‹ Lectures a l'AcademieChapitre 25 sur 200 · SCÈNE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME

VALENTINE

Et moi qui vous croyais parti, plein d’un beau zèle!...

MAURICE

Je l’étais I... Un oubli me force à revenir,

Et,voilà que j’entends le plus pur souvenir De ce charmant génie, inspiré, pathétique...

VALENTINE, rivement.

Vous connaissez celui qui Gt cette musique?. .

Hélas! je l’ai connu. C’est Chopin!

VALENTINE, arec émotion.

• Quoi ! Chopin !

MAURICE, vivement.

Vous l’aimez, je le vois.

VALENTINE

Oh i Dieu ! chaque matin

Je choisis dans ses chants quelque œuvre bien-aimée. Et tout le jour mon âme en reste parfumée...

MAURICE

Oui , son génie est bien un parfum immortel ; Puis, je remarque un fait très-singulier...

VALENTINE

Lequel ?

MAURICE

Ses chants sont si divins qu’entre les cœurs ils sèment Comme une sympathie, un attrait. Ceux qui l’aiment Sont tout près dè s’aimer entre eux ! '

VALENTIN E, souriant.

Holà 1 holà I

Mon admiration ne va pas jusque-là.

MAURICE

Elle ira bien, du moins, jusques à me le dire,

Ce chant ! »

VALENT INE

Moi ? le chanter? Je ne pourrais pas lire, Lire à la fois cet air et l’accompagnement...

MAURICE

Si pour accompagner j’osais m’offrir.

VALENTINE

Vous jouez du piano ?

Comment!

MAURICE, souriant.

Dame! un homme inutile 1 Faut-il au moins qu’il sache une chose futile...

Il se met au piano et préluda.

VALENTINE, pendant qu’il Joue.

Mais vous jouez très-bien.

MAURICE, Jouant.

Ohl mais vous, vousl Chantez.

Se retournant après la ritournelle.

Votre voix, j’en suis sûr... Eh bien, vous hésitez?

VALENTINE

Oh! mon Dieu ! j’oubliais 1 Voilà bien autre chose,

C’est trop haut!

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