Expreisiou du prophète Isa'ie
Alexandre commit des crimes : sa tête n'avait pu résister à l'enivrement de ses succès; mais par quelle magnanimité ne raclieta-t-il pas les erreurs de sa vie ! Ses crimes furent toujours expiés par ses pleurs : tout, chez Alexandre, sortait des entrailles. Il finit et commença sa carrière par deux mots sublimes. Partant pour combattre Darius, il distribue ses États à ses capitaines : « Que vous réservez-vous donc ? » s'écrient ceux-ci étonnés. — « L'espérance !» — « A qui laissez-vous l'empire ? » lui disent les mêmes capitaines, comme il expirait. — « Au plus digne ! » Plaçons entre ces deux mots la conquête du monde achevée avec trente-cinq mille hommes en moins de dix ans; et convenons que si quelque homme a ressemblé à un dieu parmi les hommes, c'était Alexandre. Sa mort prématurée ajoute même quelque chose de divin à sa mémoire; car nous le voyons toujou;? jeune, beau, triomphant, sans aucune de ces infirmités de corps, sans aucun de ces revers de fortune, que l'âge et le temps amènent. Cette divinité s'évanouit, et les mortels ne peuvent soutenir le poids de son ouvrage : « Son empire, dit le prophète*, est donné aux quatre vents du ciel. »