‹ Lectures courantes [microforme]Chapitre 117 sur 162 · J0B SUR LE FUMIER · texte numérisé non relu

J0B SUR LE FUMIER

Le saint homme Job, qui est devenu si fameux par son humble patience, avait, durant toute sa vie, allié deux choses bien difficiles: une grande vertu avec de grandes richesses. Il était, dit

A l'Ecriture, juste, simple et craignant Dieu. Il ne

D pis ns Si AE 7 A x Ed eq SR — . nn ns re L ue nr! mess

se contentait pas de se retirer du mal, mais il ne

se lassait point d’instruire aussi ses enfants dans |

la crainte de Dieu et lui offrait souvent des sacri. fices pour les péchés secrets qu’ils auraient pu commettre. Le démon ne put souffrir une si grande vertu sans entreprendre de l’ébranler, Il

osa porter ses calomnies jusqu’à Dieu même, et |

ne trouvant rien dans la vie de Job qu’il pût blâmer, il accusa ses intentions cachées, préten. dant qu’il ne servait Dieu qu’à cause des Gvantages temporels qu’il en recevait. Dieu, pour

confondre ce calomniateur, lui donna la puis:

sance de ravir au saint Éomme tout son bien, Le démon usa de ce pouvoir avec toute sa fureur

et sa malice; et pour mieux accabler Job par |

une multitude de malheurs subits, il fit en même temps piller ses troupeaux par des voleurs, périr ses brebis par le feu du ciel, emmener ses chameaux par les ennemis, et mourrir tous ses enfants sous les ruines d’une maison qu'il fit tomber pendant qu'ils étaient à table,

Job reçut tout: à la fois ces tristes nouvelles sans que sa vertu en fût ébranlée, Ilse pros terna en terre, il bénit Dieu et dit ces paroles, qui depuis sont devenues si cèlèbres: Dieu me la donné; Dieu me l'a ôté : il en est arrivé comme i a plu au Seigneur ; que son saint nom soit béni. L’innocence, que ce saint homme conserva en

cette rencontre, et qui ne servit qu’à

vert augt enco chai qu'a cord.

sa I rien

vitet Alor:

table

ses D

et à pour

Dquis ce qt

sa fe]

dal

à la que

ticha

ter at

| mais

Comm reçu recevr Ce] malh

E cun d

al, maïs il ne

enfants dans ent des sacri.

auraient pu iffrir une si l’ébranler, Il

eu même, et |

[ob qu’il pût hées, prétense des avan-

Dieu, pour

nna la puis-.

ut son bien.

ate sa fureur

bler Job par |

fit en même oleurs, périr ner ses Chatous ses enw’il fit tom-

>s nouvelles

Il se prosces paroles, S: Dieu me rrivé comme om soil béni.

à qui s’y formaient.

lc qu’il possédait autrefois dans le monde que

vertu plus pure, plus ferme et plus éclatante, augmenta la fureur du démon. Il demanda encore à Dieu le pouvoir de le frapper dans sa chair, parce qu’il ne peut rien contre les saints, qu'autant que Dieu le lui permet. Dieu lui accorda sa demande, pour confondre encore plus sa malignité et pour faire voir qu'il n'y avait rien que de très-sincère dans la vertu de son serviteur; mais il lui ordonna de conserver sa vie. Alors le démon frappa Job d'un ulcère épouvantable qui couvrit tout son corps. Privé de tous

ses biens, il fut réduit à s’asseoir sur un fumier

et à racler avec un morceau de pot de terre la pourriture qui sortait de ‘ses plaies, et les vers Il ne lui restait alors de tout

sa femme seule, qui lui fut un nouveau sujet l'afliction ; car, cette femme s'étant persuadée, à la vue des malheurs qui arrivaient à son mari, que la piété de ce saint homme était inutile,

| ticha, par ses discours et ses reproches, de le nor-

ler au désespoir et au blasphème contre Dieu :

mais Job se contenta de lui dire: Vous parlez

(omme une femme insensée; puisque nous avons reçu le bien de la main de Dieu, pourquoi n'en 'écevrions-nous pas aussi des maux ?

