‹ Lectures choisiesChapitre 78 sur 145 · Dans la quatrième partie, iutituléu Cultt · texte numérisé non relu

Dans la quatrième partie, iutituléu Cultt

et les jeunes filles laissent leurs fuseaux, leurs brebis et le? fontaines pour assister à la fête.

On s'assemble dans le cimetière de la paroisse, sur les tombes verdoyantes des aïeux. Bientôt on voit paraître tout le clergé destiné à la cérémonie : c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de curé, et ce nom vénérable dans lequel est venu se perdre le sien, indique moins le ministre du temple que le père laborieux du troupeau. 11 sort de sa retraite, bâtie auprès de la demeure des morts, dont il surveille la cendre. Il est établi, dans son presbytère, comme une garde avancée aux frontières de la vie, pour recevoir ceux qui entrent et ceuxqui sortent de ce royaume des douleurs. Un puits, des peupliers, une vigne entour de sa fenêtre, quelques colombes', composent l'héritage de ce Roi des sacrifices.

Cependant l'apôtre de l'Évangile, revêtu d'un simple surplis, assemble ses ouailles devant la grande porte de l'église ; il leur fait un discours, fort beau sans doute, à en juger par les larmes de l'assistance. On lui entend souvent répéter : Mes enfants, mes chers enfants, et c'est là tout le secret de l'éloquence du Ghrysostome champêtre.

Après l'exhortation, l'assemblée commence à marcher en chantant : « Vous sortirez avec plaisir, et vous serez reçu avec joie; les collines bondiront et vous entendront avec joie. » L'étendard des saints, antique bannière des temps chevaleresques, ouvre la carrière au troupeau, qui suit pêle-mêle avec son pasteur. On entre dans des chemins ombragés et coupés profondément par la roue des chars rustiques; on franchit de hautes barrières formées d'un seul tronc de chêne ; on voyage le long d'une haie d'aubépine où bourdonne l'abeille, et où sifflent les bouvreuils et les merles. Les arbres sont couverts de leurs (It^urs ou parés d'un naissant feuillage. Les bois, les vallons, les rivières, les rochers entendent tour à tour les hymnes des laboureurs. Étonnés de ces cantiques, les hôtes des champs sortent des blés nouveaux, et s'arrêtent à quelque distance, pour voir passer la pompe villageoise ^.

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