‹ Lecture pour tous [microforme]Chapitre 35 sur 38 · SR · texte numérisé non relu

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‘C'est un vaste pays éloigné de la Chine de plus de 40,000 /; (1,000 lieues), où l’on arrive, après avoir touché au Japon, en cinglant vers l'Est. Il y pousse un arbre prodigieux, le Fou-Sang, dont la sève possède des propriétés magiques; il y vit un immense ver à soie dont quatre fils tordus ensemble portent les plus lourds fardeaux.

On y trouve un pays dont les femmes constituent toute la population humaine: ces amazones ont pour maris des serpents.

Aïlleurs ou rencontre des hommes pacifiques, tellement doux, qu'ils n’infligent pas mème aux criminels la peine de mort ; ces hommes ne font jamais la guerre ; ils ne connaissent pas le fer ; ils ont beaucoup d'or; ils adorent le soleil”

La science dois au marquis &’Hervey Saint-Denys, professeur au collége de France, une traduction de plusieurs anciens auteurs chinois qui jettent de précieux éclaircissements sur la question. [Il résulte de leurs indications que le Fou-Sang ne saurait être confondu avec le Japon: que ses rivages sont placés à une distance qui répond à la situation de l'Amérique ; et les renseignements fournis, en outre, sur la

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civilisation, l'industrie et sur la religion des populations de Fou-Sang conviennent

bien à ce que nous savons des anciens Péruviens.

Il faut donc admettre que le Fou- Sang est l'Amérique et que la Chine, sept cents ans avant Christophe Colomb, avait connaissance de ce continent. C’est la conclusion à laquelle en arrive M. Lucien Adam dans un mémoire lu devant le Congrès des Américanistes de 1875 (Vol. !, page 1611.

Ne serait-ce pas sous l'inspiration de toutes ces traditions que Sénèque it la fameuse prophétie tant remarquée par Christophe Colomb ?

Venient annis sæcula seris Quibus Oceanus vincula rerum Laxet, et ingens pateat tellus, Typhisque novos detegat orbes, Nec sit terris ultima Thule.

Un temps viendra dans la suite des siècles où l'Océan brisera les liens dont il enserre le monde; la terre immense à tous sera ouverte, Typhis dévoilera de nou.

veaux mondes, et Thnlé ne sera plus la dernière terre.”

Quoi qu'il en soit de toutes ces probabilités et des preuves que les savants trouvent concluantes, il est une question que chacun se pose naturellement.

Celui qui, d'après les documents dont les contemporains sont en possession, a touché le premier les rivages de l'Amérique, que ce soit Ari Marson ou Christophe Colomb ; celui-là a trouvé le continent déjà occupé par des hommes.

D'où venaient ces hommes ? Quand sontils venus ?

C'est là la grande question, que la science n'a pas encore résolue.

Les vestiges des monuments pré-historiques abondent dans les deux Amériques, et sont l'objet d'études constantes. Mais ces monuments n’ont pas encore livré leur .

secret. Les uns rappellent les constructions du Nord de l'Europe, les autres l'art asiatique ; mais à quelle époque précise et par qui furent-ils élevés ? c’est ce que l’on ne peut dire d’une maniere certaine.

On sait que vers le VIe ou VIIe siècle

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notre continent était occupé par ies Tolteques, dont on ignore d’ailleurs l'origine.

Ils furent subjugués au XIle siècle par les Aztèques, peuple venu du Nord et qui, encore florissant à l’époque de la découverte de Christophe Colomb, disparut bien.

tôt néanmoins devant la race Toltèque,

reprenant sa revanche sous le nom de Moquis. Mais certainsmonuments r'trouvés par les archéologues remontent à une bien plus haute antiquité.

Ainsi, au fond des ruines de Palenqué il y a des arbres de neuf pieds de diamètre, et l’on a trouvé dans une cour près de dix pieds de terre végétale. Près de la rivière Ontanogon, on a découvert à vingt-cinq pieds sous terre, sur une mine de cuivre, des maillets et d’autres outils, couverts par un énorme cèdre renversé, par-dessus lequel avait poussé un sapin déjà âgé de trois cents ans. Quelle série de siècles cela suppose-t-il ?

Nousne mentionnonsicique les moindres faits, car on a lu partout la description des

gigantesques ruines du Mexique et äu

Yucatan, monuments d’une civilisation avancée dont il ne reste aucun souvenir

historique. On ne connait pas mème le nom du peuple qui a entrepris ces immenses travaux. Les uns prétendent que ce ù peuple vivait avant le déluge, les autres | |

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