CXXVI—LA LUMIERE
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Au premier ‘our du monde, Dieu dit : Que la lumière soit. Et : :-mère fut. El resplendit dès lors par”les movens et :, : établis à. cette fin.
La lumière, comme le calorique, ne nous est connue que par se: propriétés et ses effets : on ignore ce qu’elle est en elle-même.
C'est une substance si déliée qu’elle est insaisissable, si subtile qu'elle peut traverser les corps les vlus durs sans
Pourquoi:
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LA LUMIËÈRI. 239
y laisser de trace, si pure que rien ne peut la souiller, si rapide dans sa propagation qu’elle franchit en 8à 9 minutes la distance du solen, à la terre, parcourant ainsi environ 80 mille lieues par seconde.
Quelle n'est pas son utilité, et par suite quel motif ne nous est-elle point de bénir son Auteur !
C’est la lumière qui embellit l'univers et nous fait jouir des ravissants spectacles qu'il présente. C’est elle qui donne au firmament son azur, aux prairies leur verdure et leur émail, aux fleurs et aux oiseaux leurs belles couleurs. :
Elle nous est une moyen indispensable pour apprécier les formes et les distances, et connaître le monde physique.
Ellle est aussi un élément de vie, surtout pour les plantes, qui, si elles en sont privées, s’étiolent et meurent ; les animaux, l'homme lui-même, languissent, s’affaiblissent et dégénèrent, s'ils ne peuvent, pendant un temps considérable, jouir de ses rayons,
Les sources principales de la lumière sont : 1° le soleil et les étoiles, c'est-à-dire les astres lumineux par euxmêmes ; 2° les feux ardents ou les corps chauffés à une haute température ; 3° l'électricité et spéciaiement les éclairs ; 4° les aurores boréales,
En partant du corps qui la produit ou la fait vibrer, {a lumière va dans toutes les directions et, à moins d'obstacle, se propage en ligne droite.
Si elle rencontre une surtace lisse, un miroir, par exemple, elle est réfléchie, renvoyée à distance ; si elle rencontre de l'eau ou un autre milieu transparent solide, liquide ou gazeux, elle est réfractée, brisée,
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C'est par l’effét de la réfraction qu'un bâton paraît brisé quand il est en partie plongé dans l'eau.
C'est tout à la fois à la réflexion et à la réfraction que nous devons de voir le jour, avant le lever du soleil et après son coucher. Quoique caché à nos yeux, l’astre illumine les hautes régions de l'atmosphère, qui, réfléchissant ou brisant ses rayons, nous les rend sensibles.
Si l'air n'avait pas cette double propriété, le jour apparaitrait ou disparaîtrait subitement, comme la clarté quand on allume ou qu'on éteint une lampe.
Les rayons lumineux, tels qu'ils nous parviennent du soleil, sont composés chacun de sept rayons différents, qui sont précisément les sept couleurs de l’arc-en-ciel : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge.
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CXXVII—CAUSERIE SUR LA LUMIERE
JULES.—Henri, ferme les volets, en sorte que la lumiére ne pénètre plus que par un petit trou... Que remarques-tu ?
H.—Rien, :mon que la chambre est devenue obscure, excepté en face Ce l'endroit d'où jaillit le rayon solaire.
J.—Observe bien ce rayon. Il se dirige en ligne droite: car c'est ainsi que se propage la lumière dans un milieu homogène.
: Le faisceau va néanmoins en s'élargissant, puisque
l'image blanche qu'il dessine sur le mur est plus grande que l'ouverture ‘par où 1l entre et qu’elle représente.
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CAUSERIE SUR LA LUMIÈRE
Que remarques-tu encore dans le rayon lumineux ?
H.—Je vois des particules de poussière, des atomes qui tournoient,.
J.—Tu vois aussi qu'il est plus brillant à l'endroit où ces particules sont les plus nombreuses. Si, par un repos complet, elles se déposaient, la bande de lumière serait moins sensible. Si, au contraire, j'agite l’air et soulève la poussière, le tourbillon devient plus compact, et le rayon reparaît plus brillant.
