‹ Lectures et exercices cours élémentaireChapitre 31 sur 89 · FIG. 20. — LOUIS XI · texte numérisé non relu

FIG. 20. — LOUIS XI

faisait pendre, torturer et mourir les gens sans grands indices ni preuves, et les prisons et autres maisons autour du château étaient pleines de prisonniers, 25 lesquels on entendait bien souvent de jour et de nuit crier pour les tourments qu'on leur faisait, sans compter ceux qui étaient secrètement jetés en la rivière.' Il tenait ses prisonniers les plus illustres, entre

30 autres le comte du Perche, prince du sang (fils du duc d'Alençon), dans des cages de fer de huit pieds carrés, ' avec des fers très pesants et terribles aux jambes, et au bout desquels était un boulet et l'on appelait ces chaînes les fillettes du roi '

35 (Comines).

Louis était, au reste, le premier et non pas le moins malheureux de ses captifs ; car il n'osait guère mettre le pied hors de son triste Plessis. Il en interdisait presque absolument l'entrée aux princes et aux

40 grands : il logeait ses conseillers et ses ministres euxmêmes à Tours, et ne les mandait au Plessis que par nécessité, se contentant habituellement de communiquer avec eux par lettres : il avait relégué sa femme en Dauphiné ; il faisait élever son fils hors de sa vue,

45 au château d'Amboise, et ne recevait que très rarement au Plessis sa fille Anne et son gendre le sire de Beaujeu, qui lui avaient toujours été fidèles et affectionnés.

Il ne s'entourait que d'astrologues, de médecins,

50 et ' de mauvaises gens de petite condition ' comme Olivier le Daim ou Jean Doyat, qui lui devaient tout et que sa mort devait replonger dans le néant, a peine encore se fiait-il à ceux-là, et il changeait continuellement ses valets de chambre, de peur que ses

55 ennemis ne les corrompissent.

Il s'abandonnait à mille fantaisies pour secouer un moment l'ennui qui le rongeait : il faisait acheter des animaux rares dans mainte région lointaine : il mandait de toutes parts des joueurs ' de bas et doux

60 instruments'; il faisait venir des bergers qui jouaient devant lui les airs et dansaient les danses de leur

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pays. Mais rien ne réussissait à le distraire ; l'objet de son caprice, à peine atteint, ne lui causait plus qu'impatience et dégoût.

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