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la divergence des croyances religieuses n’ins+ pirera pas de préventions opposées, préventions au surplus qui sont peu partagées, et qu’une observation même superficielle devrait faire disparaitre. Leur enseignement, certes, ’élève assez haut pour toutes les exigences de ceux qui voudraient voir dans chaque comté:
une école d’un ordre supérieur.
Combien donc de sortes d’écoles devrait-on établir et distinguer dans les campagnes du Bas-Canada ? Je réponds: de:
trois sortes : 1°. Les écoles communales, ou de concessions ou côtes, telles qu’actuellement réparties en Districts d’Ecoles ; 2°. Les écoles-modèles de paroisse, reconnues et encouragées par la loi actuelle ; 8°. Les écoles supérieures de comté, qui ne sont pas encore organisées sous ce point de vue, mais qui le seront sous peu, j'ose l’espérer, et que la Législature aidera sans doute d’une manière proportionnée à leur importance. Soit dit en passant que la partie canadienne-française de la population possède depuis deux siècles des écoles de ce genre pour les filles, dans les établissemens des Sœurs de la Congrégation, et que plusieurs de ces établissemens feraient honneur même à de grandes et orgueilleuses villes. Puissent le respect et la reconnais-
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révenées, et devrait certes, ces de comté:
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sance publiques entourer sans cesse de nobles dévouemens, et puisse la parfaite union entre ces Dames et les autorités civiles des écoles, au moyen d’un contrôle qui n’a besoin d’être que sur le papier, faire participer ces hautes écoles à la faible pitance de la loi, et à son: accroissement à l’avenir.
Les écoles communes, autres que sous une direction purement individuelle, n’ont pas une date bien ancienne parmi nous. La position coloniale du pays, et d’autres causes qu’il n’est pas nécessaire de rappeler, ont fait que l’action puissante de l’autorité et de la fortune publique ne s’est étendue aux besoin de l'intelligence qu'après des tentatives sans nombre dont je ne ferai pas l’historique. Les reflets de lumière que jetaient ceux de nos colléges qui avaient survécu ou avaient surgi, les efforts de beaucoup de membres du clergé et d’autres particuliers, ceux d’un petit nombre de fabriques de paroisse, les peines mal rétribuées de maîtres souvent ambulans, voilà nos sources de richesse intellectuelle
dans les campagnes jusqu’à il y a seize ans environ. Alors on put élever des écoles, en grande partie il est vrai à frais publics, et la majeure partie de la population et du clergé des différentes croyances secondn avec zèle
les efforts de la Législature. Mais ce soleil à peine levé, fut éclipsé par la malice des tems, et lorsqu'il a reparu nouvellement à sa seconde course, il a dû trouver refroidie la terre qu’il avait vivifiée. D'ailleurs les moyens pécuniaires du trésor public n’étaient plus les mêmes et ne pouvaient suffire en totalité à répandre l'instruction dans les masses ; la générosité individuelle était une source trop incertaine et trop souvent en faute, 1l a donc fallu appeler la population à contribuer pour une partie à des ressources qui n'étaient créées que pour elle. C'est la position des écoles aujourd’hui. C’est une satisfaction de voir que malgré les préjugés populaires, naturels dans tous les tems et avivés parmi nous, contre toute loi qui appelle le peuple à taxer l’homme animal et égoïste au profit de l’homme moral, intelligent et civilisateur. Cependant, grâce au bon sens des masses, et à la direction forte en même tems que prudente, donnée par le Surintendant des écoles et les divers corps de commissaires, la loi a pris racine, assez du moins pour nous faire bien espérer de son avenir. La contribution générale et légale n’a lieu que dans un petit nombre d’endroits, et là, on s’en est très bien trouvé. Ailleurs la générosité indivi-
duelle a suffi. Ailleurs elle a échoué, malgré les prévisions de ceux qui la prônaient de bonne foi ou pour flatter le préjugé.
