‹ Lectures courantes; quarante leçons de lecture et de conversation suivies dexercices de traductionChapitre 51 sur 96 · Cette tribu porte-t-elle aussi un autre nom · texte numérisé non relu

Cette tribu porte-t-elle aussi un autre nom

Trente-troisième Leçon.

Livingstone.

David Livingstone naquit en Ecosse, le 19 mars 1813. Son père le fit entrer à dix ans dans une filature de coton où il était employé. L'enfant avait un vif désir de s'instruire : il acheta des livres, et commença seul à travailler, consacrant à l'étude tous les loisirs dont il pouvait disposer. A force de persévérance, il apprit ainsi le latin, le grec, la botanique, la géologie. A vingt-sept ans il put même subir avec succès les examens du doctorat en médecine. Le modeste ouvrier était devenu un savant.

Il était jeune encore quand, un jour, étudiant une carte de l'Afrique, il remarqua que le géographe avait laissé en blanc tout l'intérieur de ce vaste continent. A partir de ce moment, il fut possédé du désir d'explorer cette contrée mystérieuse. On savait seulement qu'elle était habitée par des peuplades sauvages, d'une extrême férocité ; que la religion était remplacée chez elles par la superstition la plus grossière ; que le cannibalisme était partout pratiqué. Livingstone était un homme de bien qui compatissait à toutes les misères de ses semblables. Son cœur généreux fut séduit par la pensée d'introduire parmi ces malheureux sauvages les bienfaits de la religion et de la civilisation. Dès lors sa vie eut un but : il se donna la mission de pénétrer à tout prix dans les régions inconnues de l'Afrique centrale et de travailler pour la science en les explorant, pour l'humanité en tâchant de convertir au christianisme les barbares qu'il rencontrerait sur sa route.

Son premier soin fut de gagner par mer la colonie anglaise du cap de Bonne-Espérance, située à l'extrême sud du continent africain. De là il s'avança vers le nord, entra en plein

Trente-troisième Leçon. 161

pays nègre, et s'installa auprès d'un chef puissant afin d'apprendre la langue et les usages de la contrée. Ce chef rendit les plus grands services au docteur Livingstone et conçut bientôt pour lui une si vive affection, qu'il finit par se convertir au christianisme avec quelques-uns de ses sujets.

Après quelques mois de séjour dans cette région, Livingstone s'enfonça plus avant dans la direction du Nord, découvrit un grand lac nommé le lac N garni, puis un fleuve d'une l'argeur énorme, appelé le Zambèze, dont l'embouchure seule était connue des Européens. Enfin il arriva à la ville de Saint-Paul de Loanda, colonie portugaise située sur la côte de l'océan Atlantique. Là, il dut prendre cinq mois de repos pour se remettre des fatigues qui l'avaient accablé pendant un si long voyage, et se guérir d'une fièvre pernicieuse qu'il avait contractée en route.

Quand il fut rétabli, au lieu de revenir au Cap par la voie de mer, il conçut le projet d'exécuter une entreprise que nul voyageur n'avait encore osé tenter. Il se proposa de traverser de l'ouest à l'est toute la largeur du continent africain. Ce prodigieux voyage fut accompli aussi heureusement que le 'premier, grâce à l'indomptable énergie de l'explorateur. ISTi les fièvres mortelles qui sévissent dans ces régions malsaines, ni les redoutables animaux, lions, éléphants, rhinocéros, panthères, serpents venimeux, que recèlent leurs vastes forêts, ni les mauvaises dispositions des peuplades nègres ne purent arrêter Livingstone. Après avoir visité les cataractes gigantesques où le Zambèze large de 1700 mètres s'engouffre dans un crevasse profonde de 138 mètres, l'infatiguable voyageur arriva enfin à Quilimané sur l'océan indien. Il avait donc réussi à traverser de part en part les contrées, inconnues avant lui, qui s'étendent au centre de l'Afrique. Après avoir obtenu cet important résultat et enrichi la science géographique de précieuses indications, Livingstone s'embarqua pour

Page 1