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LXXXV.—LE LIN

Le LIN est originaire de l'Asie ; la tige, qui n’est guère plus grosse qu'une aiguille à tricoter, peut atteindre trois pieds de hauteur.

Cette plante est garnie de petites feuilles allongées, et porte à son sommet un bouquet de fleurs bleues qui font le

plus bel effet au milieu de la verdure. Sous chaque fleur

se forme une capsule remplie de semences appelées GRAINES DE LIN.

Le lin pousse très vite. On le sème en Mai où J uin, et on le récolte en Septembre ou Octobre. C'est une des

plantes les plus utiles:

c'est même l’une des principales richesses de la Erance du nord, de la Belgique, de la Hollande, de l'Angleterre, de la Russie, de la Silésie.

La graine, réduite en farine, est employée sous forme de cataplasme pour calmer les inflammations.

En la broyant sous la meule, on en extrait une huile siccative, c'est-à-dire séchant très vite, que l’on utilise pour la peinture.

: On soumet les tiges au rouissage, en les plongeant dans l'eau froide 30 à 40 jours, ou dans l’eau chaude 4 à 5 jours.

Quand la filasse est obtenue, on la peigne afin de la débarrasser de l'étoupe, que l'on utilisera pour des toiles

grossières, et on la livre à l'industrie pour être filée À la main où à la mécanique.

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Avec le fil de lin on fabrique des aentelles et diverses sortes de toiles ou de tissus, qui servent à confectioner des chemises, des blouses, des robes, des serviettes, etc.

Certaines toiles de lin se nomme BATISTES, en souvenir de Baptiste Chambroi, leur inventeur, au x1r° siècle. D'autres sont appelés CRETONNES, du nom de Creton de Lisieux, qui se distingua au xvII* siècle dans ce genre d'industrie.

Avant 1813, on ne travaillait le lin qu'au fuseau et au rouet ; mais à partir de cette époque, grâce aux découvertes de Philippe de Girard, ingénieur français, on put le filer à la mécanique.

L'industrie du lin remonte à la plus haute antiguite ; car il est dit dans le Lévitique que Moïse, par l’ordre de Dieu, revêtit d'une tunique de lin le grand prêtre Aaron.

Un usago qui rend bien précieux les tissus de lin, c'est qu'on en confectionne des objets du culte, et nommément des aubes, des rochets, des nappes d'autel. Quelle belle destinée que de servir aussi directement à glorifier Dieu !

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