ceux qui renoncaient à leurs projets.

Quant à lui, attendant les secours etles auxiliaires que devait lui conduire son fidèle amiral, il restait dans sa capitale improvisée. Antonio Zeno accomplit son mandat, et, lorsqu'il revint en Frislandia, fut accueilli avec enthousiasme, car, depuis qu'on n'avait plus de nouvelles de l'expédition, les habitants croyaient tout perdu, hommes et vaisseaux."

Reste à déterminer la situation des pays visités par les frères Zeni. Nous n’entrerons pas dans le détail des discussions survenues à ce sujet entre les savants; il nous suffira

(| | d'indiquer les conclusions adinises le plus | généralement.

La position de Frislandia sur la carte (4 dressée par les Zeni répond à celle des îles | Feroë. Christophe Colomb, qui y fit un A voyage en février 1477, lui donne aussi à 1 peu près la mème position, c’est-à-dire le ! 10e de latitude. “ Remarquons de plus, dit ‘ Gaffarel (Etude sur les rapports de l'Amérique et de l'ancien continent avant Christophe Colomb, page 273),que les Feroë se nommaient Fers ey land, d’où, par une prosthèse commune dans les langues du Nord, Fereysland, dans lequelil est facile de reconnaître la prononciation corrompue, italianisée, de Frislandia.”

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et dans l'Engroveland le Groënland. La carte de cette derniere contrée surtout est

| | | | | | L Dans l'Estland on reconnait les Shetland, | | tracée avec une rare exactitude par les Zeni.

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