G UE R R ER O
D’où viens-tu ?
LE TUEUR
De me battre.
GUERRERO
Et depuis lors?
LE TUEUR
Je tue.
GUERRERO
Quel est ton chef ?
GUERRERO
Bolivar.
LE TUEUR
Un homme, et non une statue ;
GUERRERO
Quoil tu viens des bords sanglants du Sud ?
Et que fait Bolivar?
LE TUEUR
Il bat le vieux Bermud.
GUERRERO
Et Riberos ?
LE TUEUR
Il bat Don Diaz.
Et Tornile ?
LE TUEUR
Il bat Gusman.
GUERRERO
Tous! tous!
LE TUEUR
Toi seul es inutile.
GUERRERO, avec hauteur.
Tueur !
LE TUEUR
Pas de courroux. C’est grave, écoute-moi.
GUERRERO
Quo veux-tu ?
LE TUEUR
Bolivar m’envoie ici .
GUERRERO
Pourquoi ?
LE TUEUR
Madrid est envahi, Napoléon y règne.
Frappons notre ennemi pendant que son flanc saigne. Tremblant pour son pays, par Bolivar presse,
Tout l’accable... Parais..., il succombe.
GUERRERO
Ce peuple est endormi.
Insensé!...
LE TUEUR
Réveille— le.
GUERRERO
Cent hommes
No se lèveraient pas à l’instant où nous sommes.
LE TUEUR
Frappe le sol du pied, la guerre en va sortir.
GUERRERO
Mo faire parricide, et mon père martyr!
Jamais! jamais !...
LE TUEUR
Ta cause !
GUERRERO
Et mon père ?
LE TUEUR
Ta cause 1
GUERRERO
Mais mon pèro sur qui leur haine se repose, Mon père qu’ils tueront à mon premier élan.
LE TUEUR
lié bien! un homme mort...
GUERRERO
Tu refuses?
GUERRERO
Bète fauve, va-t’en.
LE TDEDR.
GUERRE RO
Va-t’en.
LE TUEUR
Soit donc : trahis ta cause...
Ton goût est d’arroser ta plato-bando... arrose. Pendant vingt mois entiers i’on s’est passé de toi , L’on s’en passera bien encore. Adieu. Pour moi,
Je dirai que j’ai vu le chef do la grande œuvre, Transformé, cœur et corps, en jardinier manœuvre.
Il sort.