Lecture sur la colonisation [microforme]
J'ose croire que le sujet dont je vais vous entretenir rencontra votre approbation, car je viens parle colonisation, nationalité, patrie.
Mailgré les invitations réitérées qui m'en ont été faites, j'avoue que je ne me serais jamais présenté devant un aussi honorable auditoire sije n’avais eu cette conviction. Mais si j'ai la confiance que le fonds du sujet est d'avance acquis à votie assentiment, je doute beaucoup que la forme dont . je l'ai revêtu corresponde à votre attente, —jaime à vous en préveoir de suite aün de bien établir notre position respective et de m'attirer le moins de reproches nossible sous ce rapport, si je vous désappointe,
Je v'ai donc en ma faveur que l’exucte et scrupuleuse vérité des faite que je constate, jointe à la plus vivaate actualité, — car il est certain que nous devons regarder celte colonisation de nos terres incultes comme un élément vital, essentiel à l'essor de notre nationalité, Elle est purticulièrement profonde et vraie pour nous cette parole qu'un de nos hommes d'état prefera un jour dans l'enthousiasme d’une sincère conviction : L'avenir appartient à ceux qui semunreront du sol.” Vous n'êtes p1s3 sans regarder quelque fois avec anxiété dans l'avenir du pays : vous voudriez voir ses bornes s'agrandir et vous tremblez peut-être qu'elles ne se resserrent, Or, un des moyens les plus efficaces de Le déterminer, cet avenir, autant du moins qu'il est en notre pouvoir, n'est-ce pas de coloniser ? ;
Je vais vous dire, messieurs, dans cet écrit, les Causes et les cicconstances de mn dernière exploration dans les forêts du Nord,— relat.on qui, au point de vue du siyle, vous paraîlra fastidiense inévitablement, mais qui sors le rapport des informations qu'elle contie nf, ne laissera pas d'avoir son bon côté. Je ferai ensuite quelques ebservations sur tout le territoire colonisable du Nord, ue tdésiquerai comme l'ayant vu et étu- "sit Te ”
8 raisonz vortent à enrres Je protrnire certaines
dié personnellemént, et je domnerai le générales et particulières qui me
courager la colonisation de ces te fiterni de In circonstance pour dé objections qui pourraient entraver la marche de l'œuvre, Enfin je terminerai en vous citant quelques pièces justificatives et en vous montrant ce qu'il est possible à un particulier on à une 60ciété de faire pour le progrès de la Colonisation.
Au mois de juillet dernier, je fus, chargé par le gouvernement de l'ouverture d'an grand artère de colonisation qui aurait 80m noint de départ à l'établissement de l’'Honorable Edouard Masson, dans le townsbip Wexford, et qui se poursuivrait en profondeur À travers les terrains encore inexplorés de la chuîne des Laurentides jusqu’à la vallée do la rivière Mantawa, :
J'avais reconnu dans l'exploration de :864 lu partie de ce territoire qui s'étend an Sud de cette rivière sur une distance assez considérable, Pour autoriser la demande de l’onverture d’un chemin qui arriverait à cette vallée Par une douzaine de lieues plus à l'Onest que celui qui est ouvert aujourd’hui par l'Energie.
L’exploration que je viens de faire e fais ici rapport avait pour but spécial de localiser le chemin sur tout son Parcours, aussi APproximativement que postible, Il a fallu pour cela examiner tout avec soin, les montagnes, les plateaux, les vallées, les rivières et les pouvoirs d'eau : nous ävons également examiné les bois et le terrain d'une manière assez minutieusespour Pouvoir en parler sûrement sans danger de contradictions dans l'avenir. Je dis nous, car j'ai fait le voyage avec Joseph Deslauriers, Ecr., de Ste, Anne de Ia Pocatière, envoyé, lui anssi, en mission spéciale dans ces Parages : homme esti. mable et plein de mérite, dont la compagnie a ait disparaître les ennuis et les privations de 12 vie des bois. Je crois que son rapport en ce qu’il peut avoir de commun avec celui-ci, con- Courra parfaitement à établir les mêmes choses,
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Voici maintenant mes observations, tel que Mon journal crayonné en marchant et sur les lieux me permet, joint au souvenir qui n'en reste, de les donner, Je pense qu'elles ne seront Pas sans quelqu'utilité; Dieu veuille surtout qu'elles ne soient pas sans résultat :
Le 24 septembre au matin, je quittais donc mon presbyière et ma paroisse pour aller jouir des douceurs d'une excursion à pied dans les quivze lieues de forêt baisée qui se déroulent Comme une mer de verdure jusqu'à Mantawn, A huit heures tous les paquets pleuveut dans lu Voiture. Pendant que le cheval piétine à la porte, je fais une deruière ronde dans ln maison, Je saisis violemment trois volumes qui protestent en vain par leur âge contre mu dé termination, et je cours faire mes adieux duns ma chambre i coucher, Je ramasse un peigne, une brosse et du savon en cas‘de besoin, je renfonce une lirme secrète à la vue de moo lit de plumes, puis le sac à la main, je reviens à la porte, Adieu vaisselle et plats couverts de ln cuisine, et toi, propreté, suis-moi si tu peux.
