A MAURICE DESVALLIÈRES-LEGOUVÉ
Los jours et les mois, dans leur cours rapide,
A chacun de vous, portant, pour sa part,
A toi quelque grâce, à lui quelque ride,
Te feront jeune homme et le font vieillard.
Il ne faudra pas même un si long âge Pour mettre en oubli son faible renom ;
Et quand tu liras son nom sur la page,
Lasl il ne sera déjà plus qu’un nom!
Il n’importe, enfant! Mort pour tout le monde,
Ce livre, du moins, pour toi revivra :
Bien que nulle voix lors ne lui réponde.
De moi, je l’espère, il te parlera ;
Et de tes beaux jours quand viendra l’aurore,
Si je n’y suis plus, il te redira Qu’à toi, mon enfant, je pensais déjà,
Quand tu ne pouvais, toi, penser encore I
Dans la vie, ensemble, entrez donc tous deux !
Et s'il faut qu’un jour notre art te séduise,
Pour que vers le bien le beau te conduise,
Que mon père, enfant, soit devant tes yeux!
Sans prendre souci qu’on s’en effarouche.
Fais ce que tu dois, dis ce que tu sens,
Et qu’à son exemple, enfin, tes accens.
Partant de ton cœur plus que de ta bouche,
Aillent droit au cœur des honnêtes gensl