LA MANNE
ram:
Le passage si miraculeux de la mer Rouge dit remplit les plus insensibles d’entre les Juifs d’ad- D béni miratior et de reconnaissance. Ils se joigni- Æ de se rent à Moïse, qui chanta à Dieu un excellent ayan cantique d'action de grâces, pour nous apprendre man à fuir l’ingratitude dans les biens que Dieu nous auss: fait. Marie sa sœur assembla de même les lant femmes, qui chantèrent sur la harpe et sur les inqu tambours des hymnes de réjouissance. Mais du le lorsqu'ils furent délivrés de ces ennemis, la faim que, qui les pressait dans la solitude les jeta bientôt Æ du £ dans le murmure contre Moïse, qu’ils voulaient d'en rendre responsable de tous les maux qui leur JE pait arrivaient. Après que ce fidèle ministre duSei- LE autre
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gneur eut représenté au peuple que ces plaintes retombaient sur Dieu même, il leur promit néanmoins que Dieu leur donnerait À manger.
Il le fit en effet; et dès le soir même il fit venir dans leur camp une grande quantité de caiiles, et le lendemain matin il fit pleuvoir '1 manne sur la terre, qu'il leur envoya depuis pendant les quarante ans qu'ils demeurèrent dans le
| désert. Les Juifs fur. nt surpris lorsqu'ils virent
la terre couverte de cette divine nourriture; et comme ils en témoignèrent leur étonnement, Moïse leur répondit que c’était là le pain que Dieu leur envoyait du ciel. Il leur ordonna de venir tous les matins, avant le lever du soleil, ramasser cette manne, poür apprendre, comme dit l’Ecriture, à prévenir le lever du soleil, et à bénir Dieu de grand matin, en lui rendant grâces de ses soins ; car, lorsque le soleil était un peu avancé, il n’était plus temps d’aller recueiilir la manne, et elle 5e fondait. Moïse leur défendait aussi d’en garder pour le lendemain, Dieu voulant que les hommes apprissent dès lors à n’être inquiets que du jour présent, et à laisser le soin du lendemain à sa providence. Enfin il leur dit que, pour observer plus religieusement ie jour du Sabbat, ils eussent soin, le jour précédent, d'en ramasser pour deux fois ; elle ne se corrom-
| pait point alors comme celle qu'on gardait les
autres jours.
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@ette figure mayg'e visiblement l’Eucharistie, comme Jésus-Christ le témoigne lui-même dans l'Evangile. Et l’on peut dire que, quelque admirable que fût cette nourriture des Juifs, ils n’ont eu ence point, non plus que tous les autres, aucun avantage sur les Chrétiens, qui ont plus véritablement qu'eux la manne du ciel et le pain des Anges, que Jésus-Christ donne à ceux qui sont sortis d'Egypte, c’est-à-dire de la corruption du monde, et dont il les console et les soutient dans le désert de cette vie, jusqu’à ce qu’ils entrent dans la véritable terre promise, comme les Juifs furent soutenus de la manne jusqu'au moment où ils entrèrent dans la terre de Chanaan. C'est pourquoi les Chrétiens sont obligés de ménager cette grâce, mieux que ne firent autrefois les Juifs, et d'éviter, pour cette nuurriture céleste, le dégoût que les Juifs témoignèrent pour la manne ; car, de quelque admiration que les Juifs fussent frai. pés en la recevant, ils s'y accoutumèrent bientôt ; et ils préférèrent depuis à cette nourriture miraculeuse les poireaux et les oignons de l'Egypte.
Cette injure qu'ils firent à la manne est l’image de celle que les Chrétiens font à J.-C. dans son Sacrement, lorsqu'ils osent s'approcher de cette nourriture sacrée, sans s'éprouver eux-mêmes, sans discerner le corps du Seigneur, et que, mélant les viandes de l'Egypte avec le pain de J.-C, ils tâchent d’allier ensemble Le ciel et la terre.
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