CRUCIFIEMENT
Jésus-Christ étant arrivé sur le Calvaire, où se devait offrir ce grand sacrifice qui avait été figuré dès la création du monde, et dont la vertu efficace devait passer jusque dans la suite de tous les siècles, on lui donna d’abord à boire du vin de myrrhe, mêlé avec du fiel Mais lorsqu'il en
eut goûté, il n’en voulut point boire. On lui ôta ensuite ses vûtements, on l’attacha sur la croix entre deux voleurs qu’on avait amenés avec lui, afin qu'il pass aussi lui-même pour un scélérat, J.-C., comme ‘1 agneau qui demeure muet devant celui qui l’égorge, ne s’étant plaint d'aucune. de ces cruautés, et n'ayant jeté aucun cri dans ces douleurs violentes, n’ouvrit la bouche que pour prier son Père de pardonner ce crime à ses persécuteurs, parce qu'ils ne savaient ce qu’ils faisaient. Mais pendant qu’il n'avait que des sentiments de douceur pour ses ennemis, ils l’insultaient en cet état même, et lui disaient en branlant la tête: « Toi qui détruis le temple de Dieu et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même; si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix.» Tout le peuple aussi le regardait en se raillant de lui. Les princes des prêtres l’outrageaient encore davantage, en l’accusant de faiblesse, et en lui reprochant d’avoir pu sauver les autres et de ne pouvoir se sauver luimême. Les soldats aussi mêlaient leurs insultes à celles des autres ; et, outre les paroles de moquerie, ils lui présentaient du vinaigre à boire. Il n’y eut pas même jusqu'aux larrons qui étaient crucifiés avec lui qui ne l’insultassent, et un d'eux en blasphémant lui dit: «Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même, et sauve-nous aussi avec toi.»
Mais l’autre, étant tout à coup éclairé dans l’ême
n lui Ôta la croix avec lui, scélérat, muet det d’aucuucun cri a bouche 8 crime vaient ce vait que ennemis, t lui didétruis le is Jours, de Dieu, ussi le reinces des e, en l’acl'avoir pu auver luis insultes 5s de moe à boire.
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ans l'âme
‘les saints qui puissent bien comprendre le mys-
et changé dans le cœur par une conversion qui a été la cunsolation de bien des âmes et un sujet de ruine pour beaucoup d’autres, soutint J.-C. contre £°n compagnon, et dit hautement que pour eux ils r’avaient que ce qu’ils avaient mé
rité, mais que J.-C. était innocent. Et s’adressant à J.-C. qu'il reconnaissait pour roi autrement que n'avait fait Pilate, par le titre qu’il avait fait mettre sur la croix, il le pria de se souvenir de lui quand il serait dans le royaume. Et J. C. promit de l'y faire entrer dès ce jour-là même, faisant dès lors l'office de juge en sau-' vant l’un de ces voleurs, pendant qu’il laissait l'autre dans son impénitence.
Jésus-Christ ayant vu la sainte Vierge au pied de la croix avec saint Jean, lui dit en lui montrant ce disciple : «Femme, voilà votre fils» Puis il dit à saint Jean en lui montrant la sainte Vierge : «Voïlà votre mère» IL jeta un peu après un grand cri, et dit à son père : «Mon Père, pourquoi m’avez-vous abandonné ?» Enfin, sachant qu’il avait accompli jusqu’à la moindre circonstance tout ce qui avait été marqué de lui par les prophètes, pour achever le reste ildit: «J’ai soif» Et apres avoir pris un peu de vinaigre et recommandé son âme à son Père, il baissa la tête et expira.
Les SS. Pères nous enseignent qu’il n’y a que
tère de J.-C. crucifié. C'est de ce mystère qu'on peut dire que les choses saintes sont pour les saints. Il faut que ce soit le Saint-Esprit qui Ôte lui-même le voile de dessus nos yeux, pour nous donner entrée dans le mystère impénétrable à toute la sagesse humaine, selon cette parole excellente de S. Bernard : J.-C. meurt sur une croix, et mérite d’être aimé. Il donne ensuite son esprit, qui le fait aimer. Mais si le St-Esprit (n’est donné à l'homme, il verra J.-C. crucifié, et ine l'aimera point. Quelle confusion pour un ‘chrétien de voir J.-C. mourant, et de le voir avec des-yeux ingrais, sans être touché d'amour pour celui qui lui donne son sang el sa vie!