PENTECOTE
Jésus-Christ, montant au ciel, commanda à ses apôtres d'attendre en patience dans Jérusalem le don du St-Esprit, qu’il leur avait promis tant de fois, et qui devait être l'effet de sa gloire. C'est pourquoi, étant retournés de la montagne des Oliviers où J.-C. les avait quittés, ils se tinrent renfermés dans une maison où ils passaient les jours en prières continuelles, pour attirer le St-Esprit, quoiqu'ils fussent déjà assurés de le recevoir.
Pendant ce temps St. Pierte, inspiré de Dieu, dit à tous les autres disciples que, pour remplir la place de Judas, qui avait trahi le Sauveur, il fallait élire quelqu'un d’entre ceux qui avaient toujours été avec J.-C. depuis le baptême de $. Jean jusqu’à son ascension. C'est pourquoi deux disciples ayant été choisis parmi tous les autres, Joseph surnommé le Juste, et Mathias, ils prièrent Dieu, qui préside au sort, de montrer qui de ces deux il avait choisi pour être apôtre, et le sort tomba sur S. Mathias.
Lorsque le temps de la Pentecôte, c’est-à-dire cinquante jours après Pâques, fut accompli, dix jours après l'ascension du Sauveur, il se fit tout à coup un grand bruit comme d’un vent impêtueux, qui remplit tonte la maison où les dis- Ciples étaient assemblés. Il parut en même
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temps comme des langues de feu qui se reposaient sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du St-Esprit, etils parlaient tous diverses langues, selon que le St-Esprit les faisait parler.
Tout Jérusalem, qui était plein alors d’une mfinité de différents peuples, fut étrangement surpris de ce miracle, et de voir des personnes qu'ils savaient être de la Galii‘e parler néanmoins tant de langages différents, Ils se demandaient l’un à l’autre d'où pouvait venir ce prodige. Et quelque-uns disaient qu'ils étaient ivres. Mais $. Pierre éleva hardiment la voix pour réfuter cette calomnje, et leur montra que ce qu'ils voyaient était l’accomplissement des oracles des prophètes, et l'ouvrage de Jésus qu’ils avaient . rucifié, ce qu’il fit avec tant de force, eten même temps avec tant de sagesse, que sa prédication convertit trois mille hommes.
On reconnut alors la vérité de ce que $. Jean dit dans l’Apocalypse : que l'Eglise était vraiment descendue du ciel, et que J.-C., comme un pontife éternel, selon que l'appelle David, bâtit en ce jour un temple à 1a gloire de son Père.
Il voulut rendre ce mystère sensiule, afin que ses ennemis, qui étaient en foule à Jérusalem, n'en pussent douter. Il témoigna alors qu'il était victorieux de ceux qui l'avaient crucifié, et que leur fureur n'avait servi qu’à accomplir ses desseins ; il rendit son Eglise sainte comme un mo-
nument éternel de sa vietoire, qui fera voir jusqu’à la fin des siècles que les hommes et les démons seront toujours confondus dans les entreprises qu'ils feront contre J.-C. et contre ses membres.
L'admiration où tous les saints ont été du don que Dieu fit en ce jour aux hommes, nous fait juger aisément qu'on ne doit rien désirer sur la terre que le St-Esprit; et les retards dont Dieu a usé pour envoyer le St-Esprit sur la terre, nous font assez voir avec quelle ardeur on doit le demander lorsqu'on ne l’a pas encore, et avec quel soin on doit le conserver lorsqu'on. l’a reçu.
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