‹ Lectures choisiesChapitre 142 sur 145 · LES ALPES OU L'ITALIE · texte numérisé non relu

LES ALPES OU L'ITALIE

Donc reconnaissez-vous au fond de vos abîmes

Ce voyageur pensif, Au cœur triste, aux cheveux blanchis comme vos cimes,

Au pas lent et tardif?

Jadis de ce vieux bois où fuit une eau limpide,

Je sondais l'épaisseur, Hardi comme un aiglon, comme un chevreuil rapide,

Et gai comme un chasseur.

Alpes, vous n'avez point subi mes destinées!

Le temps ne vous peut rien * ; Vos fronts légèrement ont porté les années

Qui pèsent sur le mien.

Pour la première fois, quand, rempli d'espérance,

Je franchis vos remparts 2, Ainsi que l'horizon, un avenir immense

S'ouvrait à mes regards.

L'Italie à mes pieds et devant moi le monde,

Quel champ pour mes désirs!

Je volai, j'évoquai cette Rome féconde

En puissants souvenirs^.

Du Tasse une autre fois je revis la patrie :

Imitant Godefroi, Chrétien et chevalier, j'allai vers la Syrie

Plein d'ardeur et de foi.

Ils ne sont plus ces jours que point mon cœur n'oublie,

Et ce cœur aujourd'liui.

Sous le brillant soleil de la belle Italie,

Ne sent plus que l'ennui.

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