‹ Lectures et exercices cours élémentaireChapitre 24 sur 89 · FIG. 15. — LE ROI FAIT PÉNITENCE DE SES FAUTES · texte numérisé non relu

FIG. 15. — LE ROI FAIT PÉNITENCE DE SES FAUTES

D après les anciens vitraux de la sacristie de T abbaye de St.

Denys — xivc siècle.

^ Lavisse, ' Histoire de France,' t. iii.

SAINT LOUIS (1226-1270) (suite)

Il ne faut pas croire que les pratiques pieuses de saint Louis l'empêchaient de remplir ses devoirs de roi. Il ne dit que la vérité aux nobles qui murmuraient de le voir passer tant de temps aux offices, le jour où il leur répondit : s

' Si j'employais le double de temps à jouer aux dés où à courir par les forêts pour la chasse aux bêtes et aux oiseaux, personne ne s'en plaindrait.'

Louis était à la fois saint et homme d'action. ' Beaucoup s'étonnaient,' dit un contemporain, ' qu'un 10 homme si humble et si paisible, pût exercer ainsi une domination pacifique sur un si grand royaume, sur de si nombreux, de si grands et de si puissants seigneurs.' Voici le mystère expliqué par un autre chroniqueur : ^5

'Tous ses sujets, grands et petits, l'avaient en respect et en crainte, à cause de sa justice et de sa sainteté.'

De quel autre roi peut-on en dire autant ? Louis eut sans doute des défauts. Qui n'en a 20 pas ? Mais on peut bien dire, avec Voltaire, que 'jamais homme n'a poussé plus loin la vertu.'

* La postérité a confirmé le jugement porté par le treizième siècle sur le meilleur des rois de France ; les ennemis les plus implacables du passé ont rendu 25 hommage à cette grande figure dans laquelle se résume tout ce qu'il y eut de pur et d'élevé dans le catholicisme du moyen âge.'^

En effet, tel était le respect qu'inspira la droiture

FIG. l6. — BUSTE DE SAINT LOUIS.

D'après un /'usic en or du .viv<^ siècle, autrefois à la Sainte Cluipelle. Brûlé pendant la Rcz'olution.

LECTURES ET EXERCICES: COURS ELEMENTAIRE ii

de saint Louis, qu'il devint l'arbitre de l'Europe. 3° Il intervint entre Henri III et les barons anglais, entre le pape et l'empereur d'Allemagne. Voilà un meilleur titre de gloire que celui d'être le plus grand conquérant du monde.

Saint Louis fit deux croisades qui n'eurent d'autre 35 effet que de le tenir loin de son royaume, où il aurait mieux fait de rester. La deuxième croisade, celle de Tunis, se termina par sa mort (1270).

1 Instrument de t^agellation. Voir la figure 15. - Martin, ' Histoire de France.'

LES NOBLES ET l'ÉGLISE (I180-I328)

Voici le jugement des meilleurs historiens modernes sur les nobles de la période qui s'étend de l'avènement de Philippe-Auguste (1180) à la mort de Charles IV (1328) :

' Exception faite d'une élite dont nous parlerons s plus loin, les habitudes et les mœurs de la classe noble n'ont pas changé. Presque partout, le châtelain est resté le soudard brutal et pillard que l'on connaît : il fait la guerre, se bat aux tournois, passe le temps de paix à la chasse, se ruine en prodigalités, pressure 10 ses paysans, rançonne ceux du voisin et saccage la terre de l'Eglise.'

' Près de chaque quinzaine on tournoyait de place en place. . . . Tout bon chevalier fréquente les tournois parce qu'ils sont la meilleure école de ^s guerre. . . . Mais le tournoi a une autre utilité. On y va pour gagner de l'argent.' Les chevaux et les armes du vaincu appartiennent au vainqueur. U n

certain Guillaume le Maréchal gagna douze chevaux 20 dans une seule joute.

Laprodigalitc était un signe de noblesse. Les nobles

se firent un point d'honneur de gaspiller leur argent.

Ils en avaient donc toujours besoin. C'est pour

cela qu'ils pressuraient les paysans à qui le ' point

25 d'honneur,' coûtait beaucoup.

A côté de cette masse brutale existait une élite plus cultivée dont on voit le type idéal dans les

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HG. 17. — VEILLE I) ARMES. {D'apris J. Petite, K.A.)

romans d'aventure du roi Arthur et de la Table Ronde. ^ Cette chevalerie courtoise fut formée par

30 l'Eglise. L'entrée dans ses rangs était une cérémonie religieuse, dont l'adoubement^ et la veille d'armes^ étaient les actes les plus importants. Elle eut aussi le mérite de relever la position de la femme, qui dans cette société ' courtoise ' occupe la place d'honneur.

35 Plus tard aux xiv" et xv*" siècles le chevalier courtois

deviendra le chevalier ridicule, dont le type est l'immortel Don Quichotte.

1 Pour comprendre l'esprit de cette chevalerie lisez Tennyson, ■ Idylls of the King. '

- L'action d'armer quelqu'un chevalier en le frappant du plat de l'épée.

•* Nuit passée dans une chapelle par celui qui devait être armé chevalier le jour suivant.

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