LE VIN
Le petit Paul demandait un jour à son père:
« Avec quoi fait-on le vin ?
— Avec du raisin, répondit celui-ci.
— Papa, ajouta l'enfant, je voudrais bien voir comment on s’y prend.
— Sois bien sage, lui dit le père, et je t'emmè. nerai avec moi aux prochaines vendanges, »
Paul s'étant très-bien comporté à la maison et
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en classe, son père tint la ‘promesse qu'il lui avait faite.
Arrivés dans la vigne, ils virent une vingtaine de vendangeurs ParCourant chacun deux rangées de ceps; ils se mélèrent avec eux, et les aidèrent à cueillir le raisin.
Paul observa ensuite qu'on portait celui-ci dans une grande cuve et qu’on le foulait pour l'écraser.
Trois jours après, il entra, avec son père, dans le cellier ;, Ü entendit un bruit sourd dont il ne pouvait se rendre compte.
Voulant en connaître la cause, il monta sur un tonneau vide d’où il pouvait découvrir l’intérieur de la cuve ; il pencha la tête au-dessus de celle-ci; mais au même instant il sentit une odeur pénétrante et éprouva un certain malaise.
Son père ne ie laissa Ià qu’une demi-minute, et l'ayant fait descendre, il lui donna une explication de ce qui se passait.
« Dès que le raisin est dans la cuve, lui dit-il, il se produit un travail appelé fermentation, qui à pour effet de transformer le jus, de liqueur sucrée en boisson alcoolique ; pendant que ce travail s'opère, il se dégage une sorte d'air appelé
acide carbonique qui, s’élèvant au-dessus du liquide, cause le bouillonn ementque nousentendons. Il n’est Pas, COmine l'air ordinaire, bon à respirer ; iout au Contraire, il peut étouffer et
donner la mort. Aussi ne faut-il pas, comme tu viens de le faire, mettre la tête au-dessus d’une cuve en ébullition. »
Trois jours se passèrent encore, et l’on jugea que la fermentation avait été suffisante. On soutira le vin, dont on remplit des tonneaux: ensuite on retira de la cuve le mare, (a) c’est-àdire, l’ensemble des grappes, des graines et des pepins, et on le porta sous le pressoir pour en extraire le jus qui y était encore contenu.
Paul,observait tout, et il était très-content de voir ainsi par lui-même comment l’homme se procure une si précieuse boisson.