LE BLÉ
Isidore accompagnant son père dans une promenade, le priait de vouloir bien lui expliquer les différents travaux des gens de la campagne.
Celui-ci, très-satisfait de voir que son fils aimait à s’instruire, appela son attention sur la culture du blé. |
Il lui fit tout d’abord remarquer une charrue traînée par des bœufs, et ailleurs une autre trainée par des chevaux, et lui expliqua comment cet instrument pénetre dans la terre, la retourne et la dépose sur le côté, en laissant après soi un profond sillon.
« Le travail qui se fait maintenant, lui dit-il, est Ce qu'on nomme le /abour ou labourage. Il a pour but d’attendrir la terre pour qu'elle puisse
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être pénétrée par la pluie, et que les racines des plantes s’y développent aisément.
« Après le labour, vient l’ensemencement ou le semis: le cultivateur prend à poignées le grain destiné à cette fin, et le jette en l’éparpillant avec le plus d'égalité possible : c’est ce qu’on appelle semer à la volée.
«Au semis, succède un léger labour; et à celuici, le hersage. On attelle un cheval à une sorte de grand râteau à dents de fer appelé herse, et l’on parcourt avec vitesse tout le champ, afin de briser les mottes de terre et d'égaliser le sol. Dans le même but, on emploie quelquefois, après la herse, un grand rouleau qui achève d’égaliser le terrain et qui l’affermit.
» Là finit le premier travail du laboureur. Il se retire en se reposant sur la divine Providence du soin de faire germer et développer les grains qu'il a semés. Son espérance n’est point vaine.
(Par l'effet de 12 chaleur, de la lumière et de l'humidité, chaque grain se ramollit, et il en sort d'en bas une petite racine qui s'enfonce dans la terre, et d'en haut une petite tige qui cherche l'air et la lumière.
« La plante se nourrit d'abord ü’une partie du grain, ramollie par l'humidité ; elle prend ensuite dans la terre et dans l’air les aliments dont elle a besoin.
«Quand le blé a levé, les champs paraissent
verts comme des prés; les tiges montent et pré-
sentent bientôt un épi, qui, sous l’action du soleil,
mûrit et devient jaune comme de l'or.
« C’est alors le temps de la moisson. On coupe les tiges avec des faux ou des faucilles ; On en fait des javelles, et, de celles-ci, des gerbes que l’on met à l'abri de la pluie ; le moment venu, on bat les épis avec des fléau, ou on les froisse à la mé. canique, afin d’en détacher je grain. On vanne celui-ci pour en ôter les débris de paille et les petites pierres qui y sont encore mêlés, et on le met dans des sacs que l’on remise au grenier.
« Le blé est ensuite porté au moulin. Là on le broie entre deux meules de pierre, et il se réduit en farine eten son. Celle-là sert à faire du pain, des gâteaux, des pâtisseries, et celui-ci à nourrir les animaux de la ferme.
« Tu vois, mon enfant, combien coûte de travaux et de soins le pain qui nous nourrit, et combien nous avons sujet de bénir le bon Dieu «ui en est le premier auteur, et à qui nous le demandons par ces paroles de notre prière:
« Notre Père, qui êtes aûx Cieux, donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour.»
EXERCICES
1. Qu'est-ce que le labour ?—2, Qu'est-ce que le semis ? —3. Qu'est-ce qu'une herse ?—4. Qui est-ce qui fait gor- Iner les grains ?—5, Comment se nourrit lc blé ?—6. Pourquoi vanne-t-on le grain ?—7. A quoi sert la farine de blé ? 8. À qui devons-nous demander notre Pain quotidien ?
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