‹ Lectures choisiesChapitre 80 sur 145 · Dans lAbiifiir de Ducis · texte numérisé non relu

Dans lAbiifiir de Ducis

4. C'est presque unureu. Chateaubriand a « sanctitié » sou Tîe/i^ après coup»

tastrophe empruntée à la fois de l'antiquité païenne et de l'antiquité sacrée. L'auteur, même alors, n'eut pas tout à faire; car il trouva cette histoire presque naturalisée chrétienne dans une vieille ballade de Pèlerin, que les paysans chantent encore dans plusieurs provinces * . Ce n'est pas par les maximes répandues dans un ouvrage, mais par l'impression que cet ouvrage laisse au fond de l'âme, que l'on doit juger de sa moralité. Or, la sorte d'épouvante et de mystère qui règne dans l'épisode de René, serre et contriste le cœur sans y exciter d'émotion criminelle. Il ne faut pas perdre de vue qu'Amélie meurt heureuse et guérie, et que René finit misérablement. Ainsi le vrai coupable est puni, tandis que sa trop faible victime, remettant son âme blessée entre les mains de celui qui retourne le mala'k sur sa couche, sent renaître une joie ineffable du fond même des tristesses de son cœur. Au reste, le discours du père Souël ne laisse aucun doute sur le but et les moralités religieuses.de l'histoire de René ^.

A l'égard d'Atala, on en a tant fait de commentaires, qu'il serait superflu de s'y arrêter. On se contentera d'observer que les critiques qui ont jugé le plus sévèrement cette histoire, ont reconnu toutefois qu'e//e fiisait aimer la religion chrétienne, et cela suffit à l'auteur. En vain s'appesantirait-on sur quelques tableaux ; il n'en semble pas moins vrai que le public a vu sans trop de peine le vieux missionnaire, tout prêtre qu'il est, et qu'il a aimé dans cet épisode itidien la description des cérémonies de notre culte. C'est Alala qui a annoncé, et qui peut-être a fait lire le Génie duChrislianisme;ceUe Sauvage a réveillé danp un certain monde les idées chrétiennes, et rapporté pour ce monde la religion du père Aubry des déserts où elle était exilée.

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