‹ Lecture pour tous [microforme]Chapitre 9 sur 38 · LE POUVOIR TEMPOREL · texte numérisé non relu

LE POUVOIR TEMPOREL

Discours prononcé devant l'assemblée populaire tenue le 22 mars 1871, sous la présidence de Mgr. Bourget, év. de Montréal, |

MoxsEIGNEUR, MESsiEURS,

Je suis appelé à dire quelques mots sur cette dernière partie de l'adresse à Sa Majesté que nous allons signer :

‘Que, comme membres de la famille humaine, nous protestons contre cette violation du droit des gens ; violation qui détruit dans leur essence tous les traités entre peuples, et anéantit toute sécurité en posant la force pour règle suprème du droit.”

Je ne parlerai pas de l’audacieuse violation de la convention de septembre ; je n'essayerai pas de démontrer le caractère odieux de la dernière invasion des états pontificaux, consommée au mépris de l'engagement le plus solennel : ces attentats contre le droit des gens sont trop bien caractérisés par

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eux-mêmes pour provoquer autre chose qu'une protestation indignée de l'univers entier, ou une répression immédiate de la part des puissances européennes, si ellesmêmes n'étaient complices de ces crimes politiques. Dieu veuille que les pouvoirs qui en sont restés les témoins impassibles ne soient pas appelés bientôt à expier l'échec que les principes les plus sacrés de la justice et du droit viennent de subir, et ne s’apercoivent pas qu’ils ont laissé porter un coup terrible aux assises de leur grandeur et de leur tranquillité, que dis je ? de leur sécurité, de leur existence même. L'histoire s'étonnera que les cabinets de l’Europe aient méconnu leur propre intérèt au point d'approuver tacitement par leur inaction un acte qui met en péril ou plutôt qui anéantit la valeur des traités, dont toute la force repose dans la confiance des peuples, frappant ainsi à sa base le code de justice, de morale internationale, si l’on peut dire, qui assure la paix au monde et à chaque pays l'intégrité de ses frontières; et ce fait paraîtra inexplicable à la postérité si l’on ne se rappelle que, d’une part, Pie IX était un souverain trop faible pour se défendre,

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