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Lecture publique

Il y a deux ans, à pareille époque, la nationaiité canadienne-française voyait jeter les bases de cet Institut, de ce temple dédié à son culte sacré. Le succès prodigieux qui a couronné les efforts des fondateurs de PInstitut, prouve qu’ils ont obéi à une bonne inspiration, qu’ils ont compris un besoin réel en entreprenant leur œuvre, et qu’ils avaient raison de compter sur le patriotisme des citoyens de Montréal. C’est a ce

atriotisme si louable que nous rendons 1iommage ce soir en commémorant le deuxième anniversaire de l’établissement de notre association. J’ai cru que ce but ne pouvait être mieux atteint qu’en vous offrant les prémisses d’une causerie sur la vie et le caractère de deux Canadiens qui ont aimé leur patrie et leur nationalité jusqu’à verser, pour elles, un sang pur et généreux. Donnons une larme au souvenir réligieux de ces deux martyrs de la nationalité et de la liberté! Nous comprendrons mieux, après l’accomplissement de ce pieux devoir, toute la puissance et la beauté du

sentimentänetienal en admirant les prodi-

ges opérés par ceux qui en étaient sincère-

ment pénétrés. Notre zèle, quelque peu

attiédi, se ranimera par l’exemple de ces grands patriotes bravant tout, sacrifiant tout pour défendre la nationalité menacée et attaquée par l’odieuse clique angiise qui avait juré la mort du Canada-Français.

L’abnégation sublime avec laquelle Cardiual et Duquet donnèrent leur vie à la patrie,enflammera nos cœurs jusqu’à l’entnousiasme le plus ardent. Ne mettrons-nous pas enfin de côté notre apathie coupable, nos dissentions criminelles pour nous serrer comme un seul homme autour de l’étendard béni par le martyre et arrosé par le sang ?

Ne prendrons-nous pas l'engagement sacré de rejeter tous les compromis, de flageller tous les lâches et d’accueillir, par le dédain le plus méprisant, cette ignoble banalité qu’il faut tôt ou tard être anglais? Quoi!

lorsque nous étions esclaves, la nationalité

trouvait des héros qui mouraient pour elle,

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