CONSEIL DES AMPHICTTONS. SI
» aucuns fruits ; que leurs femmes , au lieu d'engendrer » des enfants resseniiblants à leurs pères , ne mettent » au monde que des monstres , et que les animaux mê- » mes éprouvent une semblable malédiction. Que ces li hommes sacrilèges perdent tous leurs procès : s'ils ont » la guerre , qu'ils soient vaincus ; que leurs maisons » soient rasées , et qu'eux et leurs enfants soient passés » au fil de l'épée. » Je ne m'étonne pas si, après de si redoutables engagements , la guerre sacrée , entreprise par l'ordre des amphictyons , se poussait avec tant d'accharnement et de fureur. La religion du serment avait une grande force chez les anciens : combien devrait-elle être respectée dans le christianisme , où l'on fait profession de croire que le violement en sera puni par des supplices éternels , et où néanmoins on regarde pour l'ordinaire le serment comme un jeu !
L'autorité des amphictyons avait toujours été d'un grand poids dans la Grèce ; mais elle commença fort à déchoir dès le moment qu'ils eurent eu la condescendance d'admettre Philippe dans leur corps (1), Car ce prince étant par ce moyen entré en jouissance de tous leurs droits et de tous leurs privilèges , sut bientôt se mettre au-dessus des lois, et abusa de son pouvoir jusqu'au point de présider par procureur et à cette illustre assemblée et aux jeux Pythiques, jeux dont les amphictyons étaient les juges-nés et les agonothètes. C'est ce que Démosthène lui reproche dans sa troisième Philippique : » Lorsqu'il ne daigne pas , dit-il , nous honorer de sa a présence, il envoie présider ses esclaves ; » terme odieux mais énergique et qui sent la liberté grecque , par lequel l'orateur athénien désigne le bas et indigne asservissement des plus grands seigneurs de la cour de Philippe. RoLLiN. — Histoire ancienne, 1. 10, ch. 1, art. 2, s. 8»
(1) En 345 av. J.-C, à la suite de la première guerre sacrée.
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