I.E PRINCE
Vous !
Et par quel moyen ?
F, K PRINCE, avec quelque répugnance.
Ah!... la corruption?
I). LOPEZ, vivemnnt.
Non, dites ascendant et domination!
C’est une guerre aussi, guerre à nobles conquêtes. Guerre qui ne convient qu’à de puissantes tètes,
Que d’entrer en combat avec quelque grand cœur;
Et de soi seul armé, s’attaquant au vainqueur, D’environner ses pas de savants artifices,
D'assiéger, de sonder ses vertus et ses vices :
Car un vice souvent dort dans une vertu ;
De surprendre en ce cœur, de gloire revêtu,
Quelque défaut caché, quelque passion sombre...
Et pénétrant alors, pas à pas, et dans l’ombre...
LE PRINCE, vivement.
Non, ne me parlez point, Lopez, de ce combat!
Lutter en soldat, soit...
Eh! que fait le soldat?
LE PRINCE
Mais attirer un homme au vice qui dégrade !
Comme on attire un brave au fond d’une embuscade.
LE PRINCE
Prendre un masque pour lire au cœur de l’homme fort!
CUERRERO.
Comme un déguisement pour entrer dans un fort.
LE PRINCE
Acheter ses secrets, et, suborneur infâme,
Se cacher pour le perdre et pour tuer son âme!
n. LOPEZ.
Comme en un bois épais vous vous cachez souvent, Afin do mieux tirer sur son corps; seulement On meurt de votre coup, on vit de ma blessure,;
Toute la différence est là, je vous l’assure.
LE PRINCE
Ah! le péril du moins excuse les soldats,
Mais séduire, corrompre !...
Eh! qui ne corrompt pas?
C’est notre ambition, l’instinct do la nature, L’impérieux besoin de toute créature!
Nous sommes. Monseigneur, un peu nés du serpent; Et depuis le flatteur, qui domine en rampant,
Jusqu’au volage amant qui cherche, en heureux maître. Non des cœurs à chérir, mais des cœurs à soumettre; I)o cette ardente soif chacun se sent gagner :
Car corrompre, c’est vaincre, et séduire est régner.
LE PRINCE
Je ne puis, Don Lopez, vous cacher ma surprise;
Je ne vous croyais pas, quoique de vous l’on dise.
Si savant séducteur.
I). LOPEZ, sourinnt.
Je fus pendant cinq ans Ministre aux sessions do nos représentants.