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LA LOUTRE

La loutre occupe peut-être le premier rang Parmi les animaux à fourrure du Canada. C’est un animal essentiellement aquatique et très-bon nageur, Sa tête est plate et large, et son museau terminé par un mufle, dans lequel sont percées les narines ; son cou se confond avec la tête, tant il est gros ; son corps, assez allongé, est souterta par des jambes très-courtes et des pieds palmés ou à membranes comme ceux du canard. La loutre est d’un brur noirâtre en dessus et d’un gris blarchâtre en dessous, tirant sur le jaune sous la gorge; sa fourrure est assez belle, sur. tout quand les grands poils en sont arrachés ; elle se vend assez cher aux chapeliers, qui en font des toques, des casquettes, etc.

On range la loutre parmi les animaux carnassiers ; elle est cependant plus avide de poisson que de toute autre nourriture, et, de ce côté, elle se trouve préparée en quelque sorte par la nature à. la chasse qu’elle doit exercer; Car, Sans être amphibie, elle peut rester très-longtemps entre deux eaux, et, sans venir respirer, elle remonte ou descend les rivivres à des distances considérables. Qui verrait sa figure ignoble et ses mouvements difficiles, et entendrait son cri monotone et sans aucune expression, se persuaderait aisément qu’elle doit être rangée parmi

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les animaux les plus stupides ; elle cst cependant industrieuse, et montre des talents qui méritent de fixer l'attention. Comme le Castor, elle se construit une demeure, et, avec de petits morceaux de bois liés au moyen d'herbes et de terre, elle élève à quelque distance du sol un plancher qui la préserve de l'humidité : c’est dans ce magasin qu’elle entasse des poissons dont on re. trouve la tête et les principales arêtes, qu’elle ne rejette jamais au dehors.

Comme on ne rencontre point la loutre dans la mer, il arrive parfois que, la glace venant semparer des eaux douces, elle est privée de poisson ; alors elle vit d'herbes qu'elle va cher cher sous la neige.

On raconte de la loutre un trait de sensualité qui prouve son instinct, mais qui tendrait à nous la faire considérer .Comme servant de type à la mollesse. Plusieurs naturalistes prétendent qu'elle commence toujours par remonter les ri. vières, afin de n'avoir plus qu’à s'abandonner au : fl de l’eau lorsqu'elle est rassasiée de sa proie ; el quelques-uns ont avancé qu'elle semblait éprouver, dans cette promenade de digestion, Une sorte de jouissance.

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