LXVIX.—LA LAINE
Louise était allée à la ferme avec sa mère. C'était au commencement de l'été, et elle vit qu'on tondait les moutons. “ N'est-ce pas, maman, dit-elle, que c’est mal à dépouiller ainsi ces pauvres bêtes ? Elles negont pas auss! belles, et l'hiver prochain elles auront froid.
LA MÈRE.—Tu es dans l'erreur, ma chère enfant. En tondant les moutons en été, on les débarrasse d'un lourd habillement qui les gêne. Ils n'auront pas froid comme tu le penses ; car, d'ici à l'hiver, leur laine aura repoussé comme repoussent les cheveux. Il est vrai que les mr. tons tondus ne sont pas aussi beaux qu'avec leur ame, mais qu'importe ? On les élève pour l'utilité et non pour
l'agrément,
Louise.—Mais que fait-on de la laine ?
M.—On la nettoie avec de l'eau chaude et du savon : puis on la carde, on la peigne avec des brosses de fer pour mettre les brins dans le même sens. On la file au rouet
à : un pes po 27. ee ou à la mécanique, et l'on en tisse des étoftes, dont les principales sont le drap, le mérinos et la flanelle,
On en confectionne aussi des bas, des chaussettes, des tricots ; on en rembourre des matelas et des traversins.
Tu vois, ma chère enfant, que le bon Dieu a pensé à
nous en donnant aux moutons leur laine, qui nous est si utile : et il faut l'en remercier comme de ses autres bienfaits.”
En s'en retournant, Louise vit des flocons de laine sur un buisson. “* Voilà, dit-elle, de la laine qui ne sera point utilisée. Les moutons l'ont laissée aux épines.
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