L.— Le cheval est le plus utile des animaux
ILest tout à la fois très-fort et très-docile. Que de services ne rend-il pas à la guerre, à la chasse, et plus encore dans les travaux de l’agricuiture et de l’industrie !
« Ici il transporte son cavalier avec la vitesse | du vent, et en affrontant le feu du canon. et la | mort; là il traîne des pièces d'artillerie et des D caissons. Ailleurs, on l’attelle à des- voitures, à D des camions, à des chariots chargés de poids
énormes. A la Campagne, on s’en sert-pour labou:.
rer, et il le fait très-vite ot trèsbien. Il est pour l’homme un infatigable serviteur, en même temps qu’un compagnon et un ami.
« Ou utilise sa peau pour en faire un excellent cuir; ses os, pour obtenir le noir animal ou noir de fumée ; son crin, pour garnir des matelas, ou pour confectionner des bijoux, des brosses, des chasse-mouches, des balayettes...
« Il est évident qu’il mérite la première place: et je suis sûr, grand-papa, que vous en jugerez ainsi.
G.-P.— Avant de rien conclure, il faut écouter les raisons de tes frères, et d’abord celles d'Emile,
E.— L'âne est, je le sais, déprécié dans l'opinion ; mais cela n'empèche pas que ce ne soit l’un des animaux qui, d’une part, rendent le plus de services à l’homme, et qui, de l'autre, lui coûtent le moins.
« Cet animal est fort et patient. Il porte de lourds fardeaux, et souvent dans les pays de montagnes, dans des chemins étroits, pierreux, escarpés. !l traine des voitures relativement trés-lourdes. S'il ne pêut autant que le cheval,
il est, par contre, bien plus facile à nourrir. On peut lui donner des feuilles, de la paille, du mauvais foin. Il semble rechercher les herbes inutiles, et surtout les chardons.
«Sa chair est bonne à Manger. Sa peau est utilisée pour confectionner des cribles, des peaux
surtor et sa fois le
« Se nutrit tanné.
| ploie soulie confec gnes, | objets.
de ses chauss
« En après !
dustrie
de tambour, du parchemin épais, des fourreaus d'épée...
« Je crois donc, &rand-papa, que tout bien con | sidéré,il peut avoir la première place pour l’uti lité.
Il est pour en même
in excellent mal ou noir matelas, ou brosses, des
G:-P.—Je suis content de t'entendre plaider en faveur d’un animal Contre lequel on est évidem
y ment injuste. Mais écou:ons L'aintenant Alfred A.
1ière place:
en jugerez
aut écouter es d'Emile.
dans l’opi.
ce ne soit lent le plus re, lui coù-
qui est tout à la fois le plus important et le plus pénible.
« Sa chair est l'aliment le plus sain et le plus nutritif; elle fait un bouillon excellent. Sa
peau
porte de D tannée devient un Cuir très-solide, que l’on em:- S pays de Æ ploie de préférence Pour faire des semelles de , pierreux, Æ souliers de travail. On utilise ses cornes pour lativement À confectionner des manches de Couteaux, des pei le cheval, Æ gnes, des tabatières et une Multitude d’autres urrir. On Æ objets. On extrait de ses pieds et de la moëlle paille, du À de ses os une huile très-bropre à conserver les les herbes À chaussures.
« En résumé, il ne vit que pour l’homme, et à peau est D après sa mort il lui sert tellement, que l'in des peaux Æ dustrie en utilise jusqu’aux derniers restes,
« Aussi, grand-papa, je re puis comprendre qu'on lui conteste le premier rang,
G.-P.— Je vous ai écouté avec plaisir, mes bons amis, et j’hésite à prononcer entre vous. En certaines contrées montagneuses, c’est l’âne qui rend le plus de services, en d’autres c’est le bœuf, en d’autres c’est le cheval; de même que dans le nord de la Russie, c’est le renne ; et dans les déserts de l'Asie et de l'Afrique, le‘chameau et le drc.nadaire.
« Vous pouvez gerder chacun votre opinion.
Toutefois, à cause de l'excellence de ia viande dé bœuf, j'incline pour mettre cet animal avant les deux autres.»