L'atmosphère semblait avoir pris tâche de nous faire rebrousser chemin en déversant sur n03 épaules une pluie serrée qui les battit À outronce pesdant deux jours. L'épreuve enfin se termina et nous pûmes continuer notre route, En quittant l'établissement de Mr. Masson, nous suivimes pendant une demi-journée la ligne où le chemin doit passer, et nous parvinmes le soir à la dernière maison, dans les montagnes de Doncaster, occupée par un nommé Narcisse Mé.
nard. Ce courageux colon a déjà fait un dé.
frichement considérable à l’entour de son chantier :il va recueillir cette année le fruit de son énergie ; il nous a conté son travail et ses espérances ; DONS AVOns vu sa récolte dont une partie qui mérite mention, consiste en 600 gerbes d'avoine qu'il à récoltées d'une semence de 4 minots, a longueur de 1» tige de cette avoine est généralement de 64 pi.ds ; l'épi a 30 pouces. En voici quelques échantillons que je suis bien aise d’exhiber.....,,,..c'était ln seconde récolte sur ce morcenu de terre :avis aux cultivateurs qui ont besoin de prendre des lots.
Dans les 15 ou 16 milles parcourus jusque-là, le sol re pent être meilleur, la couche d'engrais végétal est très-épaisse, elle se conservera longtemps ; le sous-sol est une terre jaune très grusse qui est elle-même d’une qualité excellen'e Le bois qui domine est l’érable, le merisier, le cèdre, l'épinette rouge et blanche, Il existe de grands espaces où l’on ne trouve pas une seule pierre’ il en est d’autres où elles sont moins rares, mais elles ne sont, nulle part, en assez grande quantité pour nuire considérablement aux travaux de l'agriculture. La vallée dans laquelle est tracé le chemin jusque sur le 25ème lot du 6ème rang de Donca:ter n'offre pas le moindre accident de terrain. El'e est suffisamment large partout, et Von y arrive facilement par des chemins de tra-
verse,
[ v'y a qu'un cours d'eau
dérable à traverser et d'jà le jour est fait,
un peu consi-
Les alentours de l'e. blissement où nous nous sommes arrêtés sont admitablement calculés pour devenir un centre de cirenlation plus tard, Le terrain est plan de tous côtés, l'abord en est facile, i! y a un pouvoir d'eau à quelques arpents sur lequel un colon de l'endroit doit bientôt Construire un moulin ; nous avons vu chez lui quelques machines destinées à cet usage, De plus cet endroit forme le centre du towoship de Doncaster, et il ny a pas de doute que l'autorité ecclésinstique fixern là, quand le temps en seru veuu, la place d'une église pour la population de ce township comme elle vient de le faire au centre du touwnship Wexford, son voisin en deçà.
À ce premier poste sur la route nous avons établi un méridien astronomique afin de connaitre exactement la direction de ln ligne que nous nous proposions de suivre Devant nous s'ouvrait une vallée très-longne qui nous laissait une échappée de vue jusque sur In montagne du Lac Ouareau qui semblait en faire la limite vers le nord. Cette vallée indiquait assez naturellement la route À suivre, néinmoins comme aa direction tenait un peu fort à l'est et allongeait par là notre chemin, comme d'ailleurs cette rallée subissait par endroits une dépression qui dégénérait en savannes et que dans tous les cas il nons fallait passer à l'ouest de la grande mcntagne du Lac Ouareau, nous nous décidâmes à suivre le platéau que nous avions à notre gauche.
Je constatai la variation de l'aiguille, je pris la direction la plus juste possible qui se trouvait alors 10 N.-0., er nousnous mimesen marche, Les porteurs endossent le sac; une large bande de cuir ceinture leur front et soutient !n charge sur leurs épaules, c'est ce qu'ils appellent leur collier, puis ils se croisent les mains sur la tête en la ramenant en avant. Un écolier en les vo- Yant, se rappellerait le grec Paulus que le Visigoth Wamba traînait à sa suite, le front ceint d’une couronne de cuir d'où pendaient comme dépouilles quelques insignes prises au milieu des siens.
La forêt se compose d'une pousse vigoureuse de bois franc où l'éruble, le merisieret autre bois de bonne qualité se disputent la possession du sol, Un ruisseau à demi cnché par de grandes aulnes arrose ce terrain dans toute sa longueur ; nous nous Sommes désaltérés mainte fois de son eau limpide, Le chemin ici est pour ainsi dire tout tracé et très faciie à farre jusqu'au pied de la colline St, Michel dont la côte peut être en partie évitée en se rejetant un peu sur la droite, avant d'y arriver. Au pied de cette colline coule un ruisseau fort embarrassé d'arbres morts et tombés en tous sens, dont le cours obstrué quelque part par des chaussées de castors a fait refouler l'eau. Cette eau imprégnée depuis lonotemps dans le sol l'a rendu savanneux en le dépouillant de ses fers ornements et en à fait un
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