RÉSURRECTION
Jésus-Christ étant dans le tombeau, les J uifs ne furent pas satisfaits encore; el craignant qu'on ne publiât qu'il était ressuscité, ils allèrent trouver Pilate, ils lui dirent que cet imposieur avait dit, étant encore vivant, qu’il ressusciterait après sa mort; qu'ils le priaient donc de faire garder le sépulcre, de peur que ses disciples n'enlevassent son corps et ne fissent ensuite courir le bruit parmi le peuple qu'il était ressuscité. Ils s'aveuglèrent eux-mêmes par leur propre sagesse, et, voulant détruire par avance la résurrection
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de J.-C, ils en établirent la foi par des preuves convaincantes. :
Lorsque le sépulcre était ainsi gardé, et que la picrre qui le fermait était scellée, il se fit tout à coup un grand tremblement de terre.
L'ange du Seigneur descendit du ciel, ôta la pierre qui fermait le tombeau, et s’assit dessus. Ses yeux brillaient comme un éclair, et ses vétements éclataient comme la neige. Les gardes qui veillaient auprès du sépuicre en furent frappés de terreur et devinrent comme morts. Ils retournèrent ensuite à Jérusalem, et dirent aux prêtres tout ce qui était arrivé. Les prêtres s’assemblèrent aussitôt pour voir entre eux ce qu’ils avaient à faire, et ils ne trouvèrent point d'autre remède à une chose si visible, que de corrompre ces gardes par une grande somme d'argent qu'ils leur donnèrent, afin de leur faire dire que pendant qu’ils dormaient ses disciples étaient venus l'enlever.
Cependant Marie-Madeleine et quelques autres saintes femmes dont la charité était toujours la même pour J.-C. vivant ou mort, étant venues au sépulcre de grand matin pour apporter de nouveaux parfums au corps du Sauveur, se demandèrent entre elles qui leur Ôterait la pierre qui fermait l'entrée du sépulcre. Mais elles furent bien surprises, en approchant du tombeau, de le voir ouvert, et encore plus lorsque y étant
entrées elles n’y trouvèrent plus celui qu'elles y cherchaient. Sainte Madeleine courut aussitôt en avertir les apôtres, et saint Pierre, étant venu au sépulcre avec-saint Jean, y entra et vit les linges dont on avait enveloppé le corps de Jésus. Mais, lorsqu'ils s’en retournaient étant frappés d’étonnement, Marie-Madeleine demeura au sépulcre, où elle répandit beaucoup de larmes. Deux anges, vêtus de blanc, dont l’un était à la tête et l’autre au pied du lieu où le corps de Jésus avait été mis, lui demandèrent ce qu’elle avait à pleurer. À quoi elle répondit qu’on avait enlevé son maitre, et qu’elle ne savait où on l’avait mis. Mais, s'étant retournée, elle vit J.-C. en forme de jardinier, qui lui demanda ce qu'elle avait à pleurer. Elle lui dit que si c'était lui qui eût enlevé son maître, il lui dit où il l'avait mis. Jésus ne lui dit que ce mot: Marie. Et aussitôt, en étant transportée, elle courut pour embrasser les pieds du Sauveur, qui l'en empêcha et lui ordonna d'aller dire à ses disciples ce qu’elle avait vu. nt
C'est la première apparition que l'Evangile marque de J.-C. ressuscité, dont l'amour persévérant de cette bienheureuse pécheresse fut enfin si heureusement récompensé. La résurrection de J‘-C. parut aux saints Pères un si grand mystère, qu'ils ont dit qu'il valait mieux en adorer humblement la grandeur, que de le vouloir pé-
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nétrer. Rien ne nous peut mieux inspirer l'aversion de toute la gloire du monde que les circonstances qui l’'accompagnent, puisqu'elles font toutes connaître aux Chrétiens qu'ils ne sont pas pour cette vie, mais pour une autre, dont J.-C. ressucitant nous a ouvert l'entrée en nous rendant victorieux, comme lui, de la double mort du corps et de l’âme.