A VA LOS
Sans doute, mais qu’importe?...
Si je meurs, mon pays ne perd qu’un homme en moi : Mais toi, mon filsl... ta vie est-elle donc à toi,
Pour la sacrifier à ta vaine chimère ?
GUEBREKO.
De mon éloignement elle mourait, mon père.
DA val os. *
Ton pays meurt aussi : brise son joug honteux,
Et pense à ta maîtresse après, si tu le veux.
GUERRERO
Dans ce cœur né de vous, nous trouverons, j’espère, Place pour le devoir et pour l’amour, mon père.
D AVALOS
Mais cet amour lui-même...
GUERRERO
Est sans but, jo le sai...
Je sais que mon espoir est un rêve insensé ;
GUERRERO
A cet hymen je sais que tout dit anathème;
Mais je sais encor mieux que j’aime, qu’elle m'aime, Et qu’au dessus du choc des intérêts humains Plane un pouvoir sacré qui réunit nos mains!
Gomment ?
Je vous le dis ici, du fond de l’âme,
Cotte femme est à moi, je suis à cetto femme. Pourquoi?... quand?... Je ne sais; mais le destin le veut. Le nœud qui nous unit, est-ce un vulgaire nœud?
Ce que j’offre à son cœur, sont-ce les pâles restes D’une âme qui s’usa dans vingt amours funestes?
Non, c’est un cœur entier, sans maître, sans lien,
Ardent comme le vôtre et pur comme le sien.
Je jurais do n’avoir pour mal tresse sur terro Que l’âpre déité qui préside à la guerre :
Si nous nous sommes vus, aimés, choisis, cherchés,
C’est que Dieu sur nos cœurs a des desseins cachés,
C’est que ma mission-est unie à ma flamme :
Cette femme est à moi, je suis à cetto femme.
DAVALOS.
Qui donc parle?... est-ce bien l’élu d’un peuple entier? De la dette du sang, lui, sanglant héritier,
11 aimel... et pour que rien ne manque à sa faiblesse,
11 aime une Espagnole, il aime une duchesse!
guerre» o.
Ah! cette noble femme est-elle?...
Écoute-moi :
Je la connais, l’admire et l’aime autant que toi;