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et que, d'autre part. dans notre siècle de lumières, la force a pris plus effrontément que jamais le pas sur le droit.

Ilest peut-être plus utile d'envisager la question à un autre point de vue.

Si vous allez en Italie, le premier Romain intelligent que vous interrogerez vous dira :—A tort ou à raison, les populations romaines veulent changer de souverain temporel et se gouverner elles-mêmes; ce vœu, elles l'ont exprimé par un vote public et légal, et, selon le droit moderne, le vote populaire est la source du pouvoir.

N'’en doutons pas, messieurs, la question ainsi posée est le véritable problème de notre époque, conséquence naturelle du progrès des libertés publiques dans le monde, et si ce problème n’est jamais résolu par un congrès européen ou par quelqu’autre autorité plus imposante, nous connaissons assez les hommes de nos jours pour dire qu'ils ne seront pas arrêtés par la crainte des anathèmes, et que ie radicalisme continuera d'exploiter, avec son astuce ordinaire, les aspirations politiques du monde moderne au profit de ses tentatives contre

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l'Eglise, dont la morale et les principes d'ordre gèneront toujours toute agression contre la société. Tâchons donc de trouver une solution politique à cette difficulté.

On pourrait d’abord se demander si le vœu des populations romaines a été honnètement constaté, si vraiment la majorité des Romains désirait changer de maitre, si, en un mot, le vote du plébiscite auquel a eu recours Victor-Emmanuel fut pris et donné dans toutes les conditions voulues de loyauté et de liberté; car ils sont assez nombreux ceux qui se figurent que le galant homme couronné, qui a eu Garibaldi pour principal agent de ses conquêtes, professe des théories à lui propres en matières électorales. On peut encore se demander pourquoi le gouvernement qui invoque le vœu populaire pour justifier ses actes les plus extraordinaires, a laissé faire, sans la moindre protestation de sa part, l’annexion de l'Alsace et de la Lorraine à l'Allemagne contre la volonté manifeste des habitants de ces provinces ; il est vrai que les canons prussiens ont une éloquence capable d’imposer mème aux défenseurs les plus zélés des ‘‘ droits de l’homme,” et qu'il est plus

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facile de franchir les murs croulants de Rome pour s’emparer d’un vieillard désarmé, que de protester, füt-ce à voix basse, contre une injustice commise par les conquérants du jour. Mais venons à la question elle-même.

Messieurs, ne discutons pas pour savoir si Pepin a donné quelque chose à l'Eglise, ou s’il n’a fait que lui restituer un domaine enlevé par le roi des Lombards ; ne tenons point compte des recherches contemporaines qui révélent les libertés considérables dont jouissaient les peuples du moyen-âge; prenons plutôt l'histoire telle que la font nos adversaires, et disons qu'aux époques où Charlemagne et ses successeurs ont investi les papes de la souveraineté sur une partie de l'Italie, le code des droits politiques en Europe était bien différent de ce qu'il est aujourd’hui chez les peuples qu'on regarde comme les plus civilisés. Les princes n'étaient pas alors les délégués du peuple ; ils en étaient les pères ou les maitres et seigneurs, et ils s’attribuaient même la propriété réelle de tous les domaines sur lesqueis s’étendait leur sceptre ; ils disposaient à leur gré du sort de leurs sujets, et n'étaient responsables qu’à Dieu

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de leurs actions ; en d’autres termes moins offensants pour les idées actuelles, le droit des citoyens de déterminer la forme de leur gouvernement et de participer à l’administration de la chose publique par des représentants élus, n’était encore ni admis ni réclamé. L'autorité des papes sur leurs états a donc été absolue dès le principe, l'avant recue telle que la faisait le droit public d'alors, et, quoique conforme au vœu des peuples que l'Eglise avait affranchis et civilisés, cette autorité n’a pu avoir sa source dans l’urne des élections.

Or, la souveraineté temporelle des papes a-t-elle changé de nature depuisson origine ? Personne ne le prétend, je crois. L’histoire des nations qui aujourd'hui se gouvernent elles mêmes, indique l’époque précise à laquelle chacune a fait la conquête des libertés dont se compose la somme du droit moderne ; le plus souvent cette conquête a été sanglante, accompagnée de crimes odieux et de nobles actions, et sa date reste à jamais fixée dans la mémoire des hommes. Les annales de la France et de l'Angleterre vous sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d’insister sur ce‘point.

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