HONNEUR AUX MAITRES
Théodose-le-Grand, empereur romain, çonamcu qu'une naissance illustre et les.richesses
sont fort peu de chose sans une bonne éducation, donna ordre de chercher dans tous ses Etats l'homme le plus renommé par sa science et sa sagesse. Il se trouva que c'était le philosophe Arsène. L’ayant fait venir à sa cour, il lui confia son fils Arcadius, pour qu'il dirigeät son éducation et le formât à la science et à la vertu.
Le jeune prince, tout fier de ce qu’il était le fils de l’empereur, prenait ses leçons assis, et exigeait que le philosophe restât debout devant lui.
Théodose ne tarda pas à le savoir; arrivant donc un jour à l’improviste à l'heure de la leçon, il adressa à son fils cette réprimande:
« Lève-toi, et cède cette place à ton maitre. Les richesses et la naissance sont un don du hasard, et tu n’as pas le droit de ten faire le moindre mérite. Dieu, d’ailleurs, peut te les ôter d’ici à demain. Il n’en est pas de même de la sciente et de la sagesse du philosophe ton maitre : c'es un mérite qui est vraiment à lui, il lui appar tient en propre, et lui donne droit au respect de tous. Lève-toi donc, et, tout fils d'empereur que tu es, cède ta place à ton maitre. »
Voilà l’idée que le grand Théodose se faisai du respect que les enfants doivent à ceux qu sont chargés de les instruire. Et cependant on voit certains écoliers qui se permettent de faire
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raison qu'il est pauvre, peut-être, et qu'eux sont les fils d’un grand propriétaire, d’un riche cultivateur, du médecin, du notaire, du marchand ou du maire de leur village.
Dites-moi, mes petits amis, que faut-il penser de ces écoliers-là ?
Un écolier, s’il a un bon cœur, aime et respecte ses maitres. QUINTILIEN,
Quand nous sortons des mains de la nature, nous sommes comme un bloc de marbre brut et informe. Pour nous rendre tels que nous devons être, il faut qu'on nous redresse, qu'on nous instruise, qu'on nous éclaire, ainsi qu’on travaille et qu’on polit le marbre pour en faire une belle Statue. Or, c’est à nos maitres qu'est dévolu ce travail ; ce sont eux qui. par leurs soins assidus, forment notre esprit et notre cœur. Quel amour, quelle reconnaissance ne doit donc pas nous inspirer un si grand bienfait !
L’ABsé REYRE,
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