‹ Lectures a l'AcademieChapitre 52 sur 200 · MOX PETIT-FILS · texte numérisé non relu

MOX PETIT-FILS

EI« tül DÉDIANT ONE M MES COMÉDIES REPRÉSENTÉS UN JOUR APRÈS SA NAISSANCE

C’est à toi, cher fils, toi qui fais revivre Un nom si cruel et si doux pour moi,

A toi que je veux dédier ce livre Venu dans ce monde un jour après toi.

Vous êtes tous deux frères, ce me semble, Car pendant les jours de mon cher labeur, Je vous ai tous deux sentis vivre ensemble, Lui dans ma pensée, et toi dans mon cœur.

Bien grande est la joie au cœur de l’artiste, Lorsqu’à ses regards, un jour, tout à coup, Son idée obscure éclôt, naît, existe,

El jaillit enfin, vivante et debout!

114 A MAURICE DESVALL1ÈRES-LEG0UVÉ.

Plus grand mon bonheur, quand un pur mirage Faisait devant moi, dans un doux lointain.

Poindre obscurément ton petit visage,

Confus mais charmant comme un paysage Qui sort tout voilé des pleurs du matin.

Combien différente est votre fortune!

Tandis que, couché, toi, dans ton berceau.

De tout ce qui blesse ou même importune Nous te défendons, doux et frêle oiseau;

Le voilà déjà, lui, courant le monde.

Le voilà déjà, ton cadet pourtant,

Par le flot qui berce et le flot qui gronde Poussé, repoussé, luttant, combattant;

Et, bien que ta voix commence à s’entendre.

Le voilà criant bien plus haut que toi.

Et même plus haut, si je sais comprendre,

Que ne le voudraient gens connus de moi.

Que de chers regards tendrement te suivent !

Que d’anges gardiens autour de tes pas!...

Sans compter celui que l’on ne voit pas,

Et qui veille plus que tous ceux qui vivent I Comme toi, ton frère a des cœurs à soi, Quelque sympathie aussi l’environne,

Mais si j’en suis fier, c’est lorsque je croi Que le peu d’éclat qui sur lui rayonne Peut aussi, cher fils, rayonner sur toi !

Rayon fugitif! clarté passagère!

Éclat d’un moment! Et comme bientôt Tu te vengeras, enfant, de ce frère,

Qui semble aujourd’hui te traiter de haut!

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