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Ce futen vain. Le tyran se moqua du désespoir d’une mère. ‘Je l’avais prévu, dit “ Duquet à sa mère, votre trouble a été inu- “ tile ; après-demain, je serai dans une ré- ‘ gion où la vertu est récompensée et le « crime puni. Ma mère, il faut se soumet “6 tre à ce terrible décret de la Providence.” C’est la dernière fois que Mme. Duquet vit son fils. Le langage des douleurs humaines est trop pauvre pour décrire au vrai cette séparation que le cœur d’une mère seule peut concevoir, Duquet, dans cette circonstance si pénible, pria sa bonne mère d’implorer le pardon de ses chères petites sœurs. ‘Je m'étais promis, disait-il à sa “ mère, de leur faire, ainsi Ep vous, une “ position heureuse ; ma folle préc'PMa open” “ a déjoué ces plans. Je vous en prie, dites- “ Jeur tout le fegret vif que j’ai éprouvé, et “ que ce n’est pas par mauvais CŒUr que ‘ mes espérances se trouvent trompées.?? Il pria aussi sa mère de remettre à ses sœurs sa petite image de Notre-Dame des Sept Douleurs, en ajoutant cette recommandation : “ Dites-leur, ma mère, de baisèr la “ partie de cette image qui se trouve mar- ‘ quée de mes pleurs.” :
dette mère, morte l’an passé, fut toujours inconsolable et ne passa jamais une journée sans pleurer son fils. Souvent, la nuit, elle ÿ songeait, et on l’entendait crier dans des transports convulsifs : “ Mon fils, mon fils, “ rendez-moi mon fils! Grand Dieu ! qu’en & ont-ils fait, ces Anglais sans pitié ?”” {l-y-a trois ahs,, elle rencontra celui qui fit tout, jusqu’Aü parjure pour la perte de son fils et de Cardinal. La conscience, sansdoute pleine de repentir, il demanda pardon à Mme. Duquet, et voulut lui donner la main, “ Oh ! lui dit-elle avec horreur, n’ap- “ prochez pas de moi; je Vous pardonne, “ par@e que je suis catholique et que mon ‘6 fils me l’a ordonné ; mais je ne puis ou-
| avec le prêtre catholique que anreiurs
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uet, aussi noble que malheureuse, m’a prié de rendre public. L’avocat généreux et éloquent (M. Drummoid,) chargé de la défense de Duquet, fut prié par ce dernier, la veille de sa mort, de kr remplacer auprès de sa mère ; il le lui promit et il fut toujours fidèle à sa parole. Ce beau dévouement est tout un éloge du caractère de l’homme, et fait honneur à la profession d’avocat.
* & blier que vos mains sant encore teintes du « sang de mon fils.” .- J’ai à mentionner ici Gi un fait que la famille Le 21 Décembre 1838 se leva triste, noir et lugubre comme le crime qu’il allait éclairer de sa pâle lumière. La température était “froide sans être piquante. De gros nuages, entremêlés de gris plomb et de brun foncé étaient balayés lentement dans l’espace, et cachaient l’astré*du jour. De temps à autre, le ohoc des nues laissait percer un és blanc, sans vigueur, sañs vie ; ses rayons, à peine perceptibles, se rendaient comme à regret jusqu’aux guichets de la prison pour disparaître aussitôt. On aurait dit qu’il avait honte d’être témoin de l’horribie forfait et hg voulait prendre le deuil du sacrifice es deux martyrs.
Le sommeil des deux condamnés n’avait pas été long, et leur réveil fut triste. Encore quelques heures, et ils allaient être . arrachés violemment à la vie. Duquet avait ‘Qt ans ; Cardinal en avait 30 ; Duquet était faible ; l’air de la captivité, la douleur de ‘ea mère l’avaient presque éteint. Tous deux étaient tristes, mais résignés. Ils s’étaient, bb ps auparavant,nourris du pain =
chafaud. “Nous sommes prêts,” direntils, et lé Eh les garotta.
A 94 heures, ils montent à l’échafaud ; Cardinal est calme et fort ; Duquet est pâle, affaibli, mais re chancelle pas. Ils vont mourir comme ils avaient vécu : pleins d’amur pour leur patrie, de foi et de fidélité au Dieu de leurs pèies. Dans leurs adieux à leurs compatriotes, on lit cette phrase mérrorable qi novs fait en quelque sorte frémir de douleur et d’edmiration: “ Notre “ dernier vœu est pour la prospérité et la “ liberté de notre chère patrie, notre der- “ nier soupir pour le Dieu qui nous appelle ‘à lui, et notre dernière parole: Jésus !??
Ils se disent ensuite adieu de la voix et def
yeux. Levrs mains enchaînées ne peuvent se rencontrer une dernière fois. ‘Nous nous serrerons la main là-bas,” dit l’un d’eux en levant la vue au ciel.
A 9% heure:, la trappe tombe, l’infâmie est consommée, Cardinal n’existe plus.
Mais un supplice sas nom commence pour Duquet. Soit qu’il eut été mal placé ou mal lié, il tomba sur une charpente {er:ée de la potence, se cassa les dents et se mutila toute la figure. La main de l’exécuteur n’était pas assurée ; l'horreur du crime, l’&clatante innocence du beau jeune homme qu’il égorgeait le faisaient trembler.Il se rea de nouveau ; il eut l’horrible bonheur
e réussir, et Duquet, l’infortuné Duquet, alla rejoindre son ami.
Pendant le meurtre impérial, les prisonniers, agenouillés dans un silence religieux, dans une douleur poignante, récitaient le De profundis. Leurs voix plaintives, étouffées par les larmes, allaient porter au Seigneur one prière du condamné, ce mie
pt. ils avaient passé une partie de la nuit | espoir, du rt nti et ie ières avec le ministre dé Seigne”squi| Les deux co ee yo Id eùe pe es quittait plus depuis quelques ; ir at
partout où il y 4 une larme à essuyerl me:
grande douleur à adoucir. { #
À 9 heures, on vint leur dire dé-se 4 rer. Ils étaient à s entretenir du ciel avec
le prêtre qui devait les accompagner à Te. | t
rarént-ce les derniers? Pensées affreuses Qui étreignaient leur cœur déjà tant ulcéré.