SOUVENIR DU PAYS DE FRANCE
Combien j'ai douce souvenance û\i joli lieu de ma naissance !
Ma sœur, qu'ils étaient beaux les jours
De France !
0 mon pays, sois mes amours
Toujours !
Te souvient-il que notre mère, Au foyer de notre cbaumière, Nous pressait sur son cœur joyeux,
Ma chère ? Et nous baisions ses blancs cheveux
Tous deux.
Ma sœur, te souvient-il encore Du château que baignait la Dore'; Et de cette tant vieille tour
Du Mauie, Où l'airain sonnait le retour
Du jour ?
Te souvient-il du lac tranquille Qu'effleurait l'hirondelle agile, Du vent qui courbait le roseau
Mobile, Et du soleil couchant sur l'eau,
Si beau?
« Suivent trois runiances chantées devant Blanca, la premièrb par Lauirec, la seconde par Aben-Hamet, la troisième par don Carl...-
- La Dore prend sa source sur le versant occidental des monls du Forez el, après ur< cours de 139 kilomètres, va se jeter dans l'Allier
420 CIIATEAUBEIANE
Oh ! qui me rendra mon Hélène, Et ma montagne et le grand chêne Leur souvenir fait tous les jours
Ma peine :
Mon pays sera mes amours
Toujours !
BALLADE DE L ABENCERAGK
Le roi don Juan Un jour chevauchant Vit sur la montagne Grenade d'Espagne; Il lui dit soudain :
Cité mignonne, Mon cœur te donne Avec ma main.
Je fe'pouserai, Puis apporterai En dons à ta ville Cordoue et Se ville.
Superbes atours
Et perles fines
Je te destine
Pour nos amours.
Grenade répond :
Grand roi de Léon, Au Maure liée, Je suis mariée.
Garde tes présents :
J'ai pour parure
Riche ceinture
Et beaux enfants.
Ainsi tu disais; Ainsi tu mentais.
LES AVENIXJRES DU DERNIER ABEiN'CERAGE 421
0 mortelle injure !
Grenade est parjure!
Un chrétien maudit
D'Abencerage
Tient l'héritage :
C'était écrit !
Jamais le chameau N'apporte au tombeau, Près de la piscine, L'haggi * de Médine.
Uu chrétien maudit D'Abencerage Tient l'héritage :
f, C'était écrit !
0 bel Alhambra!
U \ alais d'Allah !
Cité des fontaines !
Fleuve aux vertes plaine» t Un chrétien maudit
D'Abencerage
Tient l'héritage :
C'était écrit !
ROMANCE DU CJM
Prêt à partir pour la rive africaine, Le Cid armé, tout brillant de valeur, Sur sa guitare, au pied de sa Chimène, Chantait ces vers que lui dictait l'honneur :
Chimène a dit : Va combattre le Maure ; De ce combat surtout reviens vainqueur.
Oui, je croirai que Rodrigue m'adore S'il fait céder son amour à l'honneur.
• Hadgi ou Haggi^ mu-ulman qui a fait le pélerinaL'e de !a Mecque.
Donnez, donnez et mon casque et ma lance { Je vais montrer que Rodrigue a du cœur : Dans les combats signalant sa vaillance, Son cri sera pour sa dame et l'honneur.
Maure vanté pour ta galanterie, De tes accents mon noble chant vainqueur D'Espagne un jour deviendra la folie, Car il peindra l'amour avec l'honneur.
Dans le vallon de notre Andalousie
Les vieux chrétiens conteront ma valeur;
Il préféra, diront-ils, à la vie
Son Dieu, son roi, sa Gbimène et Thonneor.