‹ Lectures a l'AcademieChapitre 37 sur 200 · SCENE ONZIÈME · texte numérisé non relu

SCENE ONZIÈME

Et pourriez-vous, sans peur tout comme sans emphase, Entendre froidement cette petite phrase :

Vous êtes mort ?

OCTAVE

• Mort!

MAURICE, après l’avoir regardé.

Bien! vous n’avez pas frémi.

Donc prêtez bien l’oreille à ceci, mon ami.

Quelle est ma mission ? Vous rendre confiance.

Or, votre capitaine est une connaissance Pour moi... Je le connais pour l’avoir pratiqué;

Voici- deux ans, il m’a, s’il vous plaît, appliqué Un large coup d’estoc, en plein dans la poitrine,

A moi' qui ne suis pas novice, j’imagine:

D’où je conclus qu’à l’heure où son fer vous joindra,

On peut parier cent contre un qu’il vous tuera. *

OCTAVE, vivement.

Et vous nommez cela me rendre confiance?

MAURICE, avec force. \

Oui, mon amil mon frère 1 oui, car l’expérience Dit que, quand un danger menace un brave cœur,

Le seul et vrai moyen qu’il en sorte vainqueur N’est pas qu’on le lui cache, ou bien qu’on le lui farde... Mais qu’on lui dise : Ami, la mort est là, regarde 1

Allez!

# OCTAVE

MAURICE

Je vous dis donc &ins peur : votre ennemi Ne frappe qu’à coup sûr, et jamais. à demi

Sa science est profonde et sa ruse infernale ;

Sa main est foudroyante... implacable... fatale...

Et vous, vous n’êtes rien qu’un enfant ; mais l’enfant, ' Quand avec désespoir et rage il se défend,

Peut parfois, croyez-en une âme bien tremppe,

Peut décontenancer la plus terrible épée.

Donc, reprenez ce fer ; mais laissez cette fois Votre demi-science avec ses vaines lois,

Et sur moi jetez-vous en aveugle, sans règle I

OCTAVE, saisissant le fleuret.

Je comprends.

MAU RICE

Au hasard 1

OCTAVE

Je comprends.

MAURICE

Comme un aigle

Qui fondrait sur sa proie, ou comme un furieux Qui ne veut que mourir ou tuer...

Octave va pour se jeter sur Maurice. ValenUne entre.

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