‹ Lectures courantes [microforme]Chapitre 118 sur 162 · LES ENFANTS DANS LA FOURNAISE · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DANS LA FOURNAISE

Le roi Nabuchodonosor ayant fait faire une grande statue d’or, haute de soixante coudées et large de six, commanda à tous ses sujets de ladorer. Quelques esprits envieux, ayant pris OCCasion de cet édit du roi d'observer les trois jeunes hommes hébreux, Ananie, Mizaël et Azarie, dont la grande élévation leur déplaisait, les accusèrent devant le roi de ne pas adorer la statue comme tous ses autres sujets. Ce prince fut fort irrité de ce rapport; mais sa colère n’étonna point ces jeunes hommes, qui représentèrent humblement au roi que le Dieu qu'ils adoraient pourrait bien, s’il le voulait, les tirer d'entre ses mains ; mais que, quand mêmes il ne lui plairait pas de le faire, ils n’adoreraient pas néanmoins sa statue ni ses autres dieux. Nabuchodonosor ne put souffrir cette fermeté si grande ; se Croyani méprisé par ces jeunes hommes, qui ne lui pré-

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L'ange du Seigneur parut visiblement dans la fournaise avec ces trois jeunes hommes, et il arrêta la violence du feu, qui épargna même leurs habits et ne consuma que leurs liens. Ils trouvèrent une douce rosée au milieu des flammes * et, brülant dans le cœur d’un feu plus ardent que n’était celui qui les environnait au dehors, ils rendirent grâces à Dieu d’une protection si visible, et invitèrent toutes les créatures à le bénir avec eux. Le roi, surpris de ce miracle, les fit sortir de cette fournaise, et il commanda à tout son peuple d’adorer le Dieu que ces jeunes hommes servaient, par un édit solennel conçu en ces termes : « Le Dieu très-haut a fait en mon royaume des merveilles et des prodiges; c’est pourquoi nous avons résolu de publier ses merveilles, parce qu’elles sont étonnantes, et ses prodiges, parce qu’ils sont grands. Son royaume est un royaume éternel, et sa puissance s'étend dans la succession de tous les siècles. »

Les saints Pères remarquent que ces jeunes hommes dans la fournaise sont les images des saints dans l’affliction. Le feu ne brûle que leurs liens ; l'afliction, de même, ne consume que ce

qu'il y a de faible et de moins pur dans les serviteurs de Dieu : un ange descend avec eux dans une fournaise ; Dieu est lui-même dans le cœur de ceux qui souffrent pour lui. Et comme le feu de la fournaise devint une rosée pour ces saints, et ne consuma que ceux qui les y avaient jetés, ainsi les maux des justes les consolent et les sanc tifient, et ne retombent que sur ceux qui les font souffrir. Mais ces punitions étaient autrefois extérieures et visibles, au lieu que maintenant elles sont tout intérieures et invisibles.

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