‹ Lectures choisiesChapitre 107 sur 145 · Cf. Virgile, Oéorg., III, 3G · texte numérisé non relu

Cf. Virgile, Oéorg., III, 3G

. . . Staiit circunifusa pruinis Corpora magna houm, confi^rloqui' aginiiic curvi Torponl mole nova et summis vix cornibus cxtant.

C'est-i-dirc : « Les bœufs s'arrêtent enveloppée par les frimas, et les cerfs, se serrant les uns contre les autres, tomiient sous des couches de neige nouvelles it mollirent à peine la pointe de leur.i cornes. »

8. Ou sait que les cornes, coiisiibM'écs cornnic un signe do force et de fécondité, sont, dans l'iiuriennc mytliologii>, un attribut des llcuvcs.

Saliens mettent à flot leurs bateaux de cuir ^, et nous frappent à coups de rames et d'avirons. Mérovée s'était fait une nacelle d'un large bouclier d'osier ^ : porté sur cette conque guerrière, il nous poursuivait escorté de ses pairs ^ qui bondissaient autour de lui comme des Tritons^. Pleines d'une joie insensée ^, les femmes battaient des mains et bénissaient les flots libérateurs. Partout la lame croissante se brise et jaillit contre les armes: partout disparaît le cavalier qui se noie, le fantassin qui n'a plus que son épée hors de l'eau; des cadavres qui paraissent se ranimer roulent avec les algues, le sable et le limon. Séparé du reste des légions, et réuni à quelques soldats, je combattis longtemps une multitude de Barbares ; mais enfin, accablé par le nombre, je tombai percé de coups, au milieu de mes compagnons étendus morts à mes côtés.

« Je demeurai plusieurs heures évanoui. Quand je rouvris les yeux à la lumière, je n'aperçus plus qu'une grève humide abandonnée par les flots, des corps noyés à moitié ensevelis dans le sablé, la mer retirée dans un lointain immense et traçant à peine une ligne bleuâtre à l'horizon ". Je voulus me soulever, mais je ne pus y parvenir, et je fus contraint de rester couché sur le dos, les regards attachés au ciel. Tandis que mon âme flottait entre la mort et la vie, j'entendis une voix prononcer en latin ces mots : « Si quelqu'un respire encore ici, qu'il parle. » Je tournai la tête avec effort, et j'entrevis un Franc, que je reconnus pour esclave à sa saye '' d'écorce de

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