AUX PROFESSEURS ET AUX PARENTS
A mesure que les civilisations se polissent par le frottement des peuples, que la vapeur et la rail-way, en rapprochant lés distances, apprennent aux nations à se mieux connaître, à se mieux apprécier, la nécessité de savoir les langues étrangères devient de jour en jour plus impérieuse.
Posséder une langue de plus, c'est avoir dix préjugés de moins. L'Italien qui parle français , ne voit plus en nous une nation légère et corrompue, erreur empruntée à la cour des Médicis ou à celle de Louis XV. Tout Français qui sait l'italien, ne croit plus que la terre des Césars est exclusivement peuplée de charlatans ou de bandits. Aujourd'hui l'on rougit dans le monde anglais de ne pas savoir la langue de Racine et de Rousseau; comme en France les œuvres de Shakspeare et de Milton, de Goethe et de Schiller, de Dante et de Machiavelli, sont les vade-mecum de tout homme constituant la bonne compagnie.
La langue française a eu dès son origine un mou-