PORTRAIT DE MADAME DE BEAUMONT
M"^ de Beaumont, plutôt mal que bien de figure, est très ressemblante dans un portrait fait par M™*
* Cf. p. -429 Mémoires d' Outre-Tombe : III» partie, i, 2. Première année de la Restauration.
2 « Madame de Beaumont ouvre la marche funèbre de ce» femmes qui ont passé devant moi. Mes souvenirs les plus éloignés reposent sur des cendres, et ils ont continué de tomber de cercueil en cercueil ; comme le bardit indien, je récite les prières des morts, jusqu'à ce que les fleurs de mon chapelet soient fanées. » (C). Madame de Benumont était la fille d'Armand de Saint-Hérem, comte de Monlmoriii, ambassadeur de France à Madrid, et, sous Louis XVI, mini-tre des All'aires étrangères. Elle aima Chateaubriand et l'aima bien. Mais Chateaubriand n'était capable que de 86 laisser aimer : il n'eut guère pour madame de Beaumont et ne lui témoigna jamais que reconnaissance et pitié.
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Lebrun'. Son visage était amaigri et pâle ; ses yeux, coupés en amande auraient peut-être jeté trop d'éclat, si une suavitc extraordinaire n'eût éteint à demi ses regards en les faisant briller languissamment, comme un rayon de lumière s'adoucit en traversant le cristal de l'eau. Son caractère avait une sorte de roideur et d'impatience qui tenait à la force de ses sentiments et au mal intérieur qu'elle éprouvait. — Ame élevée, courage grand, elle était née pour le monde d'où son esprit s'était retiré par choix et malheur; mais quand une voix amie appelait au dehors cette intelligence solitaire, elle venait et vous disait quelques paroles du ciel. — L'extrême faiblesse de madame de Beaumont rendait son expression lente, et cette lenteur touchait; je n'ai connu cette femme affligée qu'au moment de sa fuite; elle était déjà frappée de mort, et je me consacrai à ses douleurs. J'avais pris un logement rue Saint-Honoré, à l'hôtel d'Étanipes, prés de la rue Neuve -du -Luxembourg. M""^ de Beaumont occupait dans cette dernière rue un appartement ayant vue sur les jardins du ministère de la Justice. Je me rendais chaque soir chez elle, avec ses amis et les miens, M. Joubert, M. de Fontanes, M. d© Bonald, M. Mole, M. Pasquier, M. Chênedollé, hommes qui ont occupé une place dans les lettres et dans les affaires.
i jin,, Vigée-Lebrua (17515-1842). Elle était la fille du peintre Vigée et reçut les conseils de Vernet. Plusieurs portraits, entre autres celui de la duchesse d'Orléans et de la reine Marie-Antoinette la mirent à la mode. Elle peignit la plupart des mondaines en vue aux dernières années du siècle: elle avait de la facililé, un sens très juste du costume, une couleur lumineuse et chaude.
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