LES TROIS RÈGNES DE LA NATURE
Un grand-papa donnait une leçon d'histoire naturelle à ses deux petits-fils, Emile etJean. Il leur disait : « Toutes les choses, mes chers enfants, que nous pouvons voir, entendre ou toucher, peuvent se ranger en trois classes que l’on appelle les trois règnes de la nature.»
S'adressant ensuite à Emile, il lui dit : « Ramasse un caillou et remarques-en les caractères.
E.— Je vois que c’est un corps dur et pesant.
G.-P.— Si on le mettait en terre, germerait-il et croîtrait-il ?
E.--Oh! non, grand-papa, car il n’y a que les j'antes qui puissent germer et croître dans la terre. :
G.-P.— Très-bien, mon enfant! Une plante, un arbre, a la vie et peut, en effet, naître ou germer, croître et mourir : tandis qu’une pierre ne le peut pas.
«Mais une plante peut-elle de soi-même se Mouvoir, tourner, marcher ?
E.— Non, grand-papa : elle est de sa nature inerte, et demeure immobile.
G.-P.—En est-il de même d’un papillon, d'une mouche, d’un oiseau ?
E.— Non, grand-papa : ils volent et ils marchent.
G.-P.— Si vous touchiez un arbre et un papillon, le sentiraient-ils ?
J.— Le papillon le sentirait, mais non pas l'arbre.
G.-P.— Remarquez bien cette différence entre le caillou, qui n’a pas la vie, l'arbre, qui a la vie, mais qui n’a pas le mouvement ni la sensibilité, et le papillon, qui se meut et qui sent.
« Les cailloux, les pierres, la terre, le fer, l'or, l'argent, et toutes les autres choses qui n’ont nas la vie, composent le règne minéral.
« Les arbustes, les arbres, les fleurs, et en géné. ral toutes les plantes, ainsi que les choses que l’on en extrait, composent le règne végétal.
« Les papillons, les vers, les serpents, les poissons, les oiseaux, les chieñs, les chats, et tous les autres animaux, composent le règne animal.
« Avez-vous compris ?
— Oh! oui, répondirent ensemble Emile et Jean.
G:-P.—Je vais m'en assurer. A quel règne appartient la matière dont on fait une chaise ?
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E.— Une chaise es: faiie de bois et de paille : elle appartient au rè.,,0 \ igétal.
G.-P.—Très-bien répoudu.
« Et une serrure ?
E.— Une serrure est en fer; elle appartient
‘ au règne minéral.
J.— Oh! moi, grand-papa, dit le petit Jean, je sais des choses qui n’appartiennent à aucun de ces trois règnes.
G.-—P.— Lesquelles donc, mon cher enfant ?
J.— Mon pantalc:; et mon chapeau.
G-P.—Tu te trompes: ton pantalon est de drap, et l’on fait le drap avec la laine des moutons. Ton chapeau est de feutre, et l’on fait le feutre avec des poils de lièvre et de lapin.
J.— Oh! je comprends ; ils appartiennert au règne animal. |
G.-P.— Retenez bien cela. Tout ce que nous pouvons voir ou toucher peut être classé dans un des trois règnes de la nature.
« Gependant il convient de faire exception pour l'homme : créé à l’image de Dieu, il ne peut être mis sur le même rang que lesanimaux. Il pense et il parle, et par cela seul il est bien plus au-dessus de l'animal que celui-ci n’est au-dessus de la plante.
« Les végétaux et les animaux ont été faits pour l’homme et n’existent que dans le temps. L’homme a été fait pour Dieu et vivra dans l'éternité. »
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LXERCICES.
1. À qui un grand-papa donnait-il une leçon d'histoire naturelle ?—2?, En combien de classes peut-on ranger toutes les choses que nous pouvons voir, entendre ou toucher ?— 3. À quel règne appartiennent une pierre, un arbre, un papillon, un poisson et un chui ?—4. A quel règne appartient une serrure ?—5. Dans quel règne peut-on ranger un pantalon de drap et un chapeau de feutre ?—6. Pourquoi l’homme ne doit-il pas être mis sur le même rang que les animaux ?—7, Pour qui les végétaux et les animaux ontils été faits ?—8. Pour qui l’homme a-t-il été créé ? etc.