LES DÉNICHEURS
Un petit village était entouré de toute une forêt d'arbres fruitiers.
Au printemps, ces arbres se Couvraient de fleurs et exhalaient le parfum ie plus suave. Toutes sortes d'oiseaux, gais, vifs, sémillants, Chantaient et nichaient dans les branches ou dans les huies des enclos.
En automne, les arbres:étaient surchargés de fruits, et l’on récoltait en abondance des pommes, des poires, des prunes, des nèfles, des marrons, ‘des noix...
Mais quelques méchants enfants se mirent à ôter les nids. Les oiseaux en furent effarouchés, et ious abandonnèrent peu à peu ces lieux inhos-
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pitaliers. Bientôt of n’en entendit plus chanter ni dans les vergers ni dans la Campagne ; partout régnait un sileñce mélancolique.
Cependant les chenilles, dont auparavant ils se nourrissaient, se multiplièrent d’une manière prodigieuse ; elles dévorèrent les feuilles; et l'été tait à peine Commentcé, que déjà les arbres étaient dénudés comme en plein hiver: l’on ne récolta que quelques fruits, qui, pour la plupart, étaient déjà piqués des vers.
Telles furent les suites désastreuses de la mauvaise action de ces enfants. ils n'avaient pas réfléchi que la Providence a créé les petits oiseaux non-seu'ement Pour nous réjouir par leur chant et la beauté de leur plumage, mais, plus encore, pour nous aider à détruire les insecies nuisibles et à conserver ainsi nos récoltes.
D'autre part, combien ne furent-ils pas cruels envers le père et la mère des petits oiseaux qu'ils dénichaient ! Leur conduite annonçait un mauvais cœur et donnait lieu de leur appliquer ce proverbe: « L'enfant insensible aux cris de l'oiseau pleurant sa Couvée, en viendra jusqu’à être insensible aux larmes mêmes de sa mère. »
Voici, au sujet de l'utilité des petits oiseaux, une autre histoire fort remarquable :
Le trop fameux Frédéric, roi de Prusse, aimait beaucoup les fruits, et tout particulièrement les cerises. Voyant que les moineaux en prenaient
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sur les arbres de ses jardins, il se ÿit de colère
et ordonna de tuer ces oiseaux et de détruire
“tous leurs nids.
Cet ordre fut exécuté dans toute uné province,
et Frédéric s'attendait à.ce que la prochaine ré.
colte de cerises füt très-abondante ; or il arriva qu'elle fut médiocre.et Presque nulle,
La deuxième année, non-seulement il n'y eut plus de cerises,
d’autres fruits : les chenill rons dévoraient tout.
Le roi comprit enfin que :les déprédations des moineaux ne sont rien auprès des service qu'ils rendent ; il retira l'arrêt qui les condamriait, et voulut qu’on en fit venir des autres provinces.
‘ On vit, dès lors, les chenilles diminuer de nombre de jour en jour, et les arbres fruitiers réprendre leur vivacité et leur fécondité.
Ce fait confirme la vérité de ce proverbe :
«L'oiseau peut vivre sans le me; mais l’homme ne peut vivre sans l’oiseart. »
es, les vers, les puce-