Cependant trois amis de Job, ayant appris les

malheurs qui lui étaient arrivés, partirent cha-

tun de leur pays, ayant pris jour pour le venir

ee

voir ensemble et le consoler. Dès qu'ils l’eurent aperçu de loin, ils commencèrent à verser des larmes, et à témoigner, par toutes les marques les plus sensibles, la part qu’ils prenaient à son aflliction. Mais, lorsqu'ils virent de plus près l'état pitoyable où ce saint homme était réduit, ils demeurèrent comme interdits; en sorte qu'ils restèrent assis auprès de lui sur la terre pendant sept jours et sept nuits, sans pouvoir lui dire une parole. Ils ne rompirent enfin ce long si. : lence que pour lui causer un nouveau surcroit d’afliction ; car Job ayant commencé à parler, et à représenter par de fortes expressions l’excès de sa douleur, ses amis, qui ne jugeaient de l’état où ils le voyaient que par des vues purement humaines, s’'efforcèrent de lui prouver, par de longs discours, qu’il fallait qu’il eût commis de grands crimes, et que les maux dont il était accablé ne pouvaient être que les effets de la colère de Dicu justement irrité contre lui. Job fut extrême. ment sensible à ces reproches; il avoua qu’à la vérité personne n'était entièrement exempt de péché devant Dieu; que quand il reconnaitrait en soi quelque trace de justice, il n’oserait pas |; répondre à un juge si éclairé, et qu’il le conjurait hbumblement de lui pardonner ; mais il ajouta que, quand Dieu même lui ôterait la vie, il ne laisserait pas d'espérer en lui; qu’il savait que son rédempteur était vivaut; que son corns, À

qu’ils l’eurent

de plus près > était réduit, 2n sorte qu'ils

terre pendant

voir lui dire n ce long si veau surcroit ncé à parler, ssions l'excès aient de l’état purement hu- , par de longs nis de grands it accablé ne olère de Dicu fut extrême.

voua qu’à la t exempt de reconnaitrait n'oserait pas | J le conjurait

ais il ajouta , la vie, il ne 1 savait que | Son COIPS,

malgré toute la pourriture dont il était couvert, ressusciterait au dernier jour,et serait rétabli dans sa première vigueur ; qu’en cet état il aurait le bonheur de voir son Dieu, et que cette espérance, qui faisait toute sa consolation, demeurerait toujours dans son cœur. Il crut cependant devoir justifier son innocence attaquée par les jugements téméraires de ses amis; mais il se serait inutilement efforcé de persuader ces esprits prévenus, si Dieu même n’eût parlé en sa faveur.

Dieu déclara donc qu’il était en colère contre les amis de Job à cause des discours qu’ils avaient tenus ; il justifia son serviteur des reproches qu’on lui avait faits et il nous apprit par-là qu'il envoie quelquefois des afilictions aux justes, non pour punir leurs péchés, mais pour exercer leur vertu, et donner lieu à leur mérite. Il déclara encore qu'il ne pardonnerait aux amis de Job, qu’à la prière de son serviteur. Ensuite Dieu rendit au saint homme, avec la santé du corps, le double de toutes les richesses que le démon lui avait enlevées; il lui donua un nombre d'enfants égal à celui qu'il avait perdu, etily ajouta une longue et heureuse vieillesse : en sorte que ce saint homme vécut encore jusqu’à cent quarante ans; il eut la tonsolation de voir les eufants de ses enfants jusqu’à la quatrième génération. Mais comme

il n'avait pas souffert en vue de ces avantages

temporels, nous ne devons aussi les regarder que comme une faible image de la gloire dont Dieu couronne la patience dans le ciel: gloire ineffable, que Jésus-Christ a proposée à ses disciples comme le vrai prix de leurs travaux et de leurs souffrances.

Page 1