S'il n y avait point de poussière en suspension, le rayon solaire serait À peine visible, à moins que nous ne nous placions en face. Il serait même, d'où nous sommes, totalement invisible s’il n'y avait rien. Mais il y a l'air, que l'on peut considérer comme une sorte de poussière infiniment ténue, et qui, réfléchissant ia lumière, nous la rend sensible.
H.—Eh bien ! qu'est-ce que cela nous apprend ?
J.—Cela nons apprend que la lumière nous devient sensible en deux cas : 1° lorsqu'elle arrive directement à uos yeux, comme quand nous regardons en face le faisseau lumineux ; 2° lorsqu'elle est réfléchie par un corps qu'elle illumine.
. Or, au delà de l'atmosphère, il n'y a rien qui réfléchisse la lumière; si, par impossible, un homme s'y trouvait, il ae verrait le soleil que comme un disque lumineux sur un fond noir: l'espace lui apparaîtrait plus sombre que la nuit la plus ténébreuse.
H.—Jamais personne ne pourra s'élever jusque-là,
J.—Sans doute, Mais on s'aperçoit déjà de ces phéno-
CAUSERIE SUR LA LUMIÈRE
mènes des hauteurs où l'on peut parvenir. Plus on s'élève en ballon ou en gravissant les hautes montagnes, plus le firmament perd sa couleur azurée et s’assombrit, Il disparait même complètement aux yeux de l’aéronaute dès que l'ascension dépasse 13,000 pieds.
H.—C'est étrange, tout de même. J ‘aurais Cru, au con-
traire, que plus on s'approche de la voûte bleue du firmament, plus on devrait la voir brillante.
J.—Cette voûte n’est qu'un effet de la lumière réfléchie dans l'air par la terre, et qui cesse de se produire dans les régions trop éi:vées,
Faisons encore une expérience sur notre faisceau lumineux. J’y mets en face un prisme de verre, devant lequel je place une feuille de papier. Que remarques-tu ?
H.—Je vois représentées les couleurs de l'arc-en-ciel.
J—Un rayon lumineux, tel qu'il nous parvient, est donc composé d’autres rayons, dont chacun a sa couleur distincte, et dont la réunion produit la couleur blanche.
En terminant cet entretien, je te répéterai une pensée que nous exprimait notre professeur. “ Bénissons, disait-il, Dieu qui, par la lumière du soleil, éclaire nos yeux et nous fait jouir beautés du monde physique. Bénissons-le plus encore du don de la foi, do cette lumière surnaturelle par laquelle il illumine nos âmes et nous fait connaître les réalités du monde de la grâce. Agissons conformément à ce qu'elle nous enseigne, et un jour nous contemplerons au ciel la lumière incréée, dont la vue fait le bonheur
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CXXVIIL—LE GAZ.
MTENRI.—Jules, explique-moi, je te prie, comment on obtient le gaz à brûler.
JULES.—Commençons par en produire, et alors tu comprendras mieux. Voici une vieille pipe, je la remplis de houille; je la ferme hermétiquement au moyen du couvercle et d'un peu de terre glaise.
Mets-la au milieu du feu en laissant le tuyau en dehors. La chaleur du foyer va dilater et faire sortir le gaz reniermé dans la houille... Le voilà qui s'échappe... Mets-y le feu... Tu vois qu'il brûle.
H.—En effet. Alors il n’est pas difficile d'obtenir le gaz.
J.—L'opération est assez simple. ‘On emplit de charbon de gros cylindres en fer, que l’on chauffe dans des fourneaux. Le gaz, dilaté par la chaleur, se dégage, pénètre dans des tuyaux, traverse des bassins d’eau et des caisses de chaux, où il se purifie; il se rend ensuite au gazomètre, immense cloche en tôle, renversée et plongeant dans l'eau, d'où il est distribué, par des tuyaux de conduite, dans les différents appareils d’éelairage.
Le gaz, mêlé à l'air, peut faire explosion; aussi faut-il
éviter d'entrer, avec une bougie allumée, dans un appartement où l'odeur révèle une fuite de gaz.
H.—Y a-t-il longtemps que l'on emploie le gaz d'éclai-
rage ?
RS