L'on se convaincra avant peu que la contribution voulue par la loï, en même tems qu’elle est la plus naturelle et la plus juste, est la seule sur laquelle il faille compter. A ceux qu'a effrayés le mot de taxes, on doit poser la question nettement, s’ils veulent l’instruction pour leurs enfans, ou s'ils n’en veulent pas. S'ils sont pour la négative, qu’on leur fasse voir, si l’on peut, qu’ils consentent à devenir des êtres abjecis et malheureux, esclaves des populations plusinstruites quilesenvironnent; s'ils sont pour l'instruction, qu’on leur fasse comprendre que les ressources publiques qui y subvenaient autrefois ont cessé d’être les mêmes, et que la moitié que fournit le gouvernement est tout ce qu’on en peut attendre; que le reste ne peut se prendre que chez ceux qui doivent profiter de l'instruction et au milieu desquels il s’agit de la répandre; que le corps social ne peut vivre sans nourriture, pas plus que le corps matériel; enfin qu’on ne peut appeler taxe ce qui, fourni par eux, est tout d’abord doublé par le gouvernement, et ensuite dépensé pour eux et par eux.
Les écoles communes sont les seules aux- B
quelles le peuple puisse être appelé à contribuer d’une manière générale, parceque ce sont celles qu’il a sous ses yeux et aux opérations desquelles on peut l’intéresser. Les parens des élèves seulement peuvent aider à soutenir en partie les écoles supérieures, mais comme la tenue en est beaucoup plus coûteuse, le gouvernement devrait faire plus pour elles, sans oublier néanmoins que les écoles communes sont d'une nécessité indispensable, ne füt-ce que pour y choisir des sujets propres à être avancés. Dans ces écolé, la lecture, l’écriture, l’ortographe, c’est à dire un peu de grammaire donnée à priori, et les élémens du calcul, sont un minimum; heureux les élèves si le maître peut y ajouter la grammaire raisonnée, l’histoire, la géographie; les élémens, bien exposés, en sont attrayans pour de jeunes intelligences, au delà de ce qu’on peut croire. La cosmogonie mosaïqué, l’histoire du peuple juif, celle dela venue dusau« vouret réparateur divin, sont les premières notions à inculquer. Si l’on a le bonheur d’avoir uniformité de croyance parmi les parens dont les enfans fréquentent l’école, la direction, l’intervention même du prêtre ou ministre, s’il en a le loisir comme il en aura partout le zèle, pourra faire beaucoup plus,
ontrie ce opé- Les der à ures, plus plus e les ndisdes écoc’est tort, um ; uter GTA ttrale ce qué, SA Ur nOd’a- *ens recmiuPa lus,
et rendre complète une instruction qui ne le serait pas sans cela. Que si l’on en est venu à la division des écoles, permise comme de né:
cessité à la minorité, l’on a les mêmes avantages sous le rapport religieux. Mais si ma voix pouvait être entendue partout où règnent la charité et la bienveillance chrétienne, je conseillerais de ne pas paralyser l'efficacité des écoles en les divisant inutilement. Que le maître, respecté pour ses mœurs par toutes les croyances comme dans la sienne propre, inspire l’amour du bien et l'horreur du mal, sur tout ce qui est eru en commun, mais qu’il s’abstienne avec circonspection de toute discussion ou démonstration propre à inspirer des méfiances. Que chaque clergé se réserve des heures où même des jours fixes pour donner ou faire donner Pinstruction religieuse qu'il chérit. Mais touta tentative de faire prospérer une croyance a moyen du prosélytisme dans les écoles, ou même de ce qui en serait soupçonné, subirait une déconvenue.
L'aspect de ces luttes serait trop douloureux pour les hommes vraiment religieux.
Certes on ne peut accuser ici de cet esprit ni le clergé, ni la population, de toute origine.
Mais j'ai trouvé dans le cours de ma vie pu- B?
blique, parmi les catholiques et parmi les protestans, et comme rares exceptions, des individus qui voulaient de cette manière imposer leur foi aux autres. On en a vu des exemples dans des pétitions concertées et présentées à la Législature. A tous je ferai remarquer que ceux qui sont majorité dans un endroit, sont minorité quelque part ; que, quant à l'oppression par le bras de la loi, elle est inutile et dangereuse; à mes compatriotes de mon origine en particulier, je dirai qu’eux surtout ont intérêt à invoquer la liberté et la tolérance comme règle générale, parceque si l'exception prévalait, il est peu à croire qu’elle fût en leur faveur. Le clergé de chaque croyance jouit parmi ses ouailles d’un respect mérité ; sa conduite et ses sacrifices lui assureront dans tous les tems la plus large part d'autorité et d'influence sur l'instruction. Nous applaudissons de bon cœur à ce qui s'est fait et se fera par cette entremise.
L'homme sans religion serait un monstre ; l’homme persécuteur ne serait guère mieux ; l’homme purement contemplatif, enthèsegénérale, mourrait de faim. Unissons avec un esprit chrétien toute notre énergie et notre charité pour instruire, relever, et nourrir, au moral comme au matériel, la société telle que Dieu
l'a constituée et dont il a voulu que nous formions utilement partie.
On objecte à la dissémination d’écoles élémentaires dans toutes les parties des campagnes, qu’elles sont coûteuses, que beaucoup d’enfans sans talens, arrachés aux labeurs matériels, n’apprennent rien, ou rien du moins qui leur serve plus tard, et qu’il suffi-
1 paroisse ou du township. Si les riches seuls avaient besoin d’instruction, de décence, de moralité et de religion ; si ceux qui sont
elle | rait d’une bonne école centrale dans chaque btes 1 paroisse ou township. Moi, je dis qu’il faut
ux ; l'un et l’autre. La limitation ci-dessus, fatale tt la à partout, le serait ici encore plus par rapport e si l à notre climat, à l’état des voies de commuoire | nication, et à la grande étendue de territoire ha- : que la population occupe. Les écoles de cha- Pun que concession ou côte se trouvent déjà sous ces le système actuel souvent très éloignées rge des dernières limites qui en dépendent. Dans on. les mauvaises saisons, les enfans peuvent à jui peine les fréquenter, en emportant le matin se. 4 un très frugal diner, et ne revenant que le e ; soir. Des pensionnats quelconques sont hors C: | de toute proportion avec les moyens de la é- 4 masse du peuple, et ce serait le seul système it 4 possible avec des écoles uniques au centre de
assez aisés pour mettre leurs enfans dans un pensionnat avaient en partage toute l’émulation ct toute l'intelligence, de manière qu’on pâût recruter dans leur rang tout ce qu’il faut à la société d’ecclésiastiques pieux, de législaiteurs éclairés, de magistrats intègres et autres dépositaires et arbitres des droits et des fortunes, de médecins, de marchands, de mécaniciens, d'agriculteurs habiles, et que le reste de la population, outre sa pauvreté, dût vivre nécessairement de père en fils dans un état de dégradation, et d’asservissement à ees rois de l'argent et du savoir, les écoles scraient inutiles parmi cette population inférieurc ; elles seraient même dangereuses, et la caste privilégiée aurait intérêt à les proscrire, comme on le fait dans les pays où règne l’esclave. Heureusement ce partage inégal n’est pas l’œuvre de la main divine, ct nos institutions ne l’ont pas non plus introduit ni autorisé. Souvent les plus beaux génies, les conservateurs ou les libérateurs des peuples, les bienfaiteurs du monde, les auteurs des plus utiles découvertes, sont sortis des rangs les plus humbles. Où leur trouverez-vous des successeurs pour continuer leur œuvre dans ses divers échelons, si la jeunesse de toutes les classes n’est pas mise en contact
par voie de comparaison, ne se trouve pas en regard sous des yeux capables de la juger, ct d'appeler plus haut ceux que leurs talens ou leurs vertus y destinent. Ils seraient bien cruels ceux qui voudraient avec le poids de leur or refouler dans une décourageante exclusion le génie dont les éclairs précoces leur feraient redouter une concurrence pour leurs enfans moins bien partagés. Laissez le riche instruire ses enfans à ses propres frais, s’il désire les initier aux études supérieures ; s'ils réussissent, la société en profitera comme eux ; s'ils ne réussissent pas, ils en remperteront toujours bien pour leur argent. Mais donnez à tous la chance de parcourir la même carrière: n’eussiez-vous dans chaque école primaire à faire choix, par chacun an, que d’un seul enfant pauvre, méritant d'être envoyé à l’école de paroisse ou à celle du comté, où l’état ou la bienveillance privée le conduiraient, cette école aurait fait son devoir ct payé son prix de revient. Renvoyez à la charrue, non je me trompe, au joug du portefaix, ceux qui v'auront pu rien apprendre ; ils auront toujours remporté quelques idées d'ordre et de déférence ; quant à ceux dont les progrès n'auront été que médiocres, cette -médiocre
instruction même leur sera de la plus grande utilité dansle cours dela vie. J'auraisles mêmes choses à répéter au sujet du passage des écoles de paroisses à celles de comté, de cellesei aux colléges, des colléges à l’université, qui, puisse-t-cile nous advenir.
Ceux qui ne veulent que d’une école par paroisse sont aussi, en certains cas, mus par un esprit d’hostilité à toute contribution pour l'éducation, sentant l'impossibilité qu’il y aurait à la faire soutenir généralement par une population qui ne serait pas à même d’en profiter. Troisannées devraient suffire pour le cours des écoles primaires, ce qui ferait quatre classes, y compris celle des très jeunes enfans qu’on retrouve toujours dans les écoles, et qu'on n’y envoie que pour les y habituer.
Lorsqu'on pourra se procurer un maître qui entende les deux langues, il donnera bien une idée de celle qui sera la moins familière dans la localité. Muis ce n’est pas là que l’enfant pourra l’apprendre suffisamment. Ceux qui sortiront des écoles communes sans aller aux écoles plus élevées, ne seront pas généralement appelés à voyager au loin, ni à avoir des rapports nombreux avec les populations éloignées. Leurs études leur serviront principalement à eux-mêmes ; ils pourront rai-
sonner mieux et plus promptement leurs affaires et leurs travaux, calculer plus facilement, lire et écrire leurs lettres, suivre avec satisfaction les enseignemens et les exercices religieux. Le génie, vous le savez, se fera jour partout ets échappera bien de ces catégories. Je dois ajouter que ceux que l’on destine aux études classiques, si leur âge plus avancé ne commande pas le tems, feraient bien de n’aller au collège qu'après avoir frequenté aussi l’école de paroisse ; si le tems et les moyens manquent, de bons talens y suppléeront. On devrait dans tous les cas apprendre dans les écoles communes à lire le latin, chose comparativement très facile pour des raisons exposées plus haut.
Je ne prétends pas tracer le cadre des études dans les écoles de paroisse ni dans celles de comté. Le cours devrait, ce me semble, durer deux ans dans la première et trois dans la seconde, avec un nombre proportionné de maitres. Dans l’école de paroisse, on devrait apprendre à parler et à écrire assez correctemi nt l’une et l’autre langue, à composer quelque peu, à calculer et mesurer avec facilité et rapidité pour tous les usages communs ; l’histoire et la géographie, uno notion abrégée des arts ct des méticrs,
devraient entre autres choses faire partie du cours. Les écoles de paroisse devraient être dans tous les cas différentes pour l’un et l’autre sexe : je ne parle ici que de celles des garçons. Après ce cours fini, les uns iraïent au collége ou à l’école du comté : les autres, de retour chez leurs parens, deviendraient plus tard principalement utiles à leur famille et à leur voisinage; ils suivraient l'éducation de leurs propres enfans, feraient, au moyen d’utiles lectures, du foyer domestique ce qu’il est destiné à être, la source principale de l’éducation ; ils pourraient suivre la discussion des affaires publiques, ct prendre une part active dans celle de leurs localités ; ils retireraient du profit des publications agricoles et industrielles, dont l'application néanmoins serait principalement attendue de ceux qui auraient suivi l’école du comté.
Dans cette école de troisième degré, toute dirigée vers un but pratique, les élèves deviendraient aptes à être utiles à la société productive généralement ; ils introduiraient dans leur arrondissement les arts et les pratiques en vogue ailleurs ; ils utiliseraient des ressources ignorées ou méprisées avant eux, et ils feraient fleurir partout, avec les bonnes mœurs, fruit principal de leurs études, l’ai-
sance, le commerce, l'industrie. Pour atteindre là, les études devraient être, outre le perfectionnement de celles commencées dans les écoles de paroisse, la géographie industrielle et commerciale, la tenue des livres, le mesurage, la mécanique, le dessin, les constructions usuelles, la physique, la chimie tant commerciale qu’agricole, d’autres parties des sciences naturelles, et comme diversion la connaissance des étymologies prises dans les langues anciennes qu’on rencontre à chaque pas dans les sciences et les arts, et dont la contra-distinction peut épargner bien des recherches et fournir bien des analogies.
J'ai parcouru les divisions que je m'étais tracées ; je terminerai par quelques observations qui s'appliquent à toutes.
Je voudrais que ceux qui ont la direction des écoles quelconques et qui en suivent les progrès avec intérêt, fissent choix tous les ans d’une couple d’enfans pauvres, mais faisant preuve d’heureuses dispositions et de talent, pour les porter aux écoles d’un degré supérieur ; je voudrais qu’on employât tous les moyens, moins la coërcition, pour engager les parens de ces enfans à consentir à leur éloignement et à remettre leur destinée à ceux qui veulent la rendre meilleure; je vou-
drais que l’état, le fonds des écoles, ct le zèle des particuliers, rendissent assurés les moyens nécessaires pour que pas un seul des enfans dans ces conditions ne restât dans l’ombre à cause de sa pauvreté. Je voudrais aussi que dans toutes les écoles on parlât aux yeux comme aux oreilles, au moyen de gravures, modèles, cartes, échelles chronologiques, instrumens, appareils, et collections de divers genres, le tout fourni par la direction des écoles, suivant la nature de chaque école particulière ; qu’on obliseât les enfans à garder tous leurs livres précédens jusqu’à leur sortie finale, et à être prêts en tout terms à répondre au programme de ce qu’ils ont appris dans les années précédentes, et la même pratique pourrait aussi être introduite avec avantage dans les colléges ; je voudrais qu’on formât des bibliothèques instructives et amusantes dans chaque paroisse, et plusieurs de celles du Bas-Canada ont commencé cette bonne œuvre ; je voudrais même voir ces bibliothèques en existence dans chaque arrondissement d'écoles comme aux Etats-Unis.
J'aimerais encore qu’on établit l’uniformité dans les livres d'école: pour celles où la langue anglaise est le texte et où la diversité des croyances fait une nécessité d'élaguer ce
qui est particulier à l’une pour ne conserver que les bases communes à toutes, la collection en usage dans les écoles d'Irlande, et que MM. Armour et Ramsay ont réimprimée, à l'approbation de tous. Je voudrais qu’on encourageût l'association des instituteurs, comme il en existe une dans le district de Québec, et dans celui de Montréal, et qu’on s’assurât dans leur zèle et dans leur expérience des moyens d'établir l’uniformité, de connaître et de réformer les abus. Je voudrais enfin qu'après avoir choisi des instituteurs qualifiés, on leur donnât pour le moins les mêmes moyens de vivre que possèdent les populations parmi lesquelles ils se trouvent, et qu’on les entourât de reconnaisgance et d’égards. Puissent tous ces Vœux, l que vous faites comme moi, j'en suis sûr, :
être réalisés, si toutefois le résultat devait être tel qu'il m’apparait.
Il ne me reste plus qu’un mot à dire ou plutôt à répéter. C’est que le grand vice de notre instruction est son défaut d’actualit6& Conduisons ensemble, s’il est possible, la leern et l'application, le précepte et l'exemr'e ; lorsque nous ne le pourrons pas à notre: satisfaction, faisons du moins comprendre à l'élève qu'il ne sait rien ou presque rien d’u-
DM :
suel, et qu’il n’est fourni que de jalons et de signes pour s'orienter et se reconnaître. J’ai vu des élèves de collége prétendre sérieusement à de hautes administrations, et j’aurais bien pu le faire moi-même si l’occasion s’en était présentée. Le fait est qu’au sortir d’une école grande ou petite, on croit être rendu presque au terme de toute science y compris ses applications. J'étais décidément de cet avis à la fin de mes études de collége, et avec mes condisciples je me nommais des hommes alors éminens et en évidence comme devant toutsavoir et tout connaître: à peu prèscomme les étudians chinois doivent considérer le lettré qui a parcouru ses quatrevingt-dix mille signes. Le remède setrouverait peut-être, quoiqu’en partie seulement, dansles suggestions qui précèdent. Dans tous les cas l’humble ignorance vaut mieux que l’orgueilleuse présomption ; tâchons dans les écoles qui portent ce nom comme dans la grande école du monde, d’être bien persuadé de l’étroitesse et de l’insuffisance de nos connaissance et de nos vues ; nous y trouverons un encouragement à apprendre et surtout à nous en rapporter mieux à l’omnipotence et à l’omni-science du souverain auteur de tout bien.
Montréal, 18 décembre